
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 27/03/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-364150)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le cancer du foie qui est le 3ème cancer le plus meurtrier dans le monde. Le traitement de référence des formes graves fait appel à des anticorps ciblant le système immunitaire, mais seul un faible pourcentage de patients répond à ces traitements. Il y a donc urgence à améliorer les thérapies actuelles. Nous avons développé un anticorps reconnaissant spécifiquement une protéine localisée sur la membrane des cellules et connue pour participer au développement de différents cancers, notamment celui du foie. Nous avons montré que notre anticorps conduisait à une inhibition partielle de la croissance du cancer du foie dans un modèle de souris ne présentant pas de système immunitaire. Nous avons également montré que le traitement de cellules immunitaires par notre anticorps permet de moduler leur activité. Ceci suggère que notre anticorps pourrait améliorer l’efficacité des thérapies existantes ciblant le système immunitaire pour le traitement du cancer du foie. L’objectif de notre projet est tout d’abord de valider nos résultats précédents en confirmant la capacité de notre anticorps à inhiber la progression tumorale dans des souris présentant un système immunitaire fonctionnel, mais également d’évaluer l’efficacité de notre anticorps en combinaison avec des anticorps ciblant le système immunitaire. Egalement, ce projet nous permettra d’évaluer la pertinence de l’utilisation de cette stratégie thérapeutique innovante dans d’autres cancers exprimant fortement la protéine.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le cancer du foie est un cancer pour lequel le nombre de cas est en augmentation constante partout dans le monde, et les traitements actuels ne permettent de soigner qu’un faible pourcentage de malades. Notre projet est une étape vers la mise en place de nouveaux traitements. Nous pensons que notre anticorps peut améliorer l’efficacité des thérapies actuelles qui ciblent le système immunitaire et ainsi la prise en charge des malades dans le futur. Egalement, ce projet pourrait ouvrir vers de nouvelles pistes thérapeutiques pour prendre en charge les autres cancers exprimant fortement la protéine que nous avons identifiée.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Tous les animaux seront soumis à une injection rapide d’un large volume de liquide. Cette injection entraine un choc chez l’animal, qui récupère en moins d’une heure et ne subit pas de séquelle à long terme. Cette procédure dure moins d’une minute. En fonction des groupes, les animaux seront anesthésiés ou vigiles. Certains animaux recevront un traitement par anticorps 2 fois par semaine pendant la durée totale du traitement, par injection réalisée sur animal vigile, cette injection est réalisée en moins d’une minute. Les animaux subiront un prélèvement de sang terminal. Cette procédure est réalisée sur animaux anesthésiés et est réalisée en environ 1 minute.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
La manipulation des animaux entraîne un stress physique modérée de courte durée. L’injection d’un large volume peut entrainer du stress et peut-être de la douleur à court terme mais l’animal récupère en général rapidement (5 à 10 minutes) et complètement au bout d’une heure. Notre modèle induit des tumeurs dans le foie, qui peuvent entrainer une gêne et des douleurs en cas de tumeurs volumineuse. Un stress physique lors de la manipulation et de la contention nécessaires à l’injection des traitements sont attendus. De même, les injections répétées peuvent parfois engendrer une douleur légère transitoire.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux de ce projet seront mis à mort afin de collecter les tissus qui seront utilisés pour des analyses ultérieures.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Afin de remplacer les études in vivo, nous avons procédé à des études in vitro sur lignées cellulaires et ex vivo sur des tissus de patients afin de démontrer la validité de l’approche. Celle-ci nécessite maintenant une validation dans un modèle physiologique complet sur animal entier avant transposition clinique chez l’humain.
2. Réduction
Afin de réduire la quantité de groupes d’étude, nous prévoyons d’adopter une démarche pas-à-pas, en améliorant au fur et à mesure les conditions d’étude de notre anticorps. Les tailles d’effectifs ont été déterminées à priori grâce à un logiciel dédié afin d’obtenir des résultats statistiquement fiables et robustes. Les données obtenues grâce aux animaux de ce projet seront analysées avec des tests statistiques classiques.
3. Raffinement
Afin de raffiner au mieux notre méthodologie, le protocole expérimental est planifié en amont. L’environnement des animaux est enrichi avec des tubes de coton pour la nidification et des briques de tremble à ronger. Les animaux seront maintenus en groupe. Des points limites précoces ont été établis afin d’interrompre si nécessaire les procédures permettant de soustraire les animaux à toute douleur ou souffrance. Les procédures invasives ou stressantes sont réalisées sous anesthésie générale et analgésie. Les animaux seront soumis à une période d’acclimatation d’une semaine, puis habituées à la contention pendant une semaine avant le début des procédures afin de diminuer le stress lié aux injections.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les souris sont de petits mammifères très proches de l’homme notamment du point de vue immunologique. Le modèle développé d’injection hydrodynamique dans la veine de la queue est spécifique à la souris et permet le développement in situ de tumeurs hépatiques, sur la base d’un foie sain, très semblables aux tumeurs retrouvées chez les patients. Le modèle proposé dans cette étude a contribué dans le passé à établir le potentiel curatif des approches thérapeutiques ciblant le système immunitaire actuellement prescrites chez l’homme. Les animaux seront utilisés à un âge adulte de minimum 8 semaines afin qu’ils présentent un système immunitaire et hépatique mature.