
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 12/03/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-491975)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’objectif de ce projet est d’étudier l’intérêt thérapeutique de l’utilisation d’anticorps dirigés contre la protéine SR-B1 (Scavenger receptor class B type 1), pour une meilleure prise en charge des carcinomes hépatocellulaires. Ce cancer est le cancer du foie le plus fréquent car il concerne 90% des cancers hépatiques primitifs. Actuellement, les options de traitement pour le carcinome hépatocellulaire avancé restent insatisfaisantes en raison de taux de réponse limités, soulignant un besoin urgent de développer de nouvelles thérapies. SR-B1 est un récepteur impliqué dans le transport du cholestérol. Son expression est très largement augmentée dans les carcinomes hépatocellulaires, par rapport au tissu sain. De plus, une forte expression de SR-B1 chez les patients est associée à une baisse de la survie à 5 ans, ce qui en fait un candidat intéressant dans la prise en charge des carcinomes hépatocellulaires. Ces données montrent l’intérêt de cibler les cellules cancéreuses avec des anticorps anti-SR-B1 pour développer une nouvelle stratégie thérapeutique pour le traitement des carcinomes hépatocellulaires. L’objectif de ce projet est d’étudier l’efficacité de plusieurs anticorps anti-SR-B1 dans la prise en charge des carcinomes hépatocellulaires. Les résultats de ce projet permettront dans un 1er temps, de caractériser la pharmacocinétique des trois anticorps, et dans un 2ème temps d’évaluer leur effet antitumoral dans un modèle murin de xénogreffe dérivé de lignées cellulaires humaines.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Notre étude permettra le développement clinique d’une nouvelle thérapie et ainsi contribuer à améliorer la prise en charge des patients à l’avenir pour le traitement du carcinome hépatocellulaire, mais également d’autres cancers où la protéine SR-B1 est surexprimée. C’est le cas notamment des cancers du sein ou de la prostate, très largement représentés, et où la surexpression de SR-B1 est aussi associée à un mauvais pronostic vital.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Pour l’étude de pharmacocinétique, les animaux recevront une injection unique d’anticorps sur animaux vigiles. Cette injection est réalisée en moins d’une minute. Les animaux subiront 5 prélèvements de sang en une semaine. Chaque prélèvement est réalisé sur animaux anesthésiés et prend environ une minute à être réalisé. Pour étudier l’effet des anticorps, les animaux seront soumis à une injection unique sous la peau de cellules cancéreuses du foie. Cette injection prend environ une minute à être réalisée sur animaux anesthésiés. Les animaux recevront un traitement par injection d’un anticorps ou véhicule par injection intrapéritonéale. Cette injection est réalisée sur animaux vigiles et prend moins d’une minute à être réalisée. Simultanément à l’injection de l’anticorps, les tumeurs seront mesurées à l’aide d’un pied à coulisse, et cette mesure prend moins d’une minute à être réalisée. Les animaux subiront un prélèvement de sang terminal. Cette procédure est réalisée sur animaux anesthésiés et est réalisée en environ 1 minute.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
La manipulation des animaux entraîne un stress physique modérée de courte durée. La piqure d’aiguille pour l’injection des anticorps en intrapéritonéal entraîne une douleur légère de courte durée. Dans certains cas la croissance de la tumeur peut entrainer l’apparition d’une ulcération cutanée au niveau du site d’implantation des cellules, entraînant une douleur modérée de courte durée.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux de ce projet seront mis à mort afin de collecter les tissus (tumeurs, plasma et foie) qui seront utilisés pour des analyses ultérieures.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Plusieurs stratégies de remplacement ont été mises en place afin de réduire au minimum le recours à l’expérimentation animale. Nous utilisons également en parallèle des modèles in vitro afin de confirmer notre hypothèse avant de passer sur le modèle animal. Néanmoins, dans les essais de pharmacocinétiques pour toutes substances thérapeutiques, les tests sur animaux entiers ne sont pas substituables par des tests simplifiés in vitro. Cela en raison du besoin de mesurer les variations de concentration de la substance thérapeutique dans le plasma d’un organisme ayant des organes et des systèmes pleinement fonctionnels. Également, les modèles cellulaires ne permettent pas de reconstituer l’effet de l’angiogenèse (formation de nouveaux vaisseaux qui peuvent influencer la réponse thérapeutique en entrainant l’activation de certaines voies de signalisation) ou toute la complexité biologique (interaction des éléments du microenvironnement tumoral avec le système biologique de la souris ou modélisation de l’hétérogénéité cellulaire et génétique d’une tumeur) d’un être vivant sur l’efficacité d’un traitement. La validation de ces dernières nécessite le recours à l’expérimentation animale en raison de sa grande complexité. De plus, les modèles cellulaires ne peuvent récapituler que partiellement la pathogenèse complexe du carcinome hépatocellulaire.
2. Réduction
Afin de réduire la quantité de groupes d’étude, nous prévoyons d’adopter une démarche pas-à-pas, pour améliorer au fur et à mesure les conditions d’étude de notre anticorps. Les tailles d’effectifs ont été déterminées à priori grâce à un logiciel dédié afin d’obtenir des résultats statistiquement fiables et robustes. Les données obtenues grâce aux animaux de ce projet seront analysées avec des tests statistiques classiques.
3. Raffinement
Afin de raffiner au mieux notre méthodologie, le protocole expérimental est planifié en amont, l’environnement des animaux est enrichi avec des tubes de coton pour la nidification, des briques de tremble à ronger, et des tunnels kraft pour leur permettre de se cacher. Ils auront accès sans restriction à la nourriture et à l’eau pendant toute la durée de l’expérience. Les animaux seront maintenus en groupe sociaux dans des cages ventilées en zone exempt d’organismes pathogènes spécifiques, ce qui permet que les animaux immunodéprimés ne développent pas d’infection. Les animaux seront manipulés à l’aide de tubes de manipulation afin d’éviter toute préhension stressante par la queue de l’animal. Des points limites précoces ont été établis afin d’interrompre si nécessaire les procédures permettant de soustraire les animaux à toute douleur ou souffrance. Une méthode anesthésique sera appliquée lors des procédures le nécessitant. Les animaux sont observés quotidiennement, et une observation scorée est réalisée 2 fois par semaine. Avant les procédures le nécessitant, au cours de la période d’acclimatations de 14 jours, les souris seront laissées 1 semaine sans manipulation puis habituées à la contention au cours de la 2ème semaine afin de diminuer le stress lié aux injections. Les prélèvements de sang à la queue seront réalisés sous anesthésie afin de minimiser le stress que pourrait induire la contention.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les souris sont de petits mammifères proches de l’homme. Les phénomènes biologiques mis en jeu chez ces 2 espèces sont très comparables lors d’un traitement anti-cancéreux. Ces modèles ont contribué dans le passé à établir le potentiel curatif de combinaisons thérapeutiques actuellement prescrites chez l’homme. Les anticorps que nous nous proposons d’étudier sont spécifiques de la protéine humaine que nous souhaitons cibler, le modèle de xénogreffe dérivé de lignées cellulaires nous permet d’utiliser des lignées cellulaires humaines qui expriment fortement cette protéine. Les animaux seront utilisés à un âge adulte de 8 semaines minimum, afin de mimer la pathologie qui touche principalement les adultes. De plus, il est préférable de greffer les cellules sur des animaux adultes afin que les tumeurs grandissantes entravent le moins possible leur capacité de mouvement.