Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Les pertes économiques dues aux pathogènes en élevage aquacole s’élèvent à plusieurs milliards de dollars chaque année. Parmi les maladies qui impactent l’aquaculture, la vibriose du bar est considéré comme l’une des plus importantes, engendrant des pertes pouvant aller jusqu’à 70% d’un élevage. Actuellement, les moyens de lutte classiquement utilisés sont de 2 types : les antibiotiques, dont l’usage excessif peut amener à l’émergence de bactéries antibiorésistantes, et la vaccination qui vise à stimuler les moyens de défense des poissons mais qui n’existe pas actuellement pour certaines pathologies comme la vibriose. C’est dans ce contexte que 6 partenaires industriels et institutionnels se sont regroupés autour d’un appel à projet national visant à promouvoir les activités aquacoles durables. L’objectif étant d’avoir une approche multi-échelle de la lutte contre la vibriose en aquaculture, de l’anticipation des épisodes de vibriose à la maîtrise de la persistance et de la virulence. Notre établissement se focalisera sur la compréhension des paramètres induisant des épisodes de vibriose, notamment les conditions environnementales et zootechniques. A ce jour, nous savons que le développement de la vibriose est influencé par la température de l’eau ainsi que par la gestion des élevages (densité, stress) mais les conditions précises de son déclenchement ne sont pas clairement identifiées. Mais avant de pouvoir étudier l’influence de ces paramètres sur cette zoonose, il est nécessaire de mettre au point un mode d’infection contrôlé et réaliste vis-à-vis des conditions naturelles d’infection. C’est pourquoi l’objectif de cette demande d’autorisation est de mettre au point une méthode d’infection par balnéation du bar commun à la vibriose qui permettra dans le futur d’étudier l’influence de paramètres environnementaux et zootechniques, ainsi que certains vaccins, en restant proche du mode d’infection ‘naturel’ de cette bactérie.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Cette étude permettra à cours terme de travailler sur les moyens de traitements de cette pathologie chez le bar (ex : vaccin) et d’étudier l’influence de différents paramètres environnementaux ou zootechnique sur son apparition.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les juvéniles de bars seront soumis à une infection de vibriose par balnéation (478 individus concernés) dont la durée sera comprise entre 24 et 42h. Chaque poisson sera pêché à l’épuisette 2 fois, quelques secondes. La première fois servira au transfert d’un aquarium vers le bac de balnéation, et la seconde servira au transfert du bac de balnéation vers l’aquarium. Suite à cela, les poissons seront maintenus et observés pendant 2 semaines.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Un stress léger de moins d’une minute pourra survenir lors de la pêche des individus au sein de leurs aquariums pour leur transfert dans le bac de 2 litres. De surcroit, un stress léger de 24 ou 42 heures, en fonction des lots, pourra intervenir lors des infections par bain lié à la concentration des poissons dans un bac d’un volume inférieur à celui des aquariums. De plus, au cours des 2 semaines suivants cette infection, les bars pourront être soumis à des effets indésirables d’intensité sévère tels que l’apparition de signes cliniques (nage anormale, isolement, couleur anormale, manque de réactivité, absence d’alimentation) ou une mortalité de certains poissons.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Tous les animaux seront mis à mort à la fin de la procédure pour la réalisation de prélévements de rate, branchies et intestin.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Il n’existe pas, à notre connaissance, d’expérimentations déjà décrites dont le but est d’identifier les conditions environnementales et zootechniques « optimales » dans lesquelles la vibriose se développe en élevage de bar commun. Pour ce type d’approche, il n’existe pas aujourd’hui de méthodes alternatives à l’expérimentation animale.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre de 838 individus a été réduit à son maximum tout en permettant, pour chaque modalité testée, d’étudier les bars dans des conditions de maintenance optimales. En effet, le bar européen étant grégaire à ce stade de vie, le nombre d’animaux par aquarium répond à cette contrainte. Afin de limiter autant que possible le nombre d’animaux utilisés dans cette demande de projet, il est prévue de réaliser les tests d’infections de la procédure 1, les uns après les autres en commençant par la concentration la plus faible. Ainsi, dès que des symptômes seront identifiés, cette procédure sera interrompue, et la procédure 2 commencée. Ce nombre d’animaux permettra de réaliser des analyses statistiques validant le développement de la maladie.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Ce projet comporte des points limites stricts et spécifiques du projet. Il a été conçu pour minimiser les dommages causés aux animaux, ainsi que pour réduire ou maximum toutes manipulations sur ceux-ci. Tout d’abord, les bars réceptionnés subiront une acclimatation progressive d’1°C par jour pour passer de 19°C (température à laquelle ils sont maintenus à l’écloserie) à 22°C, puis de 0,5°C par jour afin de passer de 22°C à 24°C (température à laquelle la vibriose se déclare le plus souvent chez le bar). Ensuite, les pêches pré- et post-infection des poissons seront très brèves (quelques secondes) et l’infection se fera par balnéation dans une bac avec couvercle et apport d’oxygène dissous par bullage. Cette infection par balnéation vise à être peu dommageable et intrusive pour les bars. Des tables de suivi de soins et de bien-être des animaux seront mises en place. De plus, les conditions d’hébergement des animaux viseront à être optimales et leur environnement sera enrichi pour être adapté à leurs besoins (couvercles sur les aquariums, luminosité diminuée, effet de groupe, bullage).

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

L’espèce choisie est le bar commun. Le choix de cette espèce a été faite car il s’agit d’une espèce aquacole de premier plan. En effet, il s’agit de la première espèce d’élevage marin en France et de la deuxième en Europe. De plus, l’étude s’intéresse spécifiquement aux conditions de développement de la vibriose dans des conditions potentielles d’élevage de cette espèce. Les animaux utilisés seront de jeunes bars communs de 2 grammes. Cette taille correspond à celle à laquelle les juvéniles sont transféré du site de l’écloserie vers celui de pré-grossissement, ce qui engendre un stress les rendant plus vulnérables à d’éventuelles infections. De plus, cette taille d’animaux permet de réaliser les infections par balnéation dans des conditions optimales, tout en limitant la quantité de solution infectieuse nécessaire.