Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Ce projet a pour objectif l’obtention et le maintien d’une lignée murine dans un fond génétique pur. Cette lignée murine permet de quantifier le processus de mort permettant l’élimination des mitochondries anormales. Les mitochondries sont de petites structures à l’intérieur d’une cellule qui jouent un rôle essentiel dans les processus énergétiques cellulaires. L’obtention et le maintien de cette lignée nécessitent obligatoirement le recours au génotypage (= méthode utilisée pour la caractérisation génétique de modèles murins génétiquement modifiés) et au marquage des souris, permettant ainsi une identification unique de chaque souris en évitant le risque de confusion quant à l’identité et au génotype de l’animal. Il est important d’avoir un élevage adapté et des animaux dont les caractéristiques génétiques sont bien déterminées pour constituer les lots expérimentaux et maintenir une production régulière et adaptée aux besoins expérimentaux. Pour ce faire, il est nécessaire d’identifer les animaux et de les génotyper. Cependant, dans certaines situations, il n’est pas possible de réaliser les actes d’identification et de prélèvement de tissus indispensable au génotypage en un seul geste. Le reccueil de tissus pour le génotypage par des méthodes non invasives à partir de follicules pileux, de fécès ou par un écouvillonnage buccal ne sont pas toujours adaptées aux conditions de diagnostics moléculaires utilisés et sont souvent sources de contaminations affectant les résultats. Cela peut amener à des erreurs qui compromettraient les résultats obtenus et conduiraient à la nécessité de répéter les prélèvements sur les mêmes animaux ou à en utiliser un plus grand nombre, ce qui est en contradiction avec les principes de raffinement et de réduction. L’objectif de ce projet est donc de permettre l’identification et le prélèvement de tissus pour réaliser le génotypage des animaux génétiquement modifiés lorsque celui-ci ne peut pas être couplé à une méthode de marquage.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Ce projet de prélèvement de tissus pour génotypage et identification des animaux à l’aide d’une bague mise à l’oreille (avec un numéro unique permettant d’identifier de manière individuelle tous les animaux) permet une sélection des animaux d’intérêt et permet également d’optimiser la gestion et l’élevage des modèles animaux génétiquement modifiés qui seront utilisés pour les expérimentations. De plus, le génotypage par prélèvement de l’extrêmité de la queue ou de l’oreille permet de minimiser les risques de contamination entre échantillons. Ces prélèvements sont des méthodes de génotypage de gravité légère. Lorsqu’ils sont scientifiquement justifiés, ils représentent le meilleur compromis en accord avec les principes de réduction et de raffinement.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Le prélèvement de l’extrémité de la queue ou de l’oreille (durée 5 secondes) est réalisé sur animal vigile.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Le prélèvement de l’extrêmité de la queue ou de l’oreille entraine une douleur légère de courte durée. Dans de très rares cas, un saignement léger de la plaie peut survenir. La contention de l’animal lors du prélèvement peut engendrer un stress léger. De manière exceptionnelle, une infection au niveau du tissu prélevé peut survenir.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

– Une partie des animaux sera gardée en vie pour être utilisés dans d’autres procédures expérimentales (inclus dans d’autres demandes d’autorisation de projet) – Une partie des animaux sera utilisée pour maintenir la lignée, puis mis à mort.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Ce projet est nécessaire pour la production et la mise à disposition pour des projets scientifiques de modèles génétiquement modifiés. Le remplacement ne se situe donc pas directement à ce niveau mais en amont lors du choix du modèle. Dans nos conditions de production et de maintien de lignées génétiquement modifiées, la biopsie à l’extrêmité de la queue ou de l’oreille pour le génotypage, associée à la pose d’une bague auriculaire pour l’identification, constitue la méthode la plus performante, fiable, unique et durable.

2. Réduction

3R / Réduction :

A ce jour, nous ne disposons pas d’autres moyens aussi efficaces permettant de caractériser et sélectionner les animaux génétiquement modifiés. Les plans d’élevage et de maintien de la lignée murine sont définis en amont dans le but de réduire autant que possible le nombre d’animaux générés et donc d’animaux génotypés.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Le raffinement pour ces techniques est de s’assurer d’avoir un process cadré et éprouvé qui sera appliqué par des techniciens expérimentés pour réduire le stress des animaux, l’intensité et la durée de la douleur induite par la biopsie. Les outils de prélèvements sont soigneusement nettoyés et désinfectés. Les bagues d’identification sont à usage unique et désinfectées. Une fois le prélèvement réalisé, l’animal est remis dans sa cage et observé pour vérifier qu’il se déplace correctement et qu’aucun signe de souffrance ou de détresse n’est visible. Un suivi quotidien post-biopsie sera réalisé. Si une infection survient au niveau de la plaie, une solution antiseptique de type vétédine sera appliquée sur la plaie jusqu’à la guérison.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

La souris est un modèle de choix en raison de similarités génétiques et physiologiques avec l’homme, ce qui permettra, dans la mesure du possible, d’extrapoler les résultats et d’en tirer des conclusions valables pour l’homme. Les prélèvements sont réalisés sur des animaux âgés d’au moins 21 jours.