250 souris infectées par des virus grippaux dans les narines puis tuées, pour tester le rôle de l'immunité innée.

250 animaux (souris) · dont 200 en souffrance sévère · tous tués

Ce document a été rédigé avant l'expérience. Les souffrances qu'il décrit sont prévues et autorisées. Les bénéfices qu'il annonce sont espérés.

Ce projet est soumis à une appréciation rétrospective, obligatoire pour les projets utilisant des primates ou comportant des procédures sévères (code rural et de la pêche maritime, article R214-120). Cette appréciation n'est pas rendue publique en France.

Ce que le laboratoire annonce, résumé par l'OXA

Réparties en 25 lots de 10 pour autant de conditions expérimentales, 250 souris vont être utilisées, 200 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère et 50 dans des procédures légères, toutes tuées puis autopsiées. Les expérimentateurs instillent des virus grippaux dans chaque narine sous anesthésie, la veille ayant déjà donné lieu à une injection dans l’abdomen, avec des traitements qui renforcent ou affaiblissent leurs défenses antivirales. Le projet vise à démontrer expérimentalement une hypothèse déjà suggérée par des travaux antérieurs, l’élimination des variants viraux par l’immunité innée. Le porteur admet que l’infection peut aller jusqu’à la mort de l’animal, et retient comme points d’arrêt une perte de poids supérieure à 25 %, des difficultés respiratoires, la léthargie, la prostration ou la déshydratation.

Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.

Ces résumés sont rédigés par les laboratoires à des fins de communication. Leurs affirmations scientifiques ne sont ni sourcées ni relues par les pairs. Les documents qui décrivent en détail les projets et les établissements, dossiers de demande d'autorisation et rapports d'inspection, s'obtiennent sur demande, et l'administration y occulte des passages, parfois au-delà de ce que les juridictions admettent. → Comment lire un résumé non technique


NTS-FR-893215v1
Types de recherche
· Autre recherche fondamentale · Oncologie · Recherche fondamentale ·
Mots-clés
Grippe, Immunité, Emergence
Souris : 250

Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

Décrire les objectifs du projet.

Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).

Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Lors d’une infection par un virus de la grippe et suite à la réplication dans l’hôte, de très nombreux virus ayant des codages génétiques différents peuvent apparaitre. Ces virus peuvent ainsi acquérir des avantages sélectifs positifs ou négatifs par rapport aux autres. Par exemple, la capacité à se multiplier plus ou moins vite ou à échapper aux anticorps, etc. Ainsi peuvent émerger des virus de plus en plus résistants (qui vont persister) ou au contraire moins résistants (qui vont disparaitre). Des travaux menés sur les virus influenza aviaires et humains ont suggéré que les défenses de l’hôte (sa réponse immunitaire innée) était capable de prévenir l’émergence de variants, d’autant plus s’ils étaient minoritaires. Autrement dit, si un variant apparaît, il peut être éliminé par les défenses immunitaires avant d’avoir eu l’opportunité de se multiplier, même s’il était très avantagé par rapport aux autres virus. Pourtant, ceci n’a jamais été formellement démontré expérimentalement. Grâce à ce projet nous souhaitons donc vérifier cette hypothèse chez la souris. Pour cela, nous allons utiliser un couple de virus : un virus H1N1- muté se multipliant difficilement dans les cellules et un virus H1N1+ normal se répliquant facilement (du fait de son avantage sélectif). En infectant les animaux avec une grande quantité de virus se multipliant difficilement H1N1- et une petite quantité virus pouvant se répliquer facilement H1N1+, nous souhaitons démontrer qu’un virus avec un avantage sélectif va prendre le dessus même s’il est en plus faible quantité sur le virus sans avantage ayant initialement causé l’infection, si les défenses immunitaires sont amoindries. Nous prouverons ainsi que l’apparition de ce nouveau virus H1N1+ (issu de celui initialement ayant causé l’infection H1N1-) n’est possible qu’en cas de système immunitaire défectueux. Pour moduler l’efficacité des défenses immunitaires, nous utiliserons des molécules favorisant l’activité antivirale (interféron alpha) ou au contraire des molécules freinant cette activité (des molécules qui empêchent les interférons naturellement produits par l’hôte d’être efficace). Ces molécules seront donc prises en compte dans notre projet pour décrire l’émergence d’un virus. Au total 25 lots d’animaux (10 souris par lot) participeront à 25 Conditions Expérimentales (CE) différentes. A la fin de chaque condition, les animaux seront euthanasiés et des prélèvements seront effectués afin de prouver les hypothèses avancées.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).

Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Mieux comprendre l’émergence des virus influenza dans les espèces et les modulations favorables ou défavorables par des prétraitements immunitaires (interferon alpha et anticorps aux récepteurs des interferons) permettra à la communauté scientifique d’avancer sur la lutte contre les virus influenza chez l’homme et l’animal. Cette preuve de concept pourra aussi servir de base en recherche vis-à-vis de l’émergence d’autres virus.

Nuisances prévues, selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).

Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Tous les animaux seront traités avec des molécules immunitaires activatrices ou inhibitrices de l’activité antivirale (interferon alpha et anticorps aux récepteurs des interferons) ou avec du sérum physiologique (NaCl 0.9%). Un jour avant l’infection, une injection intrapéritonéale de volume 0.2 mL sera pratiquée avec une aiguille ultra fine (durée 1s) Pour les animaux infectés afin d’éviter toute nuisance ou sensation désagréable pendant l’instillation intranasale une anesthésie sera réalisée avant l’acte. L’instillation du ou des virus sera ensuite effectuée dans chaque narine. 50μL seront déposés sur chaque muqueuse nasale (durée de l’instillation 20s les 2 narines).

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.

Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Les effets indésirables provoqués par les virus influenza injectés dans les souris pouvant aller jusqu’au décès de l’animal, des points cliniques d’arrêt de l’expérience ont été définis afin de limiter leur souffrance et, sont tracés quotidiennement sur des fiches de suivi. Les traitements permettant d’augmenter ou de diminuer les défenses immunitaires n’ont pas d’effet indésirable connu. Ainsi l’animal est sorti du projet – Si une perte de poids est supérieure à 25% par rapport à un poids moyen de référence – S’il a des difficultés respiratoires – Si son comportement est anormal léthargique, prostré ou adopte une position démontrant une souffrance (flanc creusé, couché…) – S’il se déplace difficilement – Est déshydraté – A des troubles neurologiques divers …

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.

Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Pour mieux comprendre l’émergence des virus influenza dans les espèces et les modulations favorables ou défavorables de cette émergence par des prétraitements immunitaires. A la fin de chaque procédure les animaux seront euthanasiés puis autopsiés et les prélèvements nécessaires seront effectués. Ces prélèvements permettront de définir le virus émergent génétiquement, le quantifier, et d’évaluer l’intensité de la réponse immunitaire.

Application de la règle des "3R", selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

1. Remplacement

Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.

Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Il n’existe aucune méthode in vitro et ex vivo permettant d’étudier l’émergence de virus combiné à la complexité de la réponse immunitaire chez l’homme ou l’animal. Il est donc impossible pour notre projet de nous passer du modèle in vivo.

2. Réduction

Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.

Qui est concerné ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Le nombre d’animaux par condition expérimentale (10) et point temps 5 (autopsie des animaux à 48h et 72h post infection) est déterminé de façon à pouvoir évaluer par des tests statistiques les différences entre les groupes d’animaux. Les différences de charges virales et des niveaux de transcrits des gènes de l’hôte seront évaluées par des tests statistiques. Pour comparer des charges virales et les niveaux de transcrits des gènes de l’hôte , des groupes de 5 sont suffisants pour mettre en évidence des différences statistiquement significatives.

3. Raffinement

Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.

La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Afin de réduire la douleur, la souffrance et l’angoisse des animaux et maximiser leur bien-être, les mesures suivantes sont appliquées : Les souris seront hébergées par groupes sociaux harmonieux de 5 (dans des cages pouvant accueillir 6 animaux). Des enrichissements (abris en cellulose, tunnels en plexiglass, cylindres en coton…) sont fournis pour favoriser leur comportement naturel. Les souris sont manipulées et contrôlées deux fois par jour. Cette surveillance permettra d’identifier les animaux en souffrance (le personnel remplit une grille de scoring permettant un suivi du comportement et de l’état physique) et, elle permettra aussi d’effectuer des actions en lien avec les observations (séparation des animaux, atteintes de points limites définis pour éviter toute souffrance animale…). Les gestes techniques sont réalisés sous anesthésie générale (inoculation intranasale pour l’infection et euthanasie) et les souris sont habituées aux gestes par le personnel pour diminuer le stress et toutes appréhension liées aux manipulations.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.

Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Souris C57BL/6 âgées de 4 à 6 semaines : il s’agit de la souche la plus utilisée pour les infections par les virus influenza, c‘est un excellent modèle pour évaluer la réplication et donc l’émergence virale. L’âge est bien adapté car les souris âgées de 4 à 6 semaines ont déjà un système immunitaire fonctionnel. De plus, nombreux réactifs au vu de son utilisation fréquente sont également disponibles pour moduler la réponse immunitaire, ce qui n’est pas le cas des autres modèles animaux. Le modèle rongeur permettra ensuite des extrapolations chez l’homme et d’autres espèces.