
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 08/02/2022
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-503589)
150 xénopes vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance déclaré léger. Les femelles reçoivent des injections hormonales répétées pour provoquer des pontes d’ovocytes, avec des périodes de repos de trois à six mois entre deux prélèvements, et 130 d’entre elles sont réutilisées. Les mâles sont tués pour prélever leurs testicules et préparer des noyaux spermatiques. Le porteur affirme que ces ovocytes fournissent un système d’étude « unique » du fuseau de division, qu’aucune culture cellulaire ne peut remplacer.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La mitose permet la division d’une cellule mère et la répartition fidèle du matériel génétique entre les deux cellules filles. La ségrégation fidèle des chromosomes repose sur le fuseau, une structure bipolaire composée de microtubules. La morphologie du fuseau, et notamment sa taille et son architecture, est essentielle pour sa fonction. Cependant, malgré des décennies d’étude, on ignore encore comment le fuseau adopte une morphologie optimisée pour sa fonction.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
L’étude de l’assemblage et de la fonction du fuseau est particulièrement importante car des défauts de ségrégation des chromosomes sont à la base de diverses maladies humaines.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Deux injections hormonales permettent l’obtention des ovocytes nécessaire à ce projet. L’hormone est injectées dans le sac lymphatique dorsal. L’injection se fait avec la plus petite aiguille possible et rapidement (moins d’une minute) pour éviter tout stress à l’animal. Les animaux femelles restent au repos entre les injections. Les animaux mâles, eux, sont sacrifié à la suite des stimulations hormonales afin de prélever les testicules pour réaliser la préparation de noyaux spermatiques.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Aucune procédure susceptible d’entrainer de la douleur n’est pratiqué dans le cadre de ce projet. La mise à mort des mâles se fait également en suivant la méthode règlementaire. Les points limites décrits ci-dessous sont utilisés dans le cadre du suivi post-manipulation (conséquences éventuelles à l’injection de l’hormone et à la contention des animaux) mais également de l’état sanitaires des animaux de la colonie. Ils sont communs aux espèce X. laevis et X. tropicalis. Points Critiques : amaigrissement d’un individu, dépigmentation, absence de réponse aux stimuli (passage main au-dessus des bacs), absence de pontes de qualité.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux femelles restent au repos entre les injections avec un intervalle d’au moins 6 mois pour X. laevis et d’entre 3 et 4 mois minimum pour X. tropicalis. Les animaux mâles, eux, sont sacrifié à la suite des stimulations hormonales afin de prélever les testicules pour réaliser la préparation de noyaux spermatiques.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’utilisation du modèle Xénope nous permet d’obtenir les ovocytes servant à la préparation d’extraits cytoplasmiques. Ces extraits sont uniques car ils sont capables de reproduire in vitro les évènements du cycle cellulaire et d’assembler des structures de microtubules, telles que les fuseaux de division, de tailles et de structures différentes. La génération in vitro de tel assemblages microtubulaires ne peut être réalisé qu’avec ces extraits d’ovocytes, de plus ce projet repose sur l’étude comparative entre X. laevis et X. tropicalis. C’est pourquoi aucune autre méthode, y compris les extraits de cellules en culture, ne peut être utilisée comme substitut.
2. Réduction
Les intervalles de repos entre les ovulations permettent d’obtenir une qualité et quantité d’ovocytes élevées, et ainsi d’utiliser moins d’animaux. De plus, le nombre de grenouilles utilisées par session est strictement adapté aux expériences prévues. Enfin, compte-tenu que les ovocytes de X. laevis génèrent plus d’extrait cytoplasmique par animal que X. tropicalis, ils seront utilisés en priorité pour optimiser les différents protocoles et ainsi minimiser le nombre total d’animaux utilisés.
3. Raffinement
Les installations qui héberge les grenouilles sont agréées et tous les efforts (soins optimaux, réservoir, eau, température, etc.) sont faits pour minimiser la souffrance, la détresse potentielle et améliorer le bien-être animal. Les animaux sont maintenus en bacs communautaire d’une vingtaine d’individus maximum dans un local ou la température de l’eau et de l’air est contrôlée et adaptée à l’espèce (18-20°C X. laevis, 23-25°C X. tropicalis). Ils sont maintenus avec une photopériode 12h/12h tamisée. La manipulation des animaux est minimale. Les animaux destinés aux expérimentations sont isolés au calme dans la pièce de stabulation dans des bacs individuels depuis l’injection de prime initiale jusqu’à 24h après le boost.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
De par son mode de fécondation externe, il est possible de récupérer les ovocytes de Xénope dans le milieu de nage de l’animal, après une simple stimulation hormonale et sans chirurgie ni euthanasie. Ces ovocytes permettent la préparation d’un système d’étude unique, les extraits cytoplasmiques, permettant de reproduire le cycle cellulaire in vitro. Enfin, la possibilité de comparer ces deux espèces ouvre la voie à la compréhension des variations de la taille et de la morphologie du fuseau. En effet, ces deux espèces diffèrent non seulement au niveau de la taille de leurs corps, de leurs cellules et de leurs génomes mais egalement au niveau de la taille et de l’architecture de leurs fuseaux. Les mâles et les femelles utilisés pour les pontes sont des adultes. Un Xénope adulte femelle se conserve environ une dizaine d’année.