
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 06/05/2022
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-283795)
48 rats vont être utilisés, tous tués à l’issue, dans des procédures déclarées de gravité légère. Après une phase d’observation, ils sont privés de nourriture pendant 72 heures, l’accès à la mangeoire étant bloqué par des câbles qu’ils doivent ronger pour manger, afin de tester la résistance de gaines de fibre optique aux rongeurs. Le porteur signale un possible amaigrissement et l’ingestion de fragments de plastique, et justifie la mise à mort par l’absence de recul sur ces matériaux confidentiels. Il décrit une commande d’un opérateur télécom, sans autre méthode que la mise en situation avec l’espèce cible.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La justification du projet découle du fait que, placés dans un milieu naturel, les câbles à fibres optiques doivent être résistants aux attaques des rongeurs, en particulier celles des rats. Pour y remédier, les fournisseurs de câbles doivent développer des solutions dites « anti-rongeurs » et prouver leur efficacité par la mise en œuvre d’essais tels que ceux décrits dans ce projet. En effet, une mise en situation avec l’espèce cible est la plus adaptée pour tester la résistance dans des conditions proches des conditions réelles. De manière générale, les câbles optiques sont attaqués de préférence par rapport aux conducteurs d´énergie, par raison de leur manque de danger pour ces animaux. Il a d’ailleurs été démontré que le rat peut dans certaines conditions s’attaquer aux câbles à fibres optiques, notamment lorsque ces derniers sont placés comme un obstacle sur la trajectoire de son déplacement habituel, ou s’il lui obstrue l’accès à un point de nourriture. L’objectif de ce projet est de tester des conceptions de câbles qui ont fait l’objet d’innovation technique afin de renforcer les matériaux qui recouvrent les fibres optiques. Ce projet a également pour objectif de compléter des résultats issus d’une précédente étude réalisée en 2021 au cours de laquelle 3 conceptions de câble ont été testées individuellement en soumettant les rats à une motivation alimentaire : les câbles obtruaient l’accès à la nourriture et les rats devaient ronger le câble pour se frayer un chemin. Les résultats n’étant pas concluants, des propositions ont été faites afin d’optimiser l’exploitation des résultats. Ainsi, il a été proposé de tester les câbles en les présentant par 2 aux rats afin d’identifier celui qui est le plus résistant vis-à-vis de l’attaque des rongeurs. En plus de l’expérimentation au cours de laquelle les rats sont soumis à une motivation alimentaire, une expérimentation supplémentaire est proposée pour vérifier si les rats ont une préférence naturelle pour l’un ou l’autre câble : les 2 câbles sont posés dans la litière et seront accessibles pour les rats (pour jouer, ronger…) qui auront accès librement à la nourriture et la boisson.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les installations des bâtiments comme les câblages optiques subissent régulièrement les agressions des rongeurs tels que les rats. Ces dégradations vont jusqu’à rendre inopérant le fonctionnement des réseaux optiques de l’opérateur téléphonique et peuvent non seulement générer des impacts économiques importants mais aussi fortement pénaliser la sécurité des biens et des personnes. D’un point de vue développement de l’innovation, si une des 2 conceptions testées permet de protéger efficacement l’attaque des rongeurs, elle sera déployée plus largement au niveau national à d’autres opérateurs téléphoniques. Afin d’approfondir les résultats, ce projet a été construit en tenant compte des données et observations de l’étude précédente. En effet, dans ce projet, les rats seront exposés non pas à 1 câble mais à 2 câbles simultanément. Une partie de ce projet s’intéresse également au comportement des rats vis-à-vis des câbles dans un contexte où ils ne sont pas soumis à une quelconque motivation alimentaire. Ainsi ,lors de l’expérimenation 1, les 2 câbles sont présentés aux rats mais sans les empêcher d’accéder à la nourriture. Les rats auront accès librement à la nourriture et l’objectif est de voir s’ils s’attaquent aux câbles pour d’autres besoins (jouer / ronger).
