
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 28/06/2022
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-108386)
365 mini porcs vont être utilisés, opérés sous anesthésie et tués avant tout réveil. Chaque animal subit