Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Dans ce projet, nous évaluerons l’impact d’un réchauffement de l’environnement sur la capacité du bar européen à tolérer ou fuir une augmentation de la température de l’eau de son milieu naturel. L’objectif du projet est de déterminer à quelle température il préfère résider ; ainsi qu’à partir de quelle température il fuit, et si ces températures préférées de l’animal sont corrélées aux températures optimales de la centrale énergétique de leur cellule. Le modèle bar est choisi car au stade juvénile, le bar réside dans les estuaires, qui sont extrêmement sujets aux variations thermiques spatiales et temporelles. L’efficacité de la centrale énergétique de la cellule à convertir l’énergie des nutriments en énergie utilisable par les cellules sera aussi mesurée à différentes températures. La corrélation entre la température optimale d’efficacité de la centrale énergétique de la cellule et la température préférée de l’animal sera évaluée. Nous prédisons que la préférence thermique des bars juvéniles s’explique par l’optimum thermique du fonctionnement de leur centrale énergétique cellulaire. Les individus qui passent plus de temps dans une eau relativement chaude ont des centrales énergétiques cellulaires qui ont une efficacité maximale à des températures plus élevées que les individus qui préfèrent les eaux moins chaudes. Les données de ce projet nous fourniront des prédictions quant au comportement et à la physiologie des bars juvéniles dans les nourriceries lors d’évènements de chaleur aigus.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Ce projet permettra d’acquérir des connaissances fondamentales sur le comportement et la physiologie du bar sauvage face aux variations temporelles et spatiales de son environnement thermique. A court terme, ce projet nous permettra de mesurer la préférence thermique du poisson sans le contraindre à rester dans un environnement qu’il aurait naturellement fui. Ce projet permettra de savoir si la température préférée de l’animal est corrélée à la température optimale du fonctionnement des centrales énergétiques cellulaires. Ce projet permettra aussi d’évaluer l’effet du conditionnement thermique (15°C et 20°C) sur la température préférée de l’animal et l’optimum thermique des centrales énergétiques cellulaires. A long terme, la réalisation de ce projet nous aidera à mieux mettre en place la surveillance des poissons in situ dans le but d’évaluer leur utilisation de l’espace en fonction de leur environnement thermique. Des connaissances manquent sur les réponses des poissons face aux vagues de chaud. On ne sait pas où se déplacent les animaux dans la journée, en fonction des changements de température réguliers et extrêmes. L’étude de la préférence thermique des poissons nous aidera à prédire leur déplacement sur la côte. Les données de ce projet nous fourniront aussi des prédictions quant à la mise en place des récepteurs dans les nourriceries de bars afin d’évaluer les déplacements des poissons marqués.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Chaque poisson aura au maximum 5 pêches et transferts sans anesthésie (4 aller-retours du bac d’élevage au dispositif de mesure de la préférence thermique et l’aller pour la mise à mort) de moins de 3 minutes par transfert. Chaque poisson sera isolé pendant 24h avec une variation de température (par rapport à la température de conditionnement : refroidissement de 8°C et réchauffement de 12°C) qu’il pourra fuir pour retourner à une température préférée. Cette étape sera répétée au maximum 2 fois. Une seule pesée sans anesthésie dans une bassine avec de l’eau sera réalisée suite à la mesure de la préférence thermique, avant le retour vers le bac d’origine. Au préalable de la mesure de la préférence thermique, les poissons seront pesés toutes les 6 semaines sous anesthésie, et au minimum 3 semaines avant la mise à mort pour mesurer le fonctionnement des centrales énergétiques. Cette procédure sera répétée au maximum 12 fois.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Pour transférer les poissons de leur bac d’origine aux bacs de test et inversement, chaque poisson sera pêché individuellement sans anesthésiant avec une épuisette pour être déposé dans un seau de transport à couvercle opaque. L’animal sera transporté dans le seau sur une courte durée du bac d’élevage au bassin expérimental (3 min, < 100m). L’animal sera ensuite maintenu individuellement dans le bassin expérimental pendant 24h. Après 12h d’habituation dans le bassin expérimental, la température de l’eau d’une des 2 piscines va être diminuée puis augmentée par tranche de 2h (1h de transition + 1h de pallier). Pour les poissons conditionnés à 15°C, la température sera diminuée à 7°C et 11°C, puis augmentée à 19°C, 23°C et 27°C. Pour les poissons conditionnés à 20°C, la température sera diminuée à 12°C et 16°C, puis augmentée à 24°C, 28°C et 32°C. La nuisance générée est estimée légère pour les températures intermédiaires (

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Les animaux retourneront dans leur bac d’origine pour 7 jours. Puis leur mise à mort sera nécessaire pour prélever les tissus (cœur, foie, cerveau et muscle rouge) pour mesurer les performances mitochondriales.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

A ce jour, seule l’expérimentation animale permet de réaliser une étude qui englobe l’ensemble de l’organisme et ses réponses physiologiques. Cela permet notamment de caractériser le résultat d’interactions complexes entre différents tissus et fonctions cellulaires, offrant ainsi la possibilité d’avoir un suivi complet des réponses des centrales énergétiques cellulaires face à l’environnement de l’animal.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre de poissons a été réduit au minimum et basé sur nos études précédentes qui montrent une relation statistique significative entre les performances animales et le fonctionnement des centrales énergétiques cellulaires à partir de n = 40 par conditions expérimentales.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

– Le transfert de chaque poisson entre les bacs d’origine et le bac de test (< 100 m) se fera dans un seau avec un couvercle opaque afin de limiter l’émersion du poisson et diminuer le stress généré par cette manipulation. - Une fois le poisson déposé dans le dispositif expérimental, il sera surveillé (via une caméra) par un expérimentateur pendant 10 minutes. Si le poisson est toujours extrêmement agité, au bout de 10 min, il retournera à son bac d’origine. - Le poisson s’acclimatera dans le dispositif expérimental pendant 14h (une nuit) sans subir de changement de température. - Lors de la mesure de la préférence thermique, l’animal choisira toujours sa température préférée, sans contrainte. - Il sera transféré du dispositif expérimental à son bac d’origine (et inversement) sans changement de température afin qu’il ne soit exposé à aucun choc thermique. Tout au long du déroulement des expériences, une observation quotidienne de l’état des poissons sera réalisée. Des points limites suffisamment stricts et spécifiques au projet seront appliqués.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Le bar européen est une espèce largement distribuée en Europe et une ressource économique et nutritive pour de nombreux pays. Il est donc important de prédire les réponses du bar face au réchauffement climatique. Juvénile – entre 0 et 1 an, car au stade juvénile, le bar réside dans les estuaires, qui sont extrêmement sujets aux variations thermiques spatiales et temporelles. En novembre 2024, les animaux avaient un poids de 28 g et une longueur totale de leur corps de 13.4 cm.