Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
NTS-FR-970147v1
Souris : 1760
Rats : 4400
Cochons d'Inde : 360

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

La douleur inflammatoire chronique est un problème majeur de santé publique, affectant des millions de patients dans le monde. Elle est fréquemment associée à des pathologies telles que, par exemple, l’arthrite rhumatoïde. Ces douleurs, souvent résistantes aux traitements actuels, impactent considérablement la qualité de vie des patients et représentent une charge importante pour les systèmes de santé. Face à cette problématique, le développement de nouveaux traitements plus efficaces et mieux tolérés est une priorité en recherche biomédicale. Cependant, pour garantir leur pertinence clinique et leur sécurité, il est essentiel de passer par des étapes précliniques rigoureuses utilisant des modèles animaux validés. L’objectif principal de ce projet est d’étudier l’efficacité et la sécurité de nouveaux traitements destinés à soulager la douleur inflammatoire en utilisant des modèles précliniques chez le rat, la souris et le cobaye.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Ce projet s’inclut dans le processus de développement de nouveaux traitements contre les douleurs inflammatoires. Le développement de nouveaux traitements pourrait offrir des solutions plus efficaces et mieux tolérées pour les patients souffrant de douleurs inflammatoires chroniques, une condition souvent résistante aux thérapies actuelles. Une meilleure gestion des douleurs inflammatoires chroniques pourrait réduire la dépendance aux traitements opioïdes, diminuer les effets secondaires associés et améliorer la qualité de vie des patients, tout en réduisant les coûts pour les systèmes de santé. Les données générées permettront de sélectionner les traitements les plus prometteurs pour des études cliniques ultérieures, en s’assurant de leur efficacité et de leur sécurité dans des modèles précliniques pertinents.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Une phase d’administration (durée de l’ordre de la minute) sera réalisée (1 fois sur un traitement aigu, en général max 10 sur un chronique). En cas de nécessité d’implanter un cathéter, la chirurgie dure environ 30 à 60 minutes. L’induction de l’inflammation sera réalisée par administration d’un réactif (environ 1 minute, sous contention ou sous anesthésie) ou par une phase de chirurgie (de l’ordre de 30 à 45 minutes, sous anesthésie). Le comportement général des animaux sera évalué (observation avec ou sans manipulation, de l’ordre de 5 à 15 minutes) et des tests comportementaux (réaction à des stimuli tactiles ou thermiques, de l’ordre de quelques secondes à 5 minutes). Chaque test sera, en général, limité à 1 à 15 occurrences max (si le modèle est conservé plusieurs semaines). Le comportement général des animaux sera évalué (observation avec ou sans manipulation, de l’ordre de quelques minutes) et des tests comportementaux (réaction à des stimuli tactiles ou thermiques, de l’ordre de quelques secondes à 5 minutes). Des prélèvements sanguins (en général 2 au total sur l’étude, et maximum 10) pourront être réalisés (durée de l’ordre de la minute, sous anesthésie légère ou non).

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les animaux dans ce projet (à l’exception des animaux témoins, sans induction de pathologie) vont développer une douleur de type inflammatoire, qui peut se manifester par une hypersensibilité à la douleur ou une douleur spontanée, sur plusieurs jours à plusieurs mois en fonction du modèle. Les manipulations réalisées au cours des procédures peuvent entraîner un stress le temps de l’administration de réactif, de substance, ou lors du test (e.g. stimulation tactile au niveau d’une patte) ou du prélèvement sanguin, notamment du fait de la contention. Malgré les soins péri-opératoires (incluant un analgésique), il est possible que la chirurgie (le cas échéant) entraîne une douleur post-opératoire au site concerné. Les tests comportementaux basés sur la stimulation tactile ou thermique d’une zone potentiellement douloureuse peuvent entraîner une douleur aigue au moment du test (la stimulation est arrêtée dès la réaction de retrait de l’animal).

