Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

810 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Selon les groupes, elles sont génétiquement modifiées et gavées pour déclencher une maladie rénale, ou opérées sous anesthésie pour obstruer le conduit urinaire d’un rein, puis reçoivent des injections quotidiennes de composés ou de placebo pendant plusieurs mois, avec passages en cage métabolique et prélèvement sanguin rétro-orbital avant la mise à mort. L’étude évalue trois composés censés ralentir la maladie rénale chronique et éviter la greffe. Le porteur affirme que les organoïdes rénaux ne reproduisent pas un rein vascularisé et qu’aucune approche in vitro ne peut se substituer au modèle murin.

NTS-FR-870054v1
Types de recherche
· Recherche appliquée · Troubles urogénitaux ·
Mots-clés
Maladie rénale, Néphronophtise, Obstruction, Thérapie
Souris : 810

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Les maladies rénales chroniques sont des maladies génétiques ou acquises. Le rein va subir de nombreuses modifications qui conduisent au développement de petits kystes, associés à une inflammation du rein aboutissant à sa destruction. A terme, la maladie aboutit à l’insuffisance rénale terminale qui nécessite le recours à la dialyse et la transplantation rénale, deux procédures lourdes et coûteuses. Actuellement, aucun traitement ne permet d’éviter aux patients d’évoluer vers l’insuffisance rénale terminale. L’étude proposée ici a pour objectif de valider l’effet thérapeutique de 3 composés sur le développement de la maladie rénale chronique. Ces composés ont été identifiés et validés dans des cultures de cellules rénales. A cette fin, trois modèles animaux seront utilisés. Le premier utilise des souris génétiquement modifiées qui seront gavées à 1 mois pour induire la maladie humaine puis les souris seront traitées quotidiennement par injection avec les 3 composés et leur placebo jusqu’à 5 mois. Le deuxième modèle utilise d’autres souris génétiquement modifiées pour lesquelles la maladie rénale débute à 5 semaines de vie. Ces animaux seront traités quotidiennement par injection avec les 3 composés à partir de 4 semaines (avant le début de la maladie) et jusqu’à 3 mois. Enfin, le troisième modèle utilise une chirurgie qui permet d’obstruer le flux urinaire d’un des 2 reins. Ce modèle chirurgical développe une maladie rénale 2 semaines après la chirurgie. Les animaux seront traités quotidiennement par injection avec les 3 composés 1 semaine avant la chirurgie et jusqu’à deux semaines après.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

L’ensemble des résultats de ce projet devrait permettre de valider l’efficacité thérapeutique d’un ou plusieurs composés identifiés in vitro permettant ainsi à terme d’éviter la greffe rénale aux patients.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

L’ensemble des animaux seront injectés tous les jours, avec les médicaments ou leur placebo à compter de 1 mois et pour une durée maximale de 4 mois. Les 360 animaux du premier modèle de souris génétiquement modifiées seront soumis à l’âge de 1 mois à un gavage sur 5 jours consécutifs. La durée de l’acte de gavage est d’environ 1 minute. Les 90 animaux du troisième modèle seront soumis à une chirurgie sous anesthésie générale. La durée de la chirurgie est d’environ 5 minutes. Pour les 2 premiers modèles de souris génétiquement modifiées, chaque mois, les urines seront prélevées par massage ventral pour évaluer le défaut de concentration urinaire. Si ce défaut est observé, les animaux seront placés en cage métabolique pendant 48h. Pendant les 48h, les souris ont accès à l’eau et à la nourriture. Enfin, l’ensemble des animaux sera soumis à un prélèvement de sang rétro-orbital sous anesthésie générale le jour de la mise à mort. A la fin du prélèvement, les animaux sont mis à mort.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Chez l’homme l’évolution des maladies rénales chroniques est indolore. A un stade très avancé lorsque la fonction rénale est très altérée (nécessitant le recours à la dialyse ou la transplantation rénale), ces maladies induisent une baisse de l’appétit et une diminution de la masse musculaire. Le protocole établit dans ce projet ne va pas jusqu’à ce stade. Les patients atteints de maladie rénale génétique souffrent de polydipsie (consommation excessive d’eau) et de polyurie (volume d’urine augmenté). Les animaux traités avec le placebo sont donc susceptibles de développer ces symptômes alors que ceux traités avec le(s) médicament(s) devraient s’améliorer. L’administration par gavage comporte un risque de perforation de l’œsophage ainsi qu’un risque d’arrivée de la solution dans les poumons, entrainant des signes de détresse respiratoire. Les injections répétées des médicaments peuvent entraîner une irritation de la zone d’injection. Par ailleurs, la mise en cages métaboliques des animaux pendant 48h peut générer un stress lié à l’isolement. Le modèle chirurgical d’obstruction est « indolore » d’un point de vue rénal puisqu’un seul des 2 reins est obstrué, l’autre rein permettant de maintenir une fonction rénale normale. En revanche, suite à la chirurgie, les animaux peuvent souffrir et la plaie chirurgicale peut présenter des signes d’inflammation ou d’infection.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

