
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 23/10/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-973598)
35 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, dix d’entre elles opérées sous anesthésie sans réveil. Chaque animal subit une à deux chirurgies cérébrales d’une heure avec injection de virus, pour cartographier les entrées d’une région qui contrôle les neurones dopaminergiques du cerveau. Le porteur reconnaît que la chirurgie peut provoquer une douleur postopératoire et une inflammation locale, et prévoit analgésiques et anti-inflammatoires. Il décrit une recherche fondamentale et affirme qu’un cerveau complet est nécessaire, ce qui exclut selon lui tout modèle in vitro ou in silico.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les neurones dopaminergiques (DA) du cerveau moyen constituent le point de départ du système de récompense du cerveau. Ces neurones ont ainsi des rôles multiples allant de l’évaluation de la valeur motivationnelle d’un stimulus à la locomotion et sont donc impliqués dans des pathologies comme la dépression ou la maladie de Parkinson. Il y une quinzaine d’années une nouvelle structure du cerveau contrôlant les neurones DA du cerveau moyen a été découverte. La caractérisation de cette région a été initialement réalisée chez le rat et la grande majorité des études se sont depuis limitées à cette espèce dans laquelle les modèles génétiquement modifiés sont peu nombreux et les études difficiles à mettre en place. Ceci est dû au fait qu’aucun marqueur de cette région n’avait été identifié chez la souris. Ce n’est plus le cas puisque nous venons d’identifier un marqueur spécifique chez la souris. Cette découverte nous permet donc aujourd’hui d’utiliser des approches virales pour caractériser ce contrôleur des neurones DA chez la souris. Le but de ce projet est donc d’identifier les entrées de cette région chez la souris.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le but premier de cette étude est fondamental. Il est d’identifier les régions qui projettent sur les neurones qui contrôlent les neurones du circuit de récompense du cerveau. Cela permettra, dans un second temps, d’étudier les rôles et fonctions physiopathologiques de ces neurones ainsi que les circuits qui y sont associés.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux pourront subir une ou deux chirurgies de 1h00.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
La chirurgie peLa chirurgie peut induire de la douleur postopératoire et une inflammation locale transitoire au niveau des sutures. Un suivi postopératoire, des analgésiques et des anti-inflammatoires sont prévus pour limiter au maximum ces effets indésirables.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
les animaux seront mis à mort pour prélèvements de tissus.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Au vu de notre thématique d’étude, il nous n’est pas possible de remplacer notre modèle in vivo par un modèle in vitro ou in sillico. En effet, l’analyse des réseaux neuronaux du cerveau nécessite un cerveau complet.
2. Réduction
Les expériences seront réalisées avec la volonté de réduire le nombre d’animaux, mais en obtenant le maximum d’information scientifique par animal. Le type d’analyse de données anatomiques que nous souhaitons réaliser nécessite un nombre limité d’animaux. Aux vues du nombre de co-marquage immunohistochimiques que nous souhaitons effectuer, de notre expertise scientifique et de celle de notre collaborateur sur ce projet nous estimons que 5 à 10 animaux injectés avec succès par les deux virus et 2 animaux pour chaque contrôle (à chaque fois un seul virus) seront suffisants. Nous débuterons par 5 souris doublement injectées plus 4 contrôles (2 par contrôles) et complèterons par d’autres souris uniquement si nécessaire (analyse préalable).
3. Raffinement
Les animaux sont hébergés en cohorte de 2 à 5 individus pour respecter leurs besoins sociaux. Des carrés de coton seront placés dans la cage pour favoriser la nidation, et des barreaux de bois à ronger pour limiter les comportements d’agressivité. Les animaux seront observés tous les jours et leur comportement suivit afin de déceler tout signe de mal-être. Des points limites ont été établis afin de soustraire les animaux à la souffrance. Si de nouvelles approches moins stressantes ou douloureuses pour l’animal venaient à être mises au point après le début de ce projet, elle pourrait être intégrée dans nos procédures.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Nous utiliserons des souris modifiées génétiquement pour cibler spécifiquement les neurones à étudier. Ceci implique l’utilisation de souris spécifique et ne permet pas l’utilisation d’autres espèces. Étant donné que l’étude nécessite des systèmes neurobiologiques totalement matures, des animaux adultes seront utilisés (début des procédures à partir de 8 semaines, poids supérieur à 20g). La limite d’âge supérieur est de 18 mois afin d’éviter les facteurs liés au déclin cognitif des animaux âgés.