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Les animaux sont euthanasiés à la fin de l’étude, car ils sont soumis à une douleur inflammatoire se développant sur plusieurs jours et pouvant durer plusieurs mois, ce qui ne permet pas leur maintien en vie dans de bonnes conditions. De plus, dans la très grande majorité des cas, des prélèvements post-mortem seront nécessaires pour compléter les données de l’étude et avoir une vision globale de l’effet des traitements.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Ce modèle ne peut pas être remplacé par des méthodes alternatives car les modèles in vitro, ex vivo ou in silico ne permettent pas de reproduire actuellement les organes complexes et surtout leur interaction au sein du corps entier, ce qui est un point particulièrement important dans ces modèles car le développement des douleurs inflammatoires repose également sur l’interaction entre les aires touchées et le système immunitaire des patients. Ces conditions spécifiques ne peuvent actuellement pas être reproduites in vitro, et l’étude de l’efficacité des traitements analgésiques ou anti-inflammatoires nécessite l’utilisation d’animaux présentant des symptômes de cette nature. Cependant, dans la majorité des cas les traitements médicamenteux étudiés dans le cadre de ce projet ont été sélectionnés au cours d’études in vitro et/ou in silico avant leur évaluation chez l’animal.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre d’animaux utilisés pour chaque test sera optimisé de façon à intégrer dans une même expérience la relation dose/effet ou la comparaison par rapport à une substance de référence. Un effectif acceptable sera défini afin d’obtenir une puissance statistique suffisante pour interpréter les résultats de façon correcte, évitant ainsi une répétition des tests. Aussi, autant que cela sera possible sans affecter le bien-être des animaux, des prélèvements sanguins en cours d’étude seront envisagés, permettant ainsi de collecter des données biochimiques sur la molécule testée sans utiliser un plus grand nombre d’animaux.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Le raffinement des méthodes expérimentales pour réduire au maximum la souffrance animale est mis en oeuvre grâce à l’utilisation de points limites clairement établis, permettant d’euthanasier tout animal présentant des signes de douleur, de souffrance ou d’angoisse dépassant le cadre de l’étude. En cas de doute sur l’état général de l’animal, une évaluation approfondie sera réalisée quotidiennement jusqu’au retour aux paramètres physiologiques normaux (ou attendus) ou jusqu’à atteinte des points limites. Un formulaire interne spécifique à l’espèce sera alors complété. Ce formulaire de suivi des points limites permet de prendre les bonnes décisions en évitant toute souffrance animale. Pendant la phase chirurgicale (le cas échéant), les animaux sont anesthésiés et analgésiés, le programme d’anesthésie et d’analgésie étant défini par un vétérinaire, afin de réduire au maximum toute douleur ou sensation de souffrance. De plus, la phase de chirurgie est raffinée au maximum, par la mise à disposition d’oxygène ou air ambiant à concentration ajustable, de tapis chauffants et/ou de lampes chauffantes et de soins post-opératoires complets.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Les rongeurs sont des modèles largement employés pour étudier une grande variété de douleurs de type inflammatoire, notamment pour du screening de médicaments mais aussi pour des études plus ciblées sur un aspect pathologique précis. Dans le cas des cobayes, il peuvent être privilégiés pour l’étude de traitements contre une ostéoarthrite induite mécaniquement (chirurgicalement) du fait de fortes similitudes histologiques entre ce modèle et ce qui est observé en clinique humaine dans le cas de l’ostéo-arthrite idiopathique primaire. Dans le cadre de ce projet, des souches transgéniques pourront être utilisées notamment si elles présentent des gènes humanisés permettant l’étude de certains candidats médicaments visant spécifiquement certaines voies humaines. Après le sevrage (âge minimum 4 semaines), en général autour de 2-3 mois (jeunes adultes), afin d’étudier les traitements chez des animaux présentant un système immunitaire mature. Potentiellement animaux plus âgés (à partir de 6 mois) car des symptômes spontanés d’ostéo-arthrite peuvent apparaitre à ce stade dans certaines souches.