Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Le projet vise à développer et tester une nouvelle approche vaccinale appelée. Cette approche utilise des capsides de bactériophage, de petites “coques” de virus inoffensives qui peuvent présenter des morceaux de virus ou d’autres antigènes à leur surface pour stimuler le système immunitaire. Dans des travaux précédents, l’équipe a montré que ces capsides pouvaient déclencher des réponses immunitaires efficaces lorsqu’elles portaient un antigène modèle, la ovalbumine. L’objectif actuel est d’utiliser cette plateforme pour prévenir les infections par les rotavirus, qui provoquent des gastro-entérites sévères chez les jeunes enfants et causent chaque année plus de 600 000 décès dans le monde. Les vaccins actuels contre les rotavirus sont vivants atténués, ce qui signifie qu’ils contiennent des virus affaiblis. Bien qu’ils réduisent les infections, ils ne protègent pas complètement et peuvent parfois provoquer des effets secondaires. Notre projet cherche donc à tester si les capsides décorées avec des antigènes de rotavirus peuvent : – Stimuler le système immunitaire chez la souris, – Protéger les souris lorsqu’elles sont exposées au rotavirus. En résumé, il s’agit de développer un vaccin plus sûr et efficace, capable de mieux protéger contre les infections à rotavirus.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Ce projet a pour but de mieux comprendre et tester une plateforme vaccinale et de montrer qu’elle peut être efficace pour prévenir les infections par les rotavirus, un problème majeur de santé publique. Sur le plan scientifique, il permettra de savoir comment cette approche stimule le système immunitaire, en particulier les anticorps et les cellules de défense, contre les rotavirus. À la fin du projet (5 ans), nous aurons identifié les protéines fusion les plus efficaces, ce qui pourra aider à développer de futurs vaccins contre ces virus. Plus largement, les résultats pourraient permettre d’utiliser la plateforme testée pour créer des vaccins contre d’autres maladies importantes, chez l’homme ou les animaux.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Des injections de vaccins sous anesthésie locale (n=5, durée 30 secondes) seront faites. Des prélèvements de sang seront réalisés sur les animaux anesthésiés (anesthésie générale) et à différents temps après chaque administration des préparations vaccinales (n=5, durée 5 minutes).

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Des effets indésirables peuvent survenir suite à la vaccination tels que des réactions locales légères (œdèmes) de courte durée. Il est possible que les animaux présentent des douleurs légères et transitoires au point d’injection post-administration. D’après nos travaux antérieurs, il n’est pas attendu d’atteinte systémique.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Les animaux seront euthanasiés pour prélever les organes et tissus afin d’analyser comment leur système immunitaire a réagi au vaccin.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Ce projet a pour objectif de caractériser les réponses immunitaires induites par la plateforme vaccinale testée. Bien qu’il soit possible de réaliser des études in vitro avec des lignées cellulaires, il est impossible à l’heure actuelle de recréer in vitro la complexité des interactions entre les acteurs cellulaires et moléculaires impliqués dans le fonctionnement du système immunitaire d’un mammifère. Le modèle murin (souris) dont la physiologie est proche de l’homme permet d’étudier la cinétique (intensité et durée) des réponses immunitaires induites par la vaccination et de détecter les effets secondaires potentiels à long terme. Ce modèle permet donc de générer des données indispensables avant de pouvoir tester un vaccin sur des sujets humains.

2. Réduction

3R / Réduction :

Dans le cadre de ce projet, nous prévoyons d’utiliser un nombre minimal d’animaux nécessaire pour obtenir des résultats statistiquement significatifs. Sur la base des résultats précédents du laboratoire et de la littérature scientifique existante, nous estimons que 6 souris seront nécessaires par groupe. Ce nombre permettra d’évaluer la significativité des résultats obtenus (comparaison entre plusieurs groupes par une analyse de variance suivie d’un post-hoc test pour comparer entre 2 groupes). Afin de limiter le nombre d’animaux utilisés dans ce projet, les différentes procédures seront mises en œuvre de façon séquentielle. Ainsi la procédure 1 permettra de sélectionner les protéines fusion les plus efficaces avant de les mettre œuvre dans la procédure 2.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les souris seront maintenues à raison de cinq souris par cage et bénéficieront d’un environnement enrichi comprenant des nids, des maisons et des tunnels. Les souris seront déplacées délicatement de leur cage vers l’appareil d’anesthésie en utilisant des tunnels, afin d’éviter de les saisir par la queue. Pour garantir leur confort et minimiser le stress, les injections seront réalisées sous anesthésie locale ou générale en fonction du mode d’administration utilisé. Tous les prélèvements sanguins seront effectués sous anesthésie générale à l’isoflurane. Une surveillance quotidienne sera mise en place pour détecter tout signe de douleur ou d’inconfort, tels que la perte de poids, l’hypothermie, une posture voûtée ou un pelage souillé. Si l’un de ces signes apparaît, des mesures appropriées seront prises pour soulager la souffrance de l’animal. Des points limites précoces ont été définis et seront strictement appliqués.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Le modèle murin (souris), avec son génome similaire au génome humain à 99%, constitue, après les primates non humains, un modèle de référence pour les pathologies humaines. Dans ce projet, nous utiliserons la souche C57BL/6. Cette souche est l’une des souches de souris consanguines les plus couramment utilisées dans la recherche biomédicale. Elle présente une grande stabilité génétique et a été largement étudiée. Il existe donc une abondance de données et de connaissances sur sa physiologie, son immunologie et sa réponse aux vaccins. En particulier, les travaux précédents de l’équipe sur des approches vaccinales ont été réalisés en utilisant la souche utilisée. De plus, l’abondance de données dans la littérature scientifique obtenues en utilisant cette souche facilitera l’interprétation de nos résultats et permettra la comparaison de nos données avec celles obtenues dans d’autres études. Les animaux commandés seront vaccinés à 6-12 semaines (jeunes adultes). L’âge de 6 à 12 semaines pour les souris est un âge standard couramment utilisé dans la recherche sur les vaccins. A ce stade de développement, les souris possèdent un système immunitaire mature ce qui permettra d’évaluer l’immunogénicité des vaccins en nous affranchissant de la variabilité liée à un système immunitaire plus ou moins mature. De plus, l’utilisation des animaux à ce stade de développement permettra de suivre la cinétique des réponses immunitaires à long terme (jusqu’à 6 mois) sans être confronté à la sénescence du système immunitaire.