Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

L’objectif du projet est d’évaluer l’impact de solutions microbiennes appliquées en production primaire d’une part sur la santé et les performances des animaux, et d’autre part sur la qualité et sécurité des aliments ainsi que sur les microbiotes associés tout au long de la chaîne de transformation. La filière piscicole sera le modèle d’étude car elle permet de travailler en conditions contrôlées de l’élevage des animaux, de leur abattage jusqu’au conditionnement des filets de poissons.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Ce projet va permettre d’étudier l’intérêt d’une même solution microbienne pour la prévention des maladies bactériennes en élevage de truites arc-en-ciel et pour la conservation du produit fini pour le consommateur. Les bénéfices attendus concernent toute la filière : de l’élevage au consommateur en proposant des solutions microbiennes qui pourront préserver l’animal et la denrée alimentaire en offrant une continuité entre l’amont et l’aval de la production.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les animaux seront alimentés avec un aliment supplémenté avec une solution microbienne. L’alimentation sera quotidienne pendant un mois. Les prélèvements (écouvillon peau et tube digestif) ne seront réalisés que sur animaux mis à mort.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Il n’est pas attendu de nuisances sur les poissons car les solutions bactériennes sont choisies en amont comme étant décrite sûres pour les animaux et l’homme dans la bibliographie mais leur innocuité doit être vérifiée. L’effet néfaste observable serait un amaigrissement dû à une non prise alimentaire en raison de la présence de la solution bactérienne sur l’aliment. Des troubles digestifs peuvent être envisagés également.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Les animaux seront anesthésiés puis mis à mort par surdosage d’anesthésique suivie d’une exsanguination. Les animaux ne pourront pas être réutilisé à l’issue de l’expérimentation car ils auront été exposés à différentes solutions microbiologiques qui pourront interférer avec d’autres protocoles d’étude.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Pour évaluer l’innocuité des solutions microbiennes, il n’est pas possible de le faire par des modèles in vitro. Il est donc nécessaire d’utiliser des truites pour cette évaluation in vivo.

2. Réduction

3R / Réduction :

Dans cette étude préliminaire, chaque groupe sera conduit en triplicat de 15 poissons (3 x 15). Aucune mortalité n’est attendu entre les groupes nourris avec des aliments enrobés de solutions microbiennes et l’aliment non supplémenté. Pour calculer le nombre de poisson nécessaire, nous avons utilisé l’outil statistique en ligne https://biostatgv.sentiweb.fr avec le module « comparer 2 moyennes » et les paramètres suivant : μ1 = 0,9 (moyenne du taux de survie dans les groupes avec aliment supplémenté) ; μ2 = 1 (moyenne du taux de survie dans le groupe contrôle) ; ecart-type = 0,08 ; risque alpha = 0,05 et puissance = 0,9. Ce calcul nous indique la nécessité d’utiliser 14 animaux par groupe. Toutefois, pour des raisons de comportement animal social, un minimum de 15 poissons pour 100L a été retenu sur la base de nos expériences passées. Ce nombre évite certains comportements de stress des animaux. De plus, pour limiter le nombre de groupes d’animaux testé, des tests in vitro d’inhibition de bactéries pathogènes majeures de la truite arc en ciel seront préalablement réalisés pour n’utiliser que des solutions microbiennes pertinentes.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les animaux sont observés chaque jour durant toute la durée du protocole. Les paramètres de température et d’oxygénation sont mesurés en permanence via des sondes. La qualité de l’eau (pH, teneurs en nitrites et en nitrates) est vérifiée chaque semaine pour garantir des conditions d’élevage optimales pour les poissons. L’application d’une grille de score clinique adaptée permettra d’évaluer la santé des poissons chaque jour (Annexe 2). En cas d’atteinte significative, les animaux seront retirés de l’expérimentation et euthanasiés. Chaque bac est enrichi de structures permettant aux poissons de se cacher.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

La truite arc-en-ciel est l’espèce piscicole d’eau douce la plus élevée en France et en Europe. Elle présente un intérêt économique élevé. Nous utiliserons des juvéniles de 20 – 30g car il s’agit du stade auquel les solutions microbiennes peuvent être utilisées en élevages piscicoles (assimilation via l’aliment) et qui est intéressant de protéger contre des maladies bactériennes car encore fragile.