
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 16/06/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-933141)
314 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, pour étudier le rôle d’une protéine dans une maladie rénale inflammatoire. Une glomérulonéphrite est induite par injection d’un sérum, avec collecte d’urine par pression sur la vessie et prises de sang, une partie des souris étant irradiée pour détruire leur moelle osseuse ou opérée du rein pour y injecter des particules virales. Le porteur décrit une présence de protéines dans les urines et un gonflement du ventre, et fixe une durée limitant l’aggravation de la maladie, avant mise à mort pour analyser les reins. Il affirme que la fonction rénale et la circulation sanguine ne peuvent se reproduire in vitro.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’objectif principal de ce projet est de determiner si notre protéine d’intêret, un inhibiteur d’enzymes vasculaire, joue un rôle dans le développement d’une maladie rénale, la glomérulonéphrite. Notre hypothèse est que cette protéine pourrait être protectrice et limiter l’insuffisance rénale liée à cette maladie. De plus nous voulons déterminer quelles cellules de l’organisme produisant cette protéine sont importantes pour la régulation de la glomérulonéphrite. Nous souhaitons également tester la possibilité de bloquer le développement de la glomérulonéphrite en modulant l’expression de cet inhibiteur.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet permettra de determiner si notre protéine d’interêt, qui bloque l’activité d’enzymes dans les vaisseaux, régule le développement de la glomérulonéphrite et pourrait représenter une nouvelle cible pour les maladies rénales. Les bénéfices attendus du projet sont de mieux comprendre son rôle dans le développement de maladies inflammatoires rénales chez l’homme et son mécanisme d’action, pour pouvoir cibler cette protéine au cours de la maladie afin d’améliorer la santé des patients.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
La glomerulonephrite sera induite par injection intraveineuse d’un serum (2 injections de 1min, 1 par jour pendant 2 jours) sous anesthésie et nous suivrons le développement de la maladie pendant 14 jours. Pour cela, de l’urine, émise spontanément par la souris pendant quelques secondes en pressant la vessie, sera collectée tous les 3 jours et un prélèvement sanguin durant quelques minutes sera effectué après 7 jours. Un groupe de souris sera auparavant exposé à des rayons X afin d’éliminer les cellules de la moelle osseuse qui sont remplacées le lendemain par injection intraveineuse de cellules de la moelle d’autres souris qui n’ont pas notre protéine d’interêt. Un autre groupe de souris sera auparavant injecté soit par voie intraveineuse, soit directement dans le rein par une procédure chirurgicale avec des particules virales qui permettent de modifier la production de notre protéine d’intêret. A la fin des procédures,un prélèvement de sang sera fait après anesthésie et analgésie par voie chirurgicale et les animaux seront euthanasiés.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Le protocole expérimental a un effet modéré sur le bien être de l’animal. La maladie rénale est associée à la présence de protéines dans les urines et à un gonflement du ventre (oedème rénal). La durée du protocole est établie pour éviter un développement trop important de la maladie et donc éviter au maximum la souffrance des animaux. Ils sont cependant anesthésiés plusieurs fois pour réaliser des injections et prélèvements sanguins et certains auront une petite chirurgie qui peut engendrer un inconfort et une douleur modérée.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux sont euthanasiés à la fin de chaque procédure afin de pouvoir analyser les reins.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’étude des cellules, celle de la fonction de l’inibiteur vasculaire étudié et l’étude des fonctions rénales nécessitent la présence des conditions caractéristiques de la circulation sanguine que l’on ne peut retrouver que dans un être vivant. Ces conditions ne peuvent pas être reproduites in vitro.
2. Réduction
Le nombre d’animaux nécessaire à notre étude a été déterminé grace aux données disponibles dans la littérature scientifique. Des tests statistiques pour connaitre le nombre de souris minimum nécessaire ont aussi été réalisés. Nous prévoyons de faire les expérimentations en deux fois sur deux groupes de souris. Si le premier groupe montrait l’absence flagrante d’effet de notre protéine d’interêt ou de l’injection des particules virales, nous ne ferons pas de deuxième groupe.
3. Raffinement
La prise en charge d’une éventuelle douleur s’effectuera par une surveillance quotidienne (visuelle) et un suivi tous les 3 jours avec la mise en place de points limites évalués à l’aide d’une grille de score. Si une douleur est avérée, un analgésique sera donné 2 fois par jour. Si les signes de douleurs persistent, les animaux seront euthanasiés. Les prélèvements sanguins et la chirurigie seront effectuées sous anesthésie et analgésie. Un antibiotique est donné après l’exposition aux rayons X pour éviter toute infection.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris présente un système vasculaire, immunologique et cellulaire très proche de l’Homme, permettant une transition vers la pathologie humaine plus facile. De plus, le modèle de glomerulonephrite est bien établi chez la souris adulte. Les souris de 10-12 semaines sont donc les plus adaptées pour étudier notre protéine d’interêt, avec de surcroit la disponibilité des lignées avec des déficits spécifiques de cette protéine. Les souris ont à ce stade atteint une maturité sexuelle mais restent assez jeunes pour analyser comme il se doit les processus pathologiques qui peuvent être favorisés par l’age.