
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-07-25 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-924504)
156 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger pour 48 d’entre elles et modéré pour 108. Modèles génétiques de la maladie de Pompe, elles reçoivent six injections sur trois mois, avec un risque de forte réaction allergique dans un à deux cas sur cinq, et sont soumises à des tests neuromusculaires et à un exercice physique imposé quatre jours par semaine, avant d’être tuées pour prélever leurs organes. Le projet cherche à comprendre pourquoi un traitement enzymatique perd en efficacité sur les muscles. Le porteur affirme que l’animal est le seul organisme vivant permettant de tester ensemble le traitement et l’exercice.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La maladie de Pompe est une maladie génétique due à une mauvaise expression d’un gène codant une enzyme, la GAA, qui affecte les cellules du cœur, des muscles des membres et du cerveau. L’apport d’une GAA artificielle permet de rétablir le fonctionnement des cellules cardiaques mais n’a que peu d’effet à long terme sur les muscles des membres des patients. Le but de notre projet est de mieux comprendre pourquoi l’efficacité de ce traitement s’estompe au cours du temps. Avec des compétences complémentaires (médecins neurologues, vétérinaires et biologistes) et des approches variées qui s’intéresseront à l’enzyme, au modèle murin de la maladie comme à la santé des patients, nous proposons de mieux expliquer les mécanismes de la maladie afin d’identifier de nouveaux traitements.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les données obtenues permettront de mieux connaître les mécanismes de résistance au traitement de l’atteinte musculaire chez les patients traités. La mise en place d’une approche multidisciplinaire composée de neurologues, vétérinaires et biologistes produira des informations clés pour comprendre les bases moléculaires et cellulaires qui sont à l’origine de i) l’efficacité thérapeutique variable sur les muscles des patients, ii) le déficit de réparation des muscles affectés par la maladie et iii) le bénéfice de l’exercice physique sur la fonction musculaire. Les résultats scientifiques obtenus seront d’importance pour définir de nouvelles approches thérapeutiques pour la maladie de Pompe, et pourraient être exploités pour la prise en charge d’autres maladies du muscle.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
– 2 injections à faire l’une après l’autre d’abord dans l’abdomen puis dans la veine de la queue tous les 15 jours pendant 3 mois soit 6 injections par animal pour les groupes considérés – des test fonctionnels pour évaluer la fonction neuromusculaire et la force du muscle des souris et un exercice physique d’endurance 4 jours/semaine pendant 3 mois. – 1 prélèvement sanguin à la fin de l’étude sous anesthésie juste avant l’euthanasie.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
L’utilisation de la molécule du traitement pouvant provoquer chez la souris une forte réaction allergique dans 20 à 25% des cas, les injections seront systématiquement précédées de l’injection d’une molécule anti-allergique 15 à 30 min avant l’administration du traitement. Dans les fenêtres d’expérimentation considérées 1 et 4 mois (groupe 1) et 4 et 7 mois (groupe 2), il n’est attendu aucun signe clinique liée à la maladie de Pompe.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Toutes les souris de l’étude seront euthanasiées afin de réaliser des prélèvements d’organes pour analyse post-mortem.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Le remplacement des animaux ne sera pas possible dans cette étude car l’objet est ici précisément de tester l’effet de deux facteurs, le traitement et l’exercice physique – dans le but de déterminer leurs effets sur la maladie. L’animal est le seul organisme vivant le permettant.
2. Réduction
L’évaluation du nombre de souris à inclure dans ce protocole est basée sur l’expérience tirée des précédentes études du laboratoire de caractérisation du modèle murin de la maladie (application notamment de tests fonctionnels en suivi longitudinal) et de thérapie génique au cours desquelles nous avons pu obtenir des résultats cohérents et reproductibles. Par ailleurs, du fait de la mortalité rapportée dans la littérature suite à l’injection intraveineuse de Myozyme® à l’origine d’une forte réaction allergique, tous les animaux soumis au traitement feront l’objet d’une injection préventive d’un anti-histaminique. Sur les recommandations de deux experts de la maladie de Pompe, trois animaux ont été ajoutés pour les groupes 5 et 6 de chacune des 2 cohortes pour anticiper une possible mortalité et conserver des effectifs statistiquement valides.
3. Raffinement
1) de bonnes conditions d’hébergement selon la réglementation en vigueur avec enrichissement du milieu (tunnels en plexiglass, frisottis de papier, hamac, …) 2) un suivi régulier des animaux (observations quotidiennes, pesées régulières, analyse du comportement). L’état général et le poids sont les principaux éléments surveillés chaque jour par le personnel animalier pour estimer une éventuelle gêne ou douleur liées à la procédure. 3) l’instauration de points limites pertinents (cf annexe II) avec mise en place de mesures adaptées (anesthésies, analgésie ou euthanasie si pas d’autre alternative) 4) une réactivité accrue du personnel animalieravec mise en place d’une grille d’évaluation de la douleur dès que nécessaire pour détecter précocement tout point limite et mettre en place les actions adéquates 5) la mise en place de mesures adaptées en fonction des interventions (anesthésie et analgésie si nécessaire)
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le projet s’inscrit dans un contexte de maladie de Pompe (glycogénose de type 2) et la souris modèle de la maladie de fond génétique C57BL/6 x 129/Sv est le modèle murin de la maladie internationalement utilisé. Le projet comportera 2 groupes de souris mâles : 1 groupe de souris âgées d’1 mois et 1 groupe de souris âgées de 4 mois. Les souris seront suivies pendant 3 mois avant d’être euthanasiées (soit à l’âge de 4 mois pour le groupe 1 et à l’âge de 7 mois pour le second groupe). Ce choix a été fait en fonction des précédents résultats du laboratoire qui montrent une altération de la réparation des muscles chez les souris Pompe âgées de 4 mois tandis que les souris Pompe âgées d’un mois conservent leur capacité de réparation musculaire.