Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Les salmonelles ubiquistes sont un grave problème et pour la santé humaine et pour la filière avicole. La salmonellose est une zoonose majeure, en raison surtout de sa fréquence et de sa gravité médicale pour l’Homme. La contamination à différents niveaux de la filière avicole par la bactérie du genre Salmonella est à l’origine de toxiinfections alimentaires chez l’Homme via la consommation d’oeufs, d’ovoproduits ou de la chair. La maladie humaine se contracte par l’ingestion d’oeufs, d’ovoproduits ou de la chair crue contaminés, et constitue la première cause de toxi-infections alimentaires collectives en France. La prophylaxie repose essentiellement sur une hygiène stricte et de bonnes pratiques d’élevage. Mais les salmonelles sont des germes très difficiles à éradiquer du fait de leur ubiquité et de leur grande résistance dans le milieu extérieur, tant aux agents physiques que chimiques. Il est donc important de trouver de nouvelles stratégies pour renforcer la résistance des poules domestiques à l’infection, de diminuer l’excrétion des germes dans le milieu extérieur et le portage asymptomatique. La vaccination des poules pondeuses et des reproducteurs au couvoir avec des vaccins vivants permet une réduction nette du portage et de l’excrétion, mais cette prévention n’est ni suffisante ni durable. L’objectif de ce projet est de tester différents schémas vaccinaux permettant de réduire significativement et durablement le portage et l’excrétion. Sur les 5 années du projet, nous estimons à 2 le nombre d’études de développement de modèle et à 2 le nombre d’essais d’efficacité, ce qui correspond à un nombre maximal de 2400 oiseaux.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Le développement de nouveaux vaccins contre les Salmonelles, et plus particulièrement de vaccins destinés aux lignées reproductrices ou aux poules pondeuses permettrait de réduire la contamination de la filière, et ainsi de limiter les risques de toxi-infection chez l’Homme. Une meilleure maîtrise des Salmonelles en élevage aviaire permettrait d’éviter l’abattage d’animaux ou la destruction des œufs ou des carcasses en cas de contamination avérée. Le but recherché est d’induire une immunité forte chez les animaux vaccinés et de protéger la descendance pendant les premières semaines de vie via les anticorps maternels (anticorps maternelles transmis de la mère à la descendance par le jaune d’oeuf). Les stratégies vaccinales permettent également d’éviter l’utilisation des antibiotiques dans les élevages avicoles. En effet, l’utilisation massive d’antibiotiques jusqu’aux années 2000 a engendré l’apparition de souches multiresistantes très préoccupantes pour la santé humaine.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

L’infection sera induite par administration d’un inoculum contenant une ou plusieurs souches de Salmonelles par la voie décrite dans le protocole. Un seul challenge avec l’inoculum sera effectué par essai. L’inoculation est effectuée sur animaux vigiles et la durée de la contention est d’environ 30 secondes. Dans le cas de l’évaluation de vaccins vétérinaires, ces derniers seront administrés selon les modalités prévues dans le RCP (Résumé des Caractéristiques du Produit) ou demandées par le donneur d’ordre. Une seule administration de vaccin est généralement nécessaire, mais certains protocoles vaccinaux peuvent nécessiter un ou deux rappels. L’administration se fait sur animaux vigiles et la durée de la contention est inférieure à 20 secondes. Au cours du projet, des données seront générées dans le cadre du suivi de l’évolution de la maladie chez les animaux: examens cliniques quotidiens (examen visuel depuis l’exterieur de la case), poids (maximum une fois par semaine; sur animaux vigiles; durée entre 30 et 60 secondes), ingérés alimentaires ou hydriques quotidiens (mesure de la quantité d’aliment/d’eau distribués par case et mesure des refus après 24h). Chez la poule pondeuse, les oeufs seront collectés pour analyses bactériologiques. Des prélèvements de fèces (effectués dans la litière) peuvent également être réalisés pour évaluer l’excrétion de la bactérie dans l’environnement. Un prélèvement sanguin pourra être effectué en fin d’étude dans le cadre du suivi de la bactériémie ou de la réponse humorale après vaccination. L’animal vigile sera tenu en contention pendant environ 1 minute pour effectuer le prélèvement à l’aile. Les animaux seront euthanasiés en fin d’étude afin d’évaluer les lésions des organes, et pour prélèvement d’organes pour identification et numération bactérienne.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Aucun signe clinique ni mortalité ne sont attendus chez les animaux inoculés puisque les animaux sont porteurs sains. Bien que l’infection n’induise pas de signes cliniques ni de mortalité, le niveau de gravité des modèles d’infections par Salmonelle est classé « modéré » à cause du stress induit par les manipulations d’animaux au cours des pesées, de l’administration du produit d’étude, du challenge, des prises de sang et des euthanasies. La seule douleur sera celle liée à l’insertion de l’aiguille lors de la prise de sang ou pour euthanasie (en cas d’euthanasie chimique).