L’ensemble des 810 animaux seront mis à mort afin de collecter les organes postmortem pour analyses histologiques et moléculaires.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

La maladie rénale chronique met en jeu des phénomènes complexes faisant intervenir différents types cellulaires (cellules épithéliales, cellules endothéliales, fibroblastes et cellules immunitaires) ainsi que des modifications structurales du tissu rénal. Nous nous intéressons particulièrement à la communication entre les cellules épithéliales rénales, les fibroblastes et les cellules immunitaires. Toutes les expériences préalables à l’élaboration de ce projet ont déjà été réalisées dans des lignées cellulaires de tubules rénaux. Malheureusement, à ce jour, les modèles cellulaires in vitro (y compris les organoides rénaux) ne permettent pas l’étude d’un rein in vitro ayant une vascularisation, un flux urinaire, des fibroblastes et des cellules immunitaires. Compte tenu de l’absence de modèle cellulaire complet, il n’est pas possible du substituer des approches in vitro aux modèles murins impliqués dans ce projet.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre d’animaux utilisé a été établi selon le logiciel InVivoStat pour permettre d’atteindre des résultats statistiquement significatifs. Des souris mâles et femelles seront utilisées et 15 souris par groupe de traitement seront explorées. Pour l’étude statistique, nous utiliserons un test approprié pour comparer les groupes d’animaux deux à deux.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les souris seront surveillées quotidiennement afin de détecter tout signe de douleur ou de maladie. Afin de réduire le traumatisme lié aux gavages et aux injections répétées, des sondes de gavage adaptées à la taille de l’animal et des seringues très fines seront utilisés. Afin de limiter les nuisances liées à la polyurie (volume urinaire élevé), les biberons d’eau et la propreté des cages seront contrôlés régulièrement. Afin de limiter les nuisances induites par la mise en cage métabolique, une période d’adaptation de 24h est réalisée. De plus, la mise en cage métabolique s’effectue dans le calme dans une pièce dédiée afin de diminuer au maximum le stress occasionné. Les souris ont accès à l’eau et à la nourriture. Afin de réduire la douleur associée à la chirurgie, une anesthésie générale est réalisée. Un antalgique et un analgésique seront administrés en pré- et post-opératoire. A l’issue des procédures, les souris seront mises à mort sous anesthésie générale préalable. Des points limites spécifiques à chaque procédure ont été définis. Tout animal en souffrance recevra un antalgique et/ou des compléments alimentaires. Si les points limites établis sont atteints sans possibilité de soulager l’animal, celui-ci sera mis à mort.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

La souris est préférée comme espèce car elle permet l’étude d’animaux génétiquement modifiés particulièrement informatifs pour la compréhension des mécanismes physiopathologiques. De plus, de nombreux outils d’analyses ont été développés et bien caractérisés dans cette espèce animale. Enfin, à la différence des poissons ou des insectes, la souris partage avec l’homme un nombre de néphrons (unités fonctionnelles du rein) fixés après la fin de la néphrogenèse et développe des maladies rénales très semblables à celles observées chez l’homme. Le développement du rein se termine, chez la souris, aux alentours du 14ème jour après la naissance. Les procédures décrites dans ce projet seront réalisées sur des souris âgées d’au moins 4 semaines donc après la fin du développement rénal. Les souris seront mises à mort à l’âge adulte, temps déjà étudié dans d’autres pathologies rénales.