
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2022-10-21 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-963335)
248 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Elles reçoivent une identification par poinçon à l’oreille, entre trois et dix prises de sang dans la veine faciale, des instillations nasales et des injections intramusculaires sous anesthésie, pour tester un candidat vaccin nasal contre le SARS-CoV-2. Le porteur décrit des gestes « indolores » et sans effet secondaire noté, avant la mise à mort pour prélever la rate et le poumon. Il affirme qu’il n’existe pas de méthode de substitution restituant « fidèlement » la régulation immunologique visée.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le coronavirus SARS-CoV2 est une menace pour la santé mondiale et la disponibilité d’un vaccin efficace induisant une réponse immunitaire spécifique, forte et durable contre ce pathogène est nécessaire. Un vaccin efficace contre le SARS-CoV2 doit générer et maintenir une réponse à la fois humorale et cellulaire au niveau systémique et sur les surfaces muqueuses, portes d’entrée et site de multiplication initial du virus. Le présent projet repose sur le développement d’un vaccin protéique, associé à un excipient (confidentiel) et administré par voie nasale. Le pouvoir immunogène de ce candidat vaccin a été validé précédemment notamment en termes de réponse humorale. Les études de protection ont confirmé la capacité de notre vaccin à protéger les souris contre une infection avec le SARS-CoV2 (survie, maintien du poids et réduction des signes cliniques).
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le développement de ce vaccin nasal anti-SARS-CoV2, capable d’induire des réponses immunitaires au niveau des compartiments muqueux, constitue une voie de recherche prometteuse en complément des autres approches vaccinales actuelles. Ce vaccin, contrairement aux vaccins actuels, pourrait agir au niveau de la porte d’entrée du virus pour permettre d’enrayer la contamination virale en évitant la propagation de l’infection. Ce projet permet de décortiquer les mécanismes immunologiques impliqués dans la protection contre le SARS-CoV2. Par rapport au schéma vaccinal actuel (par voie intramusculaire), ce projet permet également d’avoir les arguments nécessaires pour justifier l’intérêt d’un rappel nasal notamment avec l’induction de la réponse muqueuse, l’amélioration de la réponse immunitaire systémique ainsi que la durabilité de la réponse immunitaire muqueuse induite.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux vigiles seront soumis à : – Une identification individuelle par poinçon à l’oreille (moins d’une minute / animal). – Entre 3 et 10 prises de sang espacées de 14 jours dans la veine faciale (environ 15 secondes / animal). – Deux instillations nasales espacées de 3 semaines (environ 15 secondes / animal). Les animaux anesthésiés seront soumis à : – Deux injections intramusculaires espacées de 3 semaines (2 minutes / animal).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Notre candidat vaccin nasal a été préalablement administré aux souris et aucun effet secondaire n’a été noté. L’immunisation nasale est un geste indolore réalisé à l’aide d’une micropipette et le stress induit ne dure pas plus que 15 secondes. L’immunisation intramusculaire est réalisée sous anesthésie gazeuse (durée de l’acte 2 minutes). Un effet local transitoire de type inflammation légère au site d’injection peut être observé. Les animaux sont surveillés au réveil et suivis quotidiennement. Le vaccin Pfizer a largement été utilisé chez les souris et aucun effet secondaire n’est documenté. La prise de sang est un acte de classe légère, la douleur est limitée à la piqure d’une aiguille et le stress de l’animal ne dure pas plus de 15 secondes.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux sont mis à mort à la fin de l’étude afin d’étudier la réponse immunitaire induite. La rate et le poumon sont prélevés afin d’analyser respectivement la réponse immunitaire systémique et muqueuse.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Pour ce projet, il n’existe pas de méthode de substitution qui pourrait restituer fidèlement un modèle de régulation immunologique complexe permettant la validation de notre stratégie vaccinale.
2. Réduction
Le nombre d’animaux est calculé au plus juste à l’aide d’outils statistiques (disponibles sur Anastats.fr) garantissant une puissance de test de 80% minimum en s’appuyant sur les données de la littérature et nos données préliminaires.
3. Raffinement
Les souris sont hébergées en accord avec la réglementation française et bénéficient d’un enrichissement social et physique (objets en cellulose pour faire un nid ou à ronger) dans la zone d’hébergement défini par la structure chargée du bien-être animal de l’établissement. Un suivi quotidien de l’état de santé des animaux sera réalisé. Tout type de médication pouvant interférer avec l’étude de la réponse immunitaire est proscrit.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris, très proche de l’espèce humaine sur le plan immunologique, est le modèle idéal pour l’étude de la réponse immunitaire. Les outils immunologiques permettant d’étudier cette dernière sont disponibles. Le modèle BALB/c, utilisé dans des expériences précédentes, a permis de confirmer l’immunogénicité de notre candidat vaccin notamment en termes de réponse humorale neutralisante. Cependant, ce modèle reste limité pour l’étude de la réponse cellulaire mémoire. Le modèle C57BL/6 est le plus adapté pour répondre à l’ensemble des problématiques de ce projet mais dans un premier temps, il est nécessaire de confirmer l’immunogénicité de notre vaccin dans ce modèle en comparaison avec le modèle BALB/c. Adulte. Il n’y a pas la nécessité d’utiliser des animaux plus jeunes ou gestants.