
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 19/11/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-850208)
Des femelles gestantes sont opérées sous anesthésie générale pendant trente minutes pour qu’un produit soit injecté dans le cerveau de leurs embryons, à treize jours de gestation. Les souriceaux de zéro à trois jours reçoivent à leur tour une injection intracérébrale sous anesthésie. 450 souris vont être utilisées dans des procédures d’un niveau de souffrance modéré, l’objet déclaré étant de former de nouveaux chercheurs à ces gestes puis à l’imagerie des circuits synaptiques. Le porteur mentionne des douleurs abdominales après l’opération, un risque de fausse couche et des cas où la mère refuse de s’occuper des souriceaux injectés. Tous les animaux sont tués à la fin, leur cerveau prélevé.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le système nerveux central est composé de différents types de neurones dont la morphologie et la physiologie varient considérablement. Cette diversité commence au cours du développement embryonnaire et est déjà observable dans les cellules immatures qui donneront naissance à des neurones. Pour mieux comprendre les mécanismes moléculaires régissant la différenciation et la maturation des cellules à différents stades du développement, nous procéderons au transfert de gènes dans le cerveau embryonnaire ainsi que durant les trois premiers jours de vie. Nous proposons de former de nouveaux chercheurs aux méthodes, qui permettent d’étudier l’expression génétique pendant le développement. Une meilleure maîtrise de ces techniques leur permettra de réduire le nombre d’animaux utilisés lorsqu’ils réaliseront ce type d’expérimentations pour leurs besoins de recherche.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Nous proposons de former de nouveaux chercheurs à ces deux méthodes, qui permettent d’étudier l’expression génétique pendant le développement. Une meilleure maîtrise de ces techniques leur permettra de réduire le nombre d’animaux utilisés lorsqu’ils réaliseront ce type d’expérimentations pour leurs besoins de recherche. Le projet de cette formation est également de présenter des techniques d’imagerie à haute résolution, permettant d’observer et d’étudier la dynamique des circuits synaptiques dans des tranches du cerveau.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les femelles gestantes subiront une intervention chirurgicale sous anesthésie générale, au cours de laquelle une injection sera réalisée chez les embryons (durée approximative : 30 minutes, intervention unique). Les nouveau-nés (âgés de 0 à 3 jours) recevront également une injection sous anesthésie (durée inférieure à 5 minutes, intervention unique).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Nuisances liées aux procédures chirurgicales : douleur abdominale post opératoire, risque mineur d’infection de la cicatrice. Dans de très rares cas, les souris enceintes pourraient avoir des problèmes de mobilité après la chirurgie ou une fausse couche. Nuisances liées aux injections : stress liée à l’anesthésie. Dans de très rares cas, la mère des souriceaux n’accepte pas de s’occuper des nouveau-nés injectés.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
A l’issue de toutes les expériences, les animaux seront euthanasiés et leur cerveau sera prélevé.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Plusieurs phases de ce projet ont été effectuées in vitro sur différentes lignées cellulaires. Actuellement, nous souhaitons étudier le développement embryonnaire de différents types de neurones et leur intégration dans les circuits neuronaux in vivo. Cela nous permettra de mieux comprendre la physiologie des circuits neuronaux du cortex cérébral. L’utilisation d’animaux est donc inévitable. Notre formation repose sur une approche pédagogique de type hands-on training, c’est-à-dire un apprentissage par la pratique. Les compétences techniques et analytiques visées dans cette formation ne peuvent être pleinement acquises qu’à travers une mise en pratique directe. Les étudiants doivent pouvoir effectuer les expériences afin de recueillir des échantillons biologiques viables, nécessaires pour les étapes ultérieures du programme de formation, notamment l’imagerie à haute résolution et les analyses de biologie moléculaire. Ces étapes requièrent des matériaux biologiques d’une qualité et d’une intégrité qui ne peuvent être obtenues à partir de modèles in silico, de cadavres ou de démonstrations filmées.
2. Réduction
Nous faisons un effort particulier pour faire intervenir, lors de ces formations, des spécialistes expérimentés dans les techniques enseignées. Leur haut niveau d’expertise garantit une démonstration précise et efficace, ce qui permet de limiter le nombre d’animaux nécessaires à l’apprentissage. Grâce à la transmission rigoureuse de leur savoir-faire, les étudiants acquièrent rapidement les compétences requises, réduisant ainsi le besoin de répétition inutile des procédures. Nous utilisons le nombre minimal de souris permettant à la fois de démontrer correctement les techniques et d’offrir aux étudiants une opportunité d’entraînement pratique suffisante pour atteindre les objectifs pédagogiques fixés. Cette approche assure un équilibre entre la qualité de la formation et le respect du principe de réduction dans l’utilisation d’animaux vivants.
3. Raffinement
Nos mesures mises en place pour réduire la douleur pendant les procédures expérimentales impliquent une induction et un suivi de l’anesthésie, une mise en place d’analgésie et une installation tout au long des procédures chirurgicales d’un contrôle de la température par tapis chauffant. Les animaux injectés et/ou opérés seront observés quotidiennement par l’expérimentateur pendant la période qui suit le réveil (2h) ainsi que pendant les 4 jours suivants. L’évaluation des points limites se fera selon une grille d’évaluation incluant le poids de l’animal, l’état de la plaie, l’état du pelage, la mobilité de l’animal et les signes de douleur. Selon le score obtenu, les souris pourront recevoir une injection d’un antalgique, et de l’aliment hydraté pourra être ajouté au fond de la cage. Des points limites suffisamment prédictifs et spécifiques au projet seront définis et appliqués.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris a été choisie pour cette formation car elle correspond à l’espèce la plus couramment utilisée dans les laboratoires de recherche en neurosciences, notamment pour les études portant sur le système nerveux central. Les techniques enseignées lors de cette formation sont directement applicables aux modèles murins utilisés dans la grande majorité des projets de recherche académique et préclinique. De plus, la souris présente des avantages pratiques et scientifiques importants : elle est bien caractérisée sur le plan neuroanatomique et génétique, de nombreux outils et lignées transgéniques sont disponibles, et son utilisation est conforme aux standards internationaux en recherche biomédicale. Ainsi, le recours à la souris permet d’assurer la pertinence, la reproductibilité et le transfert direct des compétences acquises par les étudiants vers leurs futures activités professionnelles Nous devons cibler les cellules progénitrices en une période embryonnaire précise, nous utiliserons des gestantes à 13 jours de gestation. Il s’agit d’un stade où les embryons sont facilement accessibles pour l’intervention. L’injection chez les souriceaux permet de moduler l’expression génétique des neurones et des autres types cellulaires dans toutes les régions cérébrales, grâce à une technique simple et rapide.