
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 01/04/2022
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-861954)
180 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures déclarées sans réveil alors que le suivi décrit s’étend sur six à douze semaines après l’opération. Une arthrose est induite chirurgicalement par déstabilisation du ménisque du genou, puis trois composés sont administrés dans l’eau de boisson avant une ponction cardiaque terminale. Le porteur décrit une gêne à la marche postopératoire disparaissant en 48 heures et ne rapporte pas d’autre effet notable. Il affirme que l’arthrose met en jeu l’articulation entière et le système digestif, ce qui rendrait le recours à la souris nécessaire faute d’alternative in vitro.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Ce projet a pour objectif d’évaluer l’impact de la prise orale via l’eau de boisson du Thiamet-G (TG), de la triéthylènetrétramine (TETA) et de la glucosamine (GlcN) sur l’évolution de l’arthrose post-traumatique chez la souris
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
L’OA est la maladie articulaire la plus répandue avec une prévalence mondiale de 303 millions de patient dans le monde. Elle touche aussi bien les articulations périphériques que rachidiennes. Au sein des articulations tous les composants de l’articulation sont impactés. L’OA se caractérise par une érosion du cartilage, la formation d’ostéophyte, une sclérose osseuse et une inflammation synoviale. Les composés que nous nous proposons de tester sont des molécules capables de jouer sur la régulation de voies métaboliques dérégulées dans l’OA. Le TG est un composé augmentant la O-GlcNacylation des protéines processus agissant sur l’autophagie. La GLcN composé connu pour ses effets anti-inflammatoires et enfin la molécule TETA mimant la restriction calorique et stimulant l’autophagie. Nous espérons que les composés testés présenteront des effets bénéfiques sur l’apparition et l’évolution de l’OA post-traumatique chez la souris et permettront ainsi l’identification de nouvelles approches thérapeutiques pour la prise en charge de l’OA chez l’Homme.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
A l’âge de 9 semaines les souris des groupes 2, 3, 4 et 5 subiront une induction chirurgicale d’arthrose unilatérale par déstabilisation du ménisque médial droit alors que les souris du groupe 1 subiront une procédure Sham, c’est-à-dire qu’elles subiront l’intervention chirurgicale sans l’étape de déstabilisation du ménisque médial.Le geste chirurgical par souris est d’environ 5 min. Les souris seront suivies et traitées via l’eau de boisson pendant 6 et 12 semaine après la procédure chirurgicale. 6 et 12 semaines après la chirurgie, la moitié des souris de chaque groupe aura une ponction intracardiaque terminale puis sera euthanasiée comme décrit dans la procédure expérimentale n°1 et les différents organes nécessaires à l’évaluation des traitements et du niveau d’OA seront prélevés.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
En post opératoire une légère gêne à la marche peut être observée chez certaine souris. Cette gêne disparait dans les 48h post chirurgie et est prise en charge comme décrite dans la section 4. Pas d’effet notable de la procédure sur le poids des animaux, sur leur mobilité ou sur leur comportement n’a été reporté.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront mis à mort à l’issue de la procédure.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’OA est une maladie de l’ensemble de l’articulation : os sous-chondral, membrane synoviale, ménisques et appareil musculo-ligamentaire. Il s’agit aussi d’une pathologie multifactorielle (métabolique, génétique, endocrinienne, mécanique, traumatique) complexe difficilement reproduite par des systèmes cellulaires simplifiés. D’autre part ce projet évalue des principes actifs par prise orale, ce qui implique leur passage par le système digestif, ce qui ne peut pas être reproduit in vitro.
2. Réduction
Je réduis en utilisant le nombre minimal d’animaux par groupe requis pour chaque type de test afin d’atteindre une significativité statistique. Les études statistiques comparatives seront réalisées en utilisant le test de kruskal-Wallis suivi d’un test de comparaison multiple de Dunn. Cette saisine nécessitera donc 180 souris C57BL/6 âgées de 9 semaines
3. Raffinement
Je raffine en réduisant la douleur lors de cette expérimentation afin d’améliorer la reproductibilité et la qualité de l’expérimentation. Ainsi, une analgésie péri-opératoire immédiate est prévue par administration de buprénorphine et meloxican en pré et post-chirurgie. Les souris seront hébergées à raison de 4 souris par cage avec de l’enrichissement type frisottis. Elles seront observées quotidiennement jusqu’à la fin de l’expérimentation. Elles seront également pesées quotidiennement pendant les 3 premiers jours après la chirurgie puis 1 fois par semaine jusqu’à la fin de l’expérimentation. Par ailleurs des points limites ont été identifiés et les procédures de raffinement à mettre en place lors de l’atteinte de ces points limites ont été décrites. Malheureusement, je ne peux pas remplacer cette expérimentation animale par un modèle in vitro, car cette étude visant à déterminer l’effet de nos molécules sur l’apparition et l’évolution de l’OA nécessite l’intervention du système digestif et de l’articulation dans son ensemble ce qui ne peut pas être reproduit in vitro. Il n’existe donc pas de méthodes alternatives à l’utilisation d’animaux pour ce projet.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le choix des souris est fondé sur plusieurs critères : – Le besoin de travailler sur des animaux adultes et à maturité squelettique ; – La taille des animaux permet une gestion aisée de l’anesthésie et de l’analgésie ; – Ces animaux sont faciles à gérer en stabulation ; – Le modèle murin d’OA est le plus décrit dans la littérature internationale. De plus, il représente une référence dans l’étude de cette pathologie. Les animaux inclus dans cette étude seront à maturité squelettique et âgés de 9 semaines lors du début de la procédure n°1 car c’est à cet âge qu’est classiquement induit l’OA par déstabilisation du ménisque médial « DMM ».