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Les animaux entrant dans ce projet seront euthanasiés en fin de procédure pour scoring des lésions et prélèvements de tissus/organes afin de vérifier la charge bactérienne (portage) et/ou d’effectuer des analyses histopathologiques.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Aucune méthode alternative à l’utilisation d’animaux vivants n’est susceptible de répondre aux objectifs du projet. L’utilisation de modèles in-vitro, ex-vivo ou de simulations informatiques ne permet pas de répondre aux objectifs du projet. En effet, l’efficacité d’un médicament, d’un vaccin ou d’un additif ne peut être évaluée qu’après administration du produit à des animaux infectés par la bactérie afin d’évaluer son efficacité (réduction des signes cliniques, de la mortalité, la réponse immunitaire, le portage et l’excrétion) chez l’espèce cible. Les essais d’efficacité sont obligatoires au dossier de demande d’autorisation de mise sur le marché de médicaments vétérinaires et doivent être réalisées chez l’espèce cible correspondant aux indications thérapeutiques du produit à tester. Il n’y a donc pas d’alternative à l’utilisation d’animaux.

2. Réduction

3R / Réduction :

La réduction du nombre d’animaux implique au préalable une bonne caractérisation du modèle expérimental afin de réaliser ensuite des calculs d’effectifs fiables et d’éviter l’échec d’étude d’efficacité parce que la variabilité n’est pas maîtrisée (modèles pas assez ou trop sévères) ou parce que le nombre d’animaux est insuffisant. Le calcul d’effectif est basé sur le paramètre d’intérêt spécifique au produit dont l’efficacité est évalué et peut se faire sur un score clinique et/ou sur un paramètre zootechnique (poids ou indice de consommation). Selon le paramètre retenu, le calcul d’effectif doit se baser sur le test statistique qui sera conduit. Pour les études de développement de modèles, le nombre d’animaux utilisé sera déterminé de telle sorte que l’expérimentation soit interprétable, en tenant compte de la variabilité biologique individuelle.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les conditions d’hébergement seront adaptées aux besoins physiologiques des animaux et leur permettront d’exprimer le plus possible leur gamme normale de comportements. Pour les volailles, l’hébergement sera en bâtiment fermé sur paille ou sciure au sol ou sur caillebottis en cages. Les cloisons seront grillagées afin de permettre des contacts physiques, olfactifs, visuels et auditifs entre animaux. Les animaux seront systématiquement hébergés en groupe d’au moins 2 individus. La température, l’hygrométrie et la luminosité de la pièce seront adaptés à l’espèce et au stade physiologique. Des enrichissements (perchoirs, ficelles, blocs à piquer, balles, grelots) seront proposés et renouvelés régulièrement. La contention visera à minimiser le stress. Le bien-être des animaux sera évalué par le personnel en charge des animaux au moins une fois par jour.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

La contamination à différents niveaux de la filière avicole par la bactérie du genre Salmonella est à l’origine de toxiinfections alimentaires chez l’Homme via la consommation d’oeufs, d’ovoproduits ou de la chair. Afin de réduire le risque de zoonose, il est important de développer de nouveaux vaccins, médicaments ou additifs vétérinaires chez l’espèce cible. La lignée et le stade de développement des animaux utilisés dépendra de la cible du produit testé. En effet, selon les objectifs de l’étude, des poussins d’un jour, des poulets de chair en croissance, des poules pondeuses ou des reproducteurs pourront être utilisés car ils correspondent aux différentes populations ciblées par les vaccins en développement. La première étude visant à renforcer l’immunité vaccinale de poules reproductrices, l’essai sera conduit sur les animaux adultes (12 semaines au moment de la vaccination).