
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2022-05-13 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-485350)
2 600 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant des niveaux de souffrance léger à modéré. Le porteur provoque chez elles une inflammation intestinale par le dextran sulfate de sodium ou l’indométacine, se traduisant par des diarrhées et du sang dans les selles, après des gavages quotidiens de micro-organismes. Toutes sont euthanasiées en fin de procédure pour prélever leurs organes. Il affirme que les modèles in vitro ne reproduisent pas l’écosystème intestinal et que le recours à la souris est « indispensable ».
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’objectif de ce projet est de comprendre les rôles des différents acteurs entrant en communication dans l’écosystème intestinal : l’hôte (par l’intermédiaire de son système immunitaire), le microbiote bactérien et le microbiote fongique (mycobiote). Pour cela nous souhaitons évaluer l’impact de la modulation d’un ou plusieurs de ces acteurs sur l’équilibre et l’inflammation intestinale. Dans le cadre de notre projet, nous utiliserons des souris ayant des mutations sur des récepteurs immunitaires impliqués dans la reconnaissance du microbiote fongique (notamment les récepteurs Dectin1 et 2, Card9). Grâce à ces souris, nous pourrons approfondir les connaissances sur l’impact du microbiote sur l’inflammation intestinale (comme observée chez les patients atteints de maladie de Crohn ou de rectocolite hémorragique). A l’aide de procédures d’administration de traitements microbiens et antimicrobiens et d’induction d’inflammation, nous pourrons modifier le microbiote et observer l’effet d’une telle modification sur l’évolution de l’inflammation intestinale. Ces recherches nous permettront de participer à l’élaboration de nouvelles voies thérapeutiques pour traiter les personnes atteintes de maladies inflammatoires de l’intestin.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Grâce à ces recherches, la découverte de souches fongiques bénéfiques ou néfastes pour l’homéostasie intestinale pourrait conduire à l’élaboration de nouvelles pistes thérapeutiques à base de probiotiques fongiques ou de traitements anti-fongiques ciblés pour traiter les pathologies inflammatoires intestinales.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Lors de certaines procédures, les animaux recevront des micro-organismes administrés par gavage par voie orale. Ces administrations seront quotidiennes sur toute la durée de l’expérimentation (de 7 à 21 jours, en fonction de la procédure). Des prélèvements de fèces seront effectués aux points clés de la procédure (2 fèces par souris). Durant les procédures impliquant une inflammation intestinale, chaque procédure étudiera l’effet de traitements différents induisant des inflammations aux mécanismes spécifiques, dans le but de reproduire les symptômes de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, observées chez l’humain. L’induction d’une inflammation intestinale par traitement chimique au dextran sodium sulfate (DSS) afin d’établir un modele d’inflammation qui nous rapproche de celle observée chez les patients atteints de maladie de Crohn ou de recto-colite hémorragique, et l’induction d’une inflammation intestinale par administration d’un traitement anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS), l’indométacine. Les AINS modifient le système immunitaire et participent a l’apparition d’une inflammation intestinale chez certains individus. Le traitement au DSS durera 7 jours, tandis que le traitement à l’indométacine durera 5 jours. Nous effectuerons les prélèvements de fèces dans la matinée (les souris ayant été actives et ayant consommé de la nourriture durant la nuit, leur transit intestinal est plus rapide le matin). Pour cela nous isolons chaque souris durant quelques minutes (5 minutes généralement), nous récupérons deux fèces au maximum puis nous replaçons la souris en cage.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
L’inflammation intestinale provoquée chez les animaux dans nos différents modèles induiront une douleur légère à modérée. Lors de ces procédures, les animaux seront soumis à une inflammation intestinale qui se caractérise par une modification du transit intestinal avec apparition de diarrhée et ponctuellement de sang dans les selles. Aucune autre nuisance n’est associée à ce projet.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
La fin de chaque procédure nécessite de prélever différents organes afin d’effectuer nos analyses, et donc d’euthanasier tous les animaux.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les modèles in vitro ne parviennent pas à reproduire l’écosystème intestinal complexe que nous cherchons à étudier. En effet, les interactions entre les différentes populations cellulaires de l’hôte, le microbiote intestinal, mais également les facteurs génétiques, sont des éléments indivisibles lorsque l’inflammation intestinale est étudiée, rendant indispensable l’utilisation de modèles animaux dans nos recherches.
2. Réduction
Afin de réduire au maximum le nombre d’animaux utilisé dans chaque procédure, nous avons calculé, grâce à des calculs statistiques, le nombre de souris minimum dont nous aurons besoin pour nous assurer des résultats interprétables. Basés sur un paramètre clé nous permettant de valider une expérimentation, ces calculs statistiques nous ont permis de déterminer que chaque groupe doit être constitué de 20 animaux pour chaque procédure. Nous avons choisi d’effectuer deux expérimentations indépendantes et donc d’utiliser 10 animaux par groupe pour chaque expérimentation.
3. Raffinement
L’état de santé des animaux est un point crucial lors des procédures, c’est pourquoi une attention particulière y sera apportée pour respecter le bien-être animal. Un enrichissement du milieu de vie des animaux sera réalisé ave des cages supplémentées de cellulose et d’abris. Enfin, les animaux seront hébergés en groupe dans les cages, en nombre adapté à l’espace disponible dans la cage (5 animaux maximum pour une cage de 370cm² par exemple) et feront l’objet d’un suivi et d’une observation quotidiens par un personnel compétent et formé afin de détecter tout signe de souffrance animale. Ainsi, les animaux seront immediatement euthanasiés si l’un de ces critères est observé : immobilité de l’animal, perte de poids supérieure ou égale à 20% par rapport au poids en début d’expérimentation, poil hirsute.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Notre projet implique l’étude des interactions hôte/microbiote. Ce type d’interaction complexe nécessite un modèle présentant un système immunitaire et des voies de signalisation proches de ce qui est observé chez l’humain. Le modèle murin est un modèle de référence pour étudier l’inflammation intestinale et présente une homologie avec l’humain sur plusieurs niveaux. Dans notre cas, c’est-à-dire les pathologies intestinales, de nombreuses données bibliographiques démontrent que ce modèle rentre en adéquation avec le type de recherche que nous souhaitons effectuer. De plus, l’utilisation du modèle murin offre une plus grande disponibilité de mutation de gènes associés aux récepteurs immunitaires. Toutes nos expérimentations utiliseront des souris âgées de 6 à 8 semaines, âge correspondant à la période où le système immunitaire est mature et fonctionnel.