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Tous les animaux du projet (48 rats) seront soumis à 2 expérimentations successives. La première expérimentation a pour objectif d’observer leur comportement en présence des 2 câbles posés dans la litière. Aucune intervention sera réalisée sur les animaux au cours de ces 28 jours d’expérimentation. Au cours de la 2ème expérimentation, les rats seront mis à jeûn pendant une période de 72 heures. Les seules interventions seront des pesées quotidiennes afin de suivre l’évolution de la chute de poids.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Lors de l’expérimentation 1, les seuls effets indésirables pourraient être liés à l’absorption de matières plastiques lorsque les rats rongeront les câbles. Lors de l’expérimentation 2, les effets indésirables seraint une perte de poids si un des câbles n’était pas rompu rapidement. En effet, afin d’inciter les rats à ronger un des câbles, les échantillons de câble seront fixés de manière à empêcher l’accès à la mangeoire. Les rongeurs doivent donc se frayer un passage en sectionnant un des câbles obstructeurs. Les câbles seront placés pendant une période de 72 heures au cours de laquelle les rats seront à jeûn. Des pesées seront réalisées quotidiennement afin de suivre l’évolution de cette perte de poids et mettre fin à la période de jeûne si un animal atteint le poids limite, c’est à dire une chute de 15% par rapport à son poids initial. A titre d’information, lors de l’étude de 2021, la chute de poids moyenne était de 10% après 48 heures de mise à jeun.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
A l’issue des expérimentations impliquant une procédure légère, les animaux (au nombre de 48) seront mis à mort. Deux raisons justifient cette décision prise en accord avec les chargés d’étude et la vétérinaire référente de l’unité expérimentale PFIE : 1) Chaque rat aura été utilisé 2 fois au cours du projet (pour les 2 expérimentations). Une des conceptions de câbles a été conçue avec des matériaux innovants (compositions protégées par un accord de confidentialité). Il n’est pas exclu que des microparticules ou de petits fragments soient ingérés par les animaux au moment de la dégradation des câbles. Nous n’avons à ce jour aucun recul pour évaluer la toxicité de ces microparticules à la fois vis-à-vis de la santé des rats mais aussi sur le rejet dans l’environnement de particules potentiellement polluantes. 2) Ces animaux seront hébergés dans une zone expérimentale en confinement dans laquelle des agents pathogènes zoonotiques de classe 2 et 3 sont manipulés. Même si les conditions de confinement sont rigoureusement respectées et contrôlées, nous préférons prendre le maximum de précautions pour nous prémunir de la moindre suspicion quant à nos pratiques à l’égard des personnes qui accueilleraient ces animaux.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Il n’existe pas de méthode alternative pour évaluer la résistance des câbles à l’attaque des rongeurs. Une mise en situation avec l’espèce cible est la plus adaptée pour tester la résistance dans des conditions proches des conditions réelles. Les conceptions de câbles testés ont été préalablement soumis à (1) des tests dimensionnels pour vérifier que les composants sont en quantité suffisante pour assurer leur rôle de protection, (2) tests mécaniques pour garantir que le câble reste fonctionnel après être contraint mécaniquement lors de la pose et pendant sa vie, (3) essais d’environnement permettant de tester leur étanchéité, leur résistance à la température…
2. Réduction
Avec l’accord du partenaire, il a été convenu de réutiliser les mêmes rats pour les 2 expérimentations. Si une répétition se révélait nécessaire pour confirmer les résultats. Les mêmes rats seraient utilisés après une période de repos pour qu’ils retrouvent leur poids initial. Ainsi la conception de ce projet permet de réduire de moitié le nombre d’animaux (48 au lieu de 96). En s’appuyant sur les résultats de la précédente étude, ces effectifs et répétitions sont suffisants pour déterminer qu’un des câbles est plus résistant que l’autre avec une différence de 1.5 dans la notation moyenne des dégradations (sur une échelle de 0 à 8). Les moyennes seront comparées grâce à un test non paramétrique (Wilcoxon). La puissance du test a été estimée à 81 % avec un risque de 0.05 (utilisation du logiciel GPower 3.1).
3. Raffinement
Les animaux seront hébergés par groupe de 4 dans des cages adaptées, dans des conditions environnementales (température et éclairage) contrôlées. Deux visites quotidiennes seront réalisées afin de surveiller l’état de santé des animaux et l’apparition des signes cliniques (prostration, absence de toilettage, diarrhée, amaigrissement). Lors de l’expérimentation 1, des friandises (pétale de maïs, pop corn, raisin sec, morceaux de noix…) seront proposées 2 à 3 fois par semaine aux animaux. Lors de l’expérimentation 2, les animaux seront pesés chaque jour afin de surveiller l’évolution de la chute de poids liée au jeûne. Une chute de poids de 15% conduira à l’arrêt immédiat de l’expérimentation pour la cage entière : les câbles seront immédiatement retirés afin que les animaux accèdent à la nourriture.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Cette justification se trouve dans le cahier des charges du client qui spécifie que les câbles sont soumis aux attaques des rats. Une mise en situation avec l’espèce cible permet de tester la résistance dans des conditions proches des conditions réelles Le choix de la souche Long-Evans réside dans le fait que cette dernière est la plus active en termes de dégradations observées lors de précédents essais. Adultes avec un poids d’au moins 200 g (spécification requise par le client)