
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 08/02/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-876383)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, les déficiences auditives (perte auditive et acouphènes) toucheraient aujourd’hui 15% de la population mondiale. L’impact sociétal est majeur, et peut entraîner chez les malades, isolement social et dépression. Ce projet permet de vérifier l’efficacité de candidats médicaments grâce aux modèles précliniques de perte d’audition et d’acouphènes. Les acouphènes sont des sensations auditives (sifflement, grésillement, bourdonnement) qui ne sont pas causées par un bruit extérieur. Elles apparaissent à la suite de l’exposition à un bruit de forte intensité (ou comme effet secondaire de certains médicaments) et peuvent être permanentes. A ce jour, il n’y a pas de médicament dans le traitement de la perte d’audition. Ceci justifie le besoin important de développer la recherche dans ce domaine. C’est dans ce contexte que s’inscrit notre projet qui consiste à générer chez le rongeur (rat, souris) et le cobaye une perte d’audition et/ou des acouphènes pour vérifier l’efficacité des principes actifs. Les pertes auditives et les acouphènes seront induits chez les animaux via les mêmes mécanismes que ceux retrouvés chez l’homme. Les mécanismes sont les effets secondaires de certains médicaments, les traumatismes sonores (bruit intense pendant une longue durée) et le vieillissement. Nous proposons un panel de modèles afin de tester l’efficacité de nouveaux traitements pour soigner les troubles de l’audition. Les cellules de l’oreille interne permettant de percevoir les sons n’ont pas la capacité de se régénérer et certains phénomènes conduisent à leur destruction ou à d’autres atteintes du système auditif. Les troubles auditifs vont être crées chez l’animal de trois façons différentes : administration de molécules, exposition à un bruit puissant et utilisation de modèles de souris présentant des pertes auditives précoces liées au vieillissement. Sur ces animaux des traitements seront testés pour évaluer les potentiels protecteurs et/ou régénérateurs. En particulier des mesures de l’audition seront réalisées sur des animaux anesthésiés à l’aide de techniques similaires à celles utilisées chez l’Homme. Nous espérons grâce à ce projet permettre la poursuite du développement des traitements ayant démontré une efficacité sur les animaux présentant des troubles auditifs. Toutes les procédures sont réalisées par du personnel formé et compétent et conformément aux recommandations internes.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les bénéfices attendus sont de permettre la poursuite d’un programme de développement pour les candidats médicaments qui auront démontrés une efficacité dans un des modèles précliniques proposé par notre société. Et donc potentiellement des solutions thérapeutiques innovantes et efficace pour les patients souffrant de perte d’audition ou d’acouphènes.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Administration de composés à tester ou de produit de référence : administrations de composés sur animaux vigiles en suivant les bonnes pratiques vétérinaires qui pourront être quotidiennes pendant 90 jours au maximum. Une administration unique par perfusion vigile ou sous anesthésie générale. Jusqu’à 10 administrations de composés par voie transtympanique sous anesthésie générale sur une période de 180 jours maximum. Une chirurgie unique sous anesthésie générale pour l’administration de composé directement dans l’oreille interne. Prélèvements sanguins sur des animaux vigiles ou anesthésiés dans la limite de 7,5% du volume de sang total suivi d’une période de récupération d’une semaine Mesures d’audition : tests d’audition réalisés sous anesthésie générale 3 fois par semaine pendant 180 jours au maximum. Tests comportementaux chez des animaux vigiles pour détecter la présence d’acouphènes 3 fois par semaine pendant 180 jours au maximum.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Dans nos différents modèles les effets indésirables prévus peuvent être : Stress : l‘isolement des animaux en hébergement individuel pour les animaux implantés avec un cathéter vasculaire pour lequel il y aurait un risque d’arrachement par des congénères. Peur/douleur : l’administration de composés par voie systémique suivant les recommandations des bonnes pratiques vétérinaires, l’administration de composé à travers le tympan sous anesthésie générale. Douleurs post-opératoires : pour les techniques d’administrations nécessitant un abord chirurgical qui sont réalisées sous anesthésie avec traitement antalgique pré et post opératoire. Maladie : des pertes d’audition et/ou des acouphènes, une toxicité systémique pour les modèles d’exposition au Cisplatine et aux aminoglycosides.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Pour l’ensemble des procédures les animaux sont euthanasiés en fin de procédure car les tissus et fluides de l’oreille interne sont prélevés afin de réaliser des analyses. Le prélèvement des tissus et fluides de l’oreille interne requiert l’euthanasie des animaux.Les animaux n’ayant pas satisfaits aux critères d’inclusion sont réutilisés dans les études de pharmacocinétique .
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Le recours à l’animal de laboratoire est nécessaire car il n’existe pas de méthodes alternatives validées pour mesurer l’activité auditive et pour développer des modèles pathologiques de trauma acoustique, d’acouphènes et de vieillissement de l’appareil auditif. Les atteintes des cellules ne peuvent pas être étudiées via la culture cellulaire ou les modèles informatiques car nous ne pouvons pas reproduire la complexité des mécanismes conduisant aux troubles de l’audition. Néanmoins nous réalisons une veille bibliographique active afin de suivre les modèles de remplacement qui sont susceptibles d’être développés à l’avenir.
2. Réduction
Le nombre d’animaux nécessaire a été calculé, selon des méthodes de biostatistique, en tenant compte de la variabilité des modèles et des méthodes d’induction des troubles auditifs. Ce nombre d’animaux nous permettra d’avoir des résultats fiables sans utiliser plus d’animaux que nécessaire. La réutilisation d’animaux (pour la formation et le maintien des compétences) s’effectue dans le cadre de nos procédures internes et après approbation par un vétérinaire.
3. Raffinement
Le contenu de ces études intègre les impératifs éthiques tels que les modalités d’administration et de prélèvement, l’hébergement et l’enrichissement du milieu spécifique pour chaque espèce étudiée. Mais aussi la prévention de toute douleur, détresse ou inconfort chez l’animal.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
En amont une évaluation est faite avec chaque client sur le choix des modèles les plus pertinents. Le rat est l’espèce couramment utilisée en expérimentation animale et plus particulièrement dans l’étude des acouphènes. Le cobaye est également utilisé dans le cadre de nos études de perte d’audition liées à un trauma acoustique et pour les études de pharmacocinétique. D’une part, cette espèce permet le prélèvement d’un volume de périlymphe plus important pour analyser le passage des principes actifs dans l’oreille interne. D’autre part, la structure de l’oreille du cobaye permet d’administrer plus facilement les produits localement. La souris est aussi utilisée car elle peut être génétiquement modifiée ou mutante, permettant d’accéder à un vieillissement accéléré associé à une perte d’audition. Les animaux utilisés sont des adultes avec une oreille interne complétement formée et fonctionnelle à l’exception d’une procédure qui implique l’utilisation d’animaux âgés de 4 semaines (modèle de prévention dans lequel l’administration du principe actif doit s’effectuer avant l’apparition des signes de dégénérescence de l’appareil auditif).