
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 29/06/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-872455)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’objectif principal de ce projet est de développer un modèle d’infection expérimental pour Erysipelothrix rhusiopathiae chez la poule domestique (Procédure 1) et d’utiliser ce modèle pour évaluer l’efficacité d’un vaccin contre cette infection (Procédure 2). La Procédure 1 vise à déterminer la dose optimale qui reproduit fidèlement l’infection naturelle. La Procédure 2 utilisera les paramètres optimisés de la Procédure 1 pour évaluer l’efficacité protectrice d’un vaccin candidat contre Erysipelothrix rhusiopathiae.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les études d’efficacité vaccinale réalisées chez l’espèce cible sont nécessaires au dossier d’AMM des vaccins vétérinaires. Ce projet vise à développer des vaccins chez la poule domestique contre Erysipelothrix rhusiopathiae. L’évaluation de l’efficacité protectrice permet de déterminer les conditions d’utilisation du vaccin (doses, fréquence et protocole vaccinal) afin d’utiliser les vaccins avec un maximum d’efficacité et de sécurité. Par ailleurs, le développement de vaccins efficaces permet de réduire significativement l’utilisation d’antibiotiques dans la filière avicole puisque la prévention vaccinale évite le recours aux traitements préventifs ou curatifs à base d’antibiotiques. Ces vaccins contribueront à améliorer la santé animale, réduire les pertes économiques dues aux infections à Erysipelothrix rhusiopathiae et soutenir une approche préventive durable évitant le développement d’antibiorésistance en élevage avicole. Ces infections sont connues de longue date chez les volailles, et notamment chez les poules pondeuses, mais leur incidence était extrêmement réduite par une conduite d’élevage en cage. L’abandon des cages conventionnelles au profit de systèmes alternatifs (volières, élevages au sol ou plein air), encouragé par les attentes sociétales et les pratiques en faveur du bien-être animal, s’est accompagné d’une recrudescence de l’érysipèle aviaire. Erysipelothrix rhusiopathiae est un microorganisme ubiquitaire, zoonotique et commensal de nombreux animaux et est capable de persister durablement dans les sols et les matières organiques grâce à sa forte résistance environnementale. Les systèmes d’élevage alternatifs augmentent les contacts des animaux avec l’environnement contaminé, favorisant ainsi la circulation de la bactérie. La gestion actuelle de l’infection repose principalement sur les mesures de biosécurité, l’hygiène des bâtiments, la maîtrise des facteurs de stress et les traitements antibiotiques en chimioprophylaxie ou lors d’épisodes cliniques. Cependant, la persistance environnementale de la bactérie et la difficulté d’éradication limitent l’efficacité de ces approches. Dans ce contexte, le développement de stratégies vaccinales adaptées représente un enjeu majeur afin de prévenir les épisodes cliniques, réduire l’usage des antibiotiques et sécuriser durablement les systèmes de production alternatifs.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux seront soumis à des contentions pour : – Pesées: animal placé dans un seau pendant environ 1 minute une fois par semaine. – Prises de sang (au minimum 5 et au maximum 7), préleveur assis avec l’animal sur ses genoux; Durée attendue de la contention: environ 2 minutes. – Administration de l’inoculum (une administration), du vaccin (deux administrations) ou pour euthanasie chimique: animal tenu en contention par un animalier; Durée attendue de la contention: environ 30 secondes
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les injections de l’inoculum et des vaccins peuvent provoquer une douleur transitoire minimale au site d’injection. L’infection expérimentale peut provoquer des signes cliniques incluant léthargie et perte d’appétit, parfois septicémie et arthrites, qui seront surveillés quotidiennement. Les prélèvements sanguins répétés (5 fois pour la Procédure 1, 7 fois pour la Procédure 2) et la contention associée provoquent un stress mineur et transitoire; le volume prélevé ne doit pas avoir de conséquences sur la santé des animaux.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
L’ensemble des animaux utilisés pour ce projet sera euthanasié pour prélèvements tissulaires nécessaire au projet (colonisation tissulaire de la souche bactérienne).
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Il n’existe pas d’alternative validée pour remplacer l’utilisation d’animaux vivants pour ce projet. L’évaluation de l’infection à Erysipelothrix rhusiopathiae et de l’efficacité vaccinale nécessite un modèle animal intégrant les interactions complexes entre l’agent pathogène, le système immunitaire et la physiologie de l’hôte. Les modèles in vitro ou les cultures cellulaires ne permettent pas de reproduire la complexité de la réponse immunitaire systémique, la dissémination de l’agent pathogène dans les organes, et l’évaluation clinique de la protection vaccinale. La poule domestique constitue l’une des espèce cible naturelle pour cette infection et représentent le modèle le plus pertinent et éthiquement justifié. D’autre part, la législation actuelle impose l’utilisation de l’espèce cible pour le développement de vaccins.
2. Réduction
Le nombre d’animaux a été calculé pour assurer la validité statistique tout en minimisant l’utilisation d’animaux. Pour la Procédure 1, 30 animaux (3 groupes de 10) permettront de comparer trois doses de challenge et d’identifier la dose optimale avec une puissance statistique adéquate. Pour la Procédure 2, 30 animaux (2 groupes de 15) doivent fournir une puissance statistique suffisante pour détecter une différence significative d’efficacité vaccinale. Ces effectifs sont basés sur les publications existantes. L’approche séquentielle (Procédure 1 conditionnant la Procédure 2) optimise l’utilisation des animaux en s’appuyant sur les résultats de la première étude. A ce titre, il est possible que le nombre d’animaux nécessaire pour mener à bien la procédure 2 soit modifié, à la hausse comme à la baisse.
3. Raffinement
Plusieurs mesures de raffinement sont mises en œuvre pour minimiser la douleur, la détresse et le stress. Utilisation d’animaux EOPS permettant de réduire les variables confondantes et d’améliorer, voir de standardiser la réponse à l’inoculation et/ou à la vaccination. Période d’acclimatation d’au moins une semaine avant le début des procédures. Surveillance clinique quotidienne avec critères d’arrêt prématuré (points limites) pour prévenir la souffrance excessive. Logement en groupes dans des conditions enrichies respectant les besoins comportementaux et la directive 2010/63/UE pour les surfaces par animal (taille minimale du compartiment, densité, couchage, accès à l’aliment et à l’eau, etc.). Techniques de contention et de prélèvement réalisées par du personnel experimenté pour minimiser le stress. Euthanasie réalisée selon les méthodes recommandées pour assurer une mort rapide et sans douleur. La SBEA pourra être impliquée sur ces points.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Dans le cadre du développement des médicaments vétérinaires (essai réglementaire ou étude pilote), l’étude doit être menée sur l’espèce cible du produit à tester. Dans le cas de ce projet, la poule domestique (Gallus gallus domesticus). Les animaux seront utilisés au stade juvénile/jeune adulte: 6-9 semaines d’âge pour la Procédure 1 (développement du modèle d’infection) et 3 semaines d’âge au début de la Procédure 2 (évaluation vaccinale, avec utilisation jusqu’à 12 semaines d’âge). Ces âges correspondent aux périodes de susceptibilité maximale à l’infection (inoculation) et aux tranches d’âge cibles pour la vaccination en conditions pratiques.