Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Toutes les souris de ce projet sont immunodéprimées, pour que leur organisme ne rejette pas les cellules de mélanome humain qui leur sont injectées. 144 d’entre elles vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. L’injection se fait dans l’oreille sous anesthésie, puis un groupe reçoit chaque jour une application du composé étudié, également sous anesthésie, et la progression des métastases est suivie par bioluminescence après injection de luciférine, jusqu’à dix minutes d’anesthésie par séance. Un dernier groupe reçoit l’injection sans anesthésie, et toutes sont tuées pour prélever les organes et comparer la position des lysosomes dans les cellules les plus invasives.

NTS-FR-949946v1
Types de recherche
· Cancers · Oncologie · Recherche appliquée · Recherche fondamentale ·
Mots-clés
cancer, invasion, métastase, lysosome
Souris : 144

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

La progression du cancer et la formation de métastases repose sur la capacité des cellules tumorales à envahir de nouveaux tissus. Ceci implique la dégradation de la matrice extracellulaire par l’intermédiaire d’enzymes dont un certain nombre provient d’un compartiment dégradatif, le lysosome. Notre équipe a découvert que les cellules issues des mélanomes les plus agressifs possèdent des lysosomes plus périphériques et fusionnant plus fréquement avec la membrane plasmique. Ceci s’accomagne d’une plus grande dégradation de la matrice et de propriétés invasives plus développées in vitro. Nous souhaitons désormais déterminer si il en est de même in vivo chez la souris. Ce projet vise donc à comparer les capacités d’invasion et de métastases des plusieurs lignées cellulaires humaines qui présentent différentes localisations de leurs lysosomes (naturellement ou contrôlés artificiellement).

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Meilleure compréhension des mécanismes fondamentaux contrôlant la formation des métastases. Amelioration du diagnostique du mélanome et à plus long terme des thérapies visant à limiter la dissemination métastatique.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Un groupe subira une injection de cellules tumorales dans l’oreille (sous anésthésie, dureé 3 minutes), puis une injection de luciférine suivi d’une anésthésie pour permettre l’imagerie par bioluminescence (durée 10 minutes). Un groupe subira une injection de cellules tumorales (sous anésthésie, dureé 3 minutes), puis une injection de luciférine suivi d’une anésthésie pour permettre l’imagerie par bioluminescence (durée 10 minutes). Un groupe subira une injection de cellules tumorales dans l’oreille (sous anésthésie, dureé 3 minutes), puis une application quotidienne de du composé etudié sur l’oreille accompagnée d’une anésthésie (durée 5 minutes). Un groupe subira une injection de cellules tumorales (sans anésthésie; durée 30 secondes).

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les animaux seront soumis à des injections sous-cutanées ou intraveineuse qui peuvent entrainer une légère inflammation au point d’injection. La progression métastatique peut s’accompagner de perte de poids et de difficultés à se déplacer. Les anésthésies répétées peuvent entrainer un stress sur l’animal. L’injection du composé testé doit diminuer la formation de métastases et donc avoir un effet bénéfique sur les animaux.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Mise à mort de l’animal afin de réaliser des prélèvements d’organes pour analyses.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Le modèle animal est essentiel à la finalisation de ce projet, car lui seul reproduit la complexité du microenvironnement que les cellules tumorales doivent envahir pour devenir métastatiques. Notre projet s’est jusqu’ici appuyé sur une combinaison d’approches in vitro en 2D et 3D et d’expériences réalisées chez l’embryon de poisson zèbre de moins de 5 jours post-fécondation, ce qui a grandement contribué à diminuer le nombre de souris prévues.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre d’animaux nécessaire a été déterminé au minimum mais néanmoins suffisamment pour pouvoir réaliser une analyse statistique pertinente. Une étude exhaustive des données récentes de la littérature n’a pas permis d’identifier des travaux réalisant des expériences similaires.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Des points limites ont été établis pour limiter la souffrance animale. En cas de douleur, les symptômes seront traités par analgésie. Les animaux sont anésthésiés avant injections de cellules tumorales ou de luciferin. Les souris seront hébergées en groupe de maximum 5 par cage. Les cages seront enrichies avec des dômes de carton et l’ajout de bâtonnets en ouate. Les animaux seront hébergés au minimum 1 semaines avant le début de l’expérimentation pour permettre leur l’adaptation à l’animalerie. Les animaux étant immunodéprimés, ils sont conservés dans des portoirs ventilés afin d’éviter tout risque d’infection. Ils sont également manipulés sous hotte pour les même raisons. Les animaux sont habitués aux injections avant l’expérience.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

La souris présente l’avantage d’avoir des organes très proches de ceux impliqués dans la pathologie humaine (en particulier la matrice extracellulaire). Au cours des dernières années, nous avons mis au point des outils et protocoles nous permettant de suivre par imagerie non-invasive dans la souris vivante la progression métastatique de carcinome mammaire par bioluminescence et par fluorescence. Nous utiliserons des animaux âgés de 7 à 10 semaines en début de procédure car nous avons mis au point nos protocoles et caractérisés la croissance tumorale et métastatique sur des animaux de cet âge.