
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 28/07/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-943511)
Pour tester une protéine issue de fermentation destinée à remplacer une partie de la farine de poisson dans l’alimentation d’élevage, 180 truites arc-en-ciel sont nourries pendant 77 jours, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Elles sont sorties de l’eau neuf fois en trois mois pour être pesées, et subissent deux collectes d’excréments obtenues par pression de l’abdomen, qui enflamment l’anus, ainsi qu’un prélèvement de sang. Un jeûne de 36 heures précède leur mise en bassin, et toutes sont tuées à la fin pour des prélèvements de tissus. Le bénéfice mis en avant tient à la durabilité de l’aquaculture et à une moindre dépendance à la farine de poisson et au soja, l’objet immédiat restant la validation d’un ingrédient pour la filière des aliments d’élevage.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Ce projet vise à évaluer une nouvelle source de protéines issue de la fermentation pour l’alimentation des poissons d’élevage. L’objectif est de vérifier si cette source peut remplacer partiellement les protéines classiques, comme la farine de poisson qui provient de captures sauvages, tout en maintenant de bonnes performances de croissance et la santé des animaux. L’étude permettra également d’examiner ses effets sur la digestion, le fonctionnement de l’intestin et l’équilibre du microbiote, afin de mieux comprendre son impact global sur l’organisme. À terme, ce projet a pour objectif de contribuer au développement d’aliments plus durables, en identifiant des solutions alternatives permettant de réduire la dépendance aux ressources marines et végétales tout en garantissant l’efficacité et la sécurité des régimes alimentaires en aquaculture.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet vise à évaluer une nouvelle source de protéines issue de levures pour l’alimentation des poissons d’élevage. Les résultats attendus permettront de vérifier que cette solution maintien de bonnes performances de croissance et un bon état de santé des animaux. L’identification d’une telle source protéique pourrait réduire l’utilisation de farine de poisson et limiter le recours au soja, contribuant ainsi à rendre l’aquaculture plus durable et moins dépendante de ressources limitées. Sur le plan environnemental, ces ingrédients issus de biotechnologies pourraient diminuer l’impact de la production aquacole, notamment en réduisant la pression sur les ressources marines et les rejets dans l’environnement. Plus largement, ce projet participe au développement de solutions nutritionnelles innovantes pour répondre à la demande croissante en protéines animales tout en améliorant la durabilité des systèmes de production.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux seront soumis à la procédure pour une durée de 77 jours. Les animaux seront sortis hors de l’eau [[pour leur pesée ]] 9 fois en trois mois ; moins de 30 secondes. La collecte des excretas réalisée par pression délicate de l’abdomen, (3 passages, moins de 10 secondes) à raison de deux collectes par animal au cours de l’étude avec 1 semaine de récupération entre les deux collectes. Cette procédure sera effectuée sous anesthésie afin de limiter le stress et l’inconfort. Douleur transitoire à l’endroit du prélèvement de sang. Une mise à jeun de 36 h, correspondant aux pratiques standards de gestion en aquaculture des salmonidés, est appliquée afin de diminuer le stress métabolique avant la mise en place des animaux.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Stress dû à la capture et à la sortie des bassins pour la pesée et la collecte des excréta. Inflammation de l’anus dû à la compression de l’intestin pour la collecte des excreta. Saignement mineur et douleur transitoire au niveau du site de prélèvement sanguin.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux entrant dans la procédure expérimentale seront mis à mort afin de réaliser des prélèvements de tissus.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Au moment de la réalisation de la procédure expérimentale il n’existe aucun modèle in vitro ou in silico capable de reproduire tous les facteurs cellulaires et acellulaires impliqués dans les processus digestifs, l’absorption intestinale et les interactions avec le microbiote. De ce fait, la procédure est nécessaire et ne peut être remplacée par une autre stratégie qui n’implique pas l’utilisation d’animaux vivants.
2. Réduction
Des calculs statistiques détaillés ont été réalisés afin de déterminer le nombre d’animaux adéquat pour ce projet. Le nombre d’animaux à utiliser permettra d’apporter de bonnes conditions d’élevage en favorisant une hiérarchie sociale essentielle au bien-être des animaux et d’obtenir des données scientifiquement robustes. Des analyses post-mortem seront réalisées sur les tissus de chaque animal afin de générer le maximum d’informations possibles par animal.
3. Raffinement
Les conditions d’hébergement des animaux sont définies de sorte que la densité d’animaux, les paramètres environnementaux (température, luminosité), l’enrichissement des bassins (bâche semi-opaque simulant un refuge, aérateur stimulant les poissons) et la qualité de l’eau offrent un confort maximal aux animaux et restent conforme à la législation en vigueur. Aucun animal ne sera isolé sans contact visuel ou tactile avec ses congénères, afin de minimiser l’anxiété et le stress des animaux. Avant toute manipulation (pesée ou échantillonnage de sang ou de excréta) au cours de cette étude, les truites arc-en-ciel seront anesthésiées. La capture et le stress liés à la sortie des bassins pour la pesée par groupe des animaux et le prélèvement seront réduits par une manipulation délicate des animaux par les applicateurs, un séchage modéré des poissons, le port de gants, l’utilisation de mousse humide pour placer l’animal sur le support de contention et un point de pression sur le site de prélèvement L’inconfort dû à la collecte des excréta est réduit par la mise en place d’une période de récupération d’une semaine entre les deux collectes.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les truites utilisées dans cette étude pèseront environ 90 g au début du nourrissage et atteindront approximativement 346 g à la fin de la période expérimentale. Ces stades correspondent à la phase juvénile tardive / sub-adulte, reconnue comme particulièrement pertinente pour l’étude des réponses physiologiques, immunitaires et digestives chez les salmonidés. En effet, plusieurs travaux scientifiques montrent que cette gamme de poids (environ 50 g à 350 g) correspond à une phase de forte activité métabolique et de développement fonctionnel, notamment au niveau du système immunitaire et du microbiote intestinal. Durant cette période, les poissons présentent une sensibilité accrue aux facteurs nutritionnels, ce qui permet d’évaluer de manière fiable l’influence des matières premières sur l’homéostasie physiologique, la réponse immunitaire et l’équilibre du microbiote Ainsi, la gamme de poids utilisée dans ce protocole se situe dans une fenêtre physiologique optimale pour caractériser les effets d’un nouvel ingrédient sur l’état de santé global et la robustesse des animaux, dans des conditions d’élevage standard.