Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

72 brebis laitières vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, puis réintégrées à la production laitière. Le porteur décrit quatre séries de prélèvements sur deux mois, associant une prise de sang à la jugulaire et un prélèvement de jus de rumen par sonde gastro-œsophagienne. Il indique que la répétition de ces prélèvements peut générer un stress, atténué par une habituation à la cage de contention. Sur le remplacement, il affirme qu’étudier le statut énergétique d’un ruminant en début de lactation rend le recours à l’animal inévitable.

NTS-FR-561837v1
Types de recherche
· Alimentation animale · Recherche appliquée ·
Mots-clés
Déficit énergétique, Moyen Infra-rouge, Métabolome, Microbiote, Brebis en lactation
Moutons : 72

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

L’objectif du projet est de proposer aux éleveurs de brebis laitières des outils de précisions pour améliorer la gestion des moments d’élevage clés du troupeau, et ainsi améliorer la santé des brebis et des agneaux, mieux valoriser l’alimentation et avoir un lait de meilleure qualité pour le consommateur. L’approche innovante est de s’intéresser au début de lactation, moment critique jusque-là peu étudié, et d’identifier grâce à des indicateurs non invasifs, les animaux en situation nutritionnelle difficile. En effet, durant le premier mois après la mise-bas, les brebis laitières sont à la fois allaitantes et traites, puis elles passent en traite exclusive : c’est dans cette période que certaines d’entre elles se retrouvent en déficit énergétique, lorsque leurs besoins énergétiques ne peuvent pas être totalement couverts par les apports alimentaires. Le spectre en Moyen Infra-Rouge (MIR) du lait est un phénotype simple et peu couteux à obtenir : nous proposons de le valoriser durant la phase d’allaitement-traite pour identifier les animaux en déficit énergétique afin que l’éleveur puisse moduler l’alimentation de ceux-ci. Nous nous appuierons sur des brebis divergentes pour le comptage des cellules somatiques (CCS) dans le lait, car il a été montré que ces 2 groupes se différenciaient en termes de bilan énergétiques en début de lactation, et afin de définir le moment le plus propice à la détection des animaux en déficit énergétiques, les analyses du lait via le MIR seront effectuées de façon longitudinale durant les 2 premiers mois de lactation des brebis. Enfin, d’autres biomarqueurs seront recherchés dans le lait, le plasma et le rumen (métabolome) et une étude du microbiote ruminal des brebis sera réalisée.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Ce projet permettra d’obtenir, en situation d’élevage classique et sur un nombre conséquent d’animaux, des profils d’évolution individuel de l’état énergétique des brebis laitières durant la phase clés d’allaitement-traite. L’utilisation synchrone de dosages de références et de mesures non invasives va permettre l’identification de prédicteurs de l’état énergétique dégradé de certaines brebis, utilisables en élevage classique. De plus, le programme de recherche dont fait partie ce projet fait intervenir un second site expérimental où les phénotypages simplifiés seront aussi effectués de façon longitudinale durant cette période d’allaitement-traite ; il est aussi adossé à un programme européen où 8 fermes privées réaliseront un « suivi » type pour valider la faisabilité de cette détection en ferme classique.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les brebis seront soumises à 2 types de prélèvement : – Une prise de sang à la veine jugulaire, – Un prélèvement de jus de rumen par sonde gastro-oesophagienne ; Cela 4 fois durant les 2 mois de l’essai, au maximum à une semaine d’intervalle.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

La répétition à 1 semaine d’intervalle du prélèvement de jus de rumen et de sang pourrait générer un stress sur les brebis : des actions de renforcement positif seront mis en place pour palier à ce possible effet indésirable, notamment en habituant les brebis à la cage de contention. Celle-ci, ainsi que la compétence du personnel réalisant depuis de nombreuses années ce type de prélèvements, assurera un prélèvement efficace, sans lésion et sur un laps de temps très court.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Poursuite de la vie productive classique de la brebis laitière en lactation

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Il s’agit ici d’étudier le statut énergétique d’un animal. Celui-ci est la résultante de l’alimentation et du fonctionnement global de l’organisme. Le recourt à l’animal ne peut être éviter.

2. Réduction

3R / Réduction :

Nous avons calculé le nombre optimal d’animaux à utiliser avec une formule statistique : n = (2SD/p)² où n est le nombre d’animaux, SD l’écart-type et p la précision souhaitée pour notre analyse.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Tous les animaux seront hébergés sur une aire paillée en groupe, de manière à exprimer leurs comportements sociaux. Afin de stimuler les brebis, au cours d’une semaine des objets d’enrichissement seront suspendus dans les parcs et alternés (disques, chaines). Au quotidien, lors du paillage, la paille seront mise en tas et ce sont les brebis qui l’étaleront. Afin de limiter le stress de contention, les prélèvements seront réalisés par du personnel qualifié à l’aide de matériel de contention adapté aux ovins et à laquelle les animaux sont habitués. Les prélèvements de lait se feront lors du contrôle laitier, sans manipulation supplémentaire de la brebis. Les prélèvements de sang et de contenu ruminal se feront successivement lors de la même contention, afin de réduire au maximum le temps de contention de chaque animal. Les animaux font l’objet d’une surveillance toute particulière au moment des prélèvements et après ceux-ci. Au moindre problème l’animal est retiré du projet et soigné.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Le déficit énergétique que l’on vise à monitorer apparait spécifiquement chez les ruminants, quand la capacité digestive post-mise bas n’est pas suffisante pour ingérer l’énergie permettant de faire face aux besoins de la femelle en début de lactation. Il est donc indispensable de réaliser ce travail sur un ruminant. Par ailleurs, chez les bovins et les caprins laitiers, le petit est très rapidement séparé de sa mère : cette concomitance de l’allaitement du petit et du passage à la traite pour extraire le surplus de lait, n’existe que chez la brebis laitière. Notre étude porte sur le déficit énergétique en début de lactation, donc nos animaux seront à ce stade.