Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Sectionnées au niveau de la moelle épinière par une chirurgie de trente minutes, 130 souris vont être utilisées dans des procédures classées au niveau de souffrance sévère, toutes tuées à l’issue. Une à quatre semaines plus tard, elles reçoivent une injection de vecteur viral dans les pattes, puis des injections quotidiennes pendant quatre jours et des séances d’enregistrement de l’activité musculaire. Le porteur décrit des troubles urinaires nécessitant une vidange manuelle de la vessie pendant environ trois semaines, une douleur possible, une perte de poids et un risque d’automutilation. L’objectif est de tester une thérapie génique contre la spasticité qui suit ce type de lésion.

NTS-FR-864052v1
Types de recherche
· Recherche fondamentale · Système nerveux ·
Mots-clés
spasticité, EMG, Tests comportementaux, rongeur, AAV
Souris : 130

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

L’objectif principal de cette étude est de trouver un traitement efficace pour réduire la spasticité. La spasticité est un trouble moteur qui survient après lésion de la moelle épinière. La spasticité se manifeste par des muscles rigides et difficiles à étirer, parfois accompagnés de spasmes et d’une réaction exagérée à des sensations normalement anodines (comme un simple toucher). Ce phénomène est dû à un déséquilibre entre les signaux nerveux qui activent ou qui freinent l’activité des cellules nerveuses dans la moelle épinière. Des recherches récentes ont montré qu’un certain type de canaux présents à la surface des neurones moteurs, appelés canaux potassiques KCNQ étaient impliqués dans ce phénomène. Ils sont ainsi à la base d’une thérapie génique qui sera mise en place dans ce projet. Ils feront l’objet d’une étude fonctionnelle et structurelle approfondie dans l’espoir de réduire l’hyperactivité des neurones moteurs et donc la spasticité.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

En utilisant un outil génétique pour agir sur un canal potassique spécifique chez la souris adulte, nous pourrons obtenir des informations solides qui pourraient ensuite être appliquées à la recherche clinique. L’étude permettra d’identifier la dose optimale et le meilleur moment pour administrer le vecteur AAV qui est un virus inactivé servant de véhicule pour transporter vers la cellule nerveuse le matériel génétique nécessaire à la fabrication de canaux potassiques afin de réduire la spasticité et améliorer les mouvements. Actuellement, les traitements disponibles sont limités, peu efficaces et provoquent souvent des effets secondaires. Ce projet pourrait donc offrir de nouvelles solutions thérapeutiques plus ciblées et durables pour les patients souffrant de spasticité. Enfin, les résultats bénéficieront à toute la communauté scientifique travaillant sur ce trouble.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Une lésion de la moelle épinière est réalisée à l’âge adulte (durée de la chirurgie 30 min). Une dose unique de vecteur viral est injectée dans les 2 pattes postérieures de l’animal à 1 ou 4 semaines après la chirurgie. 2 prélèvements sanguins sont effectués, le premier sur animal vigile après la chirurgie en début de procédure , l’autre en phase terminale sous anesthésie. Les animaux reçoivent dans l’abdomen, une injection par jour pendant 4 jours consécutifs d’un agent activateur des canaux potassiques (3 doses différentes et 1 dose de solution saline comme contrôle) par session expérimentale. Les animaux effectuent 2 à 4 séries de 4 sessions d’enregistrements électromyographiques (EMG) qui permettent l’examen de l’activité électrique des muscles et des nerfs d’une durée de 2×20 min, ou ont deux séries de 4 sessions d’enregistrements de l’activité locomotrice dans une enceinte d’une durée de 10 min, plus un enregistrement vidéo de 2 min en vue latérale pour une analyse du mouvement de la cheville. l’étude se déroule sur 8 à18 semaines maximum.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Afin d’induire une hyperexcitabilité spinale et des symptômes de spasticité, nous procédons à une transection complète de la moelle épinière chez les souris. Ces symptômes apparaissent après plusieurs semaines. Les souris montrent des troubles de la vessie persistants, nécessitant une vidange manuelle jusqu’à la restauration complète de la fonction urinaire (généralement trois semaines après la lésion). Une autre conséquence de la chirurgie peut être l’émergence de la douleur. Suite à l’intervention, une perte de poids (10 à 15%) peut être observée. Des risques d’infections urinaires sont à prévoir ainsi qu’un risque de mutilation. L’isolement des animaux opérés qui est nécessaire le temps de la cicatrisation du site d’incision, peut induire du stress. Les manipulations et les changements de lieux, des animaux pour les enregistrements électromyographiques et vidéos peuvent également engendrer du stress. Les injections répétées dans l’abdomen peuvent induire localement une irritation cutanée.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Tous les animaux de la procédure seront utilisés pour prélèvement tissulaire.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Les données préliminaires de ce projet ont été obtenues précédemment à partir de tests sur des lignées cellulaires et d’une étude ultérieure dans laquelle le choix de la construction du vecteur viral a été validé , ce qui a conduit à proposer ce projet avec un nombre restreint d’animaux. Néanmoins, l’expérimentation sur l’animal lésé demeure essentielle, en effet, le modèle de spasticité chez le rongeur possède les principales caractéristiques de la spasticité chez l’homme. Comme la compréhension de ces mécanismes ne peut être obtenue par une exploration fonctionnelle directe chez l’humain, le modèle rongeur, reste pour le moment, indispensable.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le projet prévoit un maximum de 130 animaux. Tous les animaux serviront également pour les analyses histologiques. Les effectifs sont calculés au strict nécessaire en tenant compte des contraintes expérimentales. Les données seront analysées avec des méthodes statistiques adaptées aux mesures répétées.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les animaux reçoivent un traitement antidouleur pendant au moins 24 heures après la chirurgie. Comme la lésion peut entraîner des troubles urinaires temporaires, la vidange de la vessie est faite manuellement deux fois par jour jusqu’à récupération. La température et l’hydratation sont régulièrement vérifiées, et la douleur est évaluée avec une grille spécifique qui prend en compte l’apparence, le poids, le comportement, pour un suivi objectif afin de proposer un traitement antalgique adapté, avec avis favorable du vétérinaire ou du responsable du bien-être animal. Quelques jours après l’intervention, les souris sont logées par deux ou trois, dans des cages enrichies (tunnels, abris, éléments en bois), avec un accès illimité à l’eau et à la nourriture. Elles sont également habituées progressivement aux manipulations liées aux tests.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Le choix du modèle rongeur pour l’étude de la spasticité repose sur une validation scientifique robuste. Il reproduit fidèlement les principales caractéristiques physiopathologiques observées chez l’humain, constituant un outil clé pour l’identification d’un nouvel outil thérapeutique. Comme l’exploration fonctionnelle directe chez l’humain n’est pas possible, une partie des recherches a été réalisée sur des cellules en culture, mais l’expérimentation sur l’animal lésé reste indispensable. Les animaux seront utilisés à l’âge adulte permettant une évaluation de la transposition thérapeutique à des stades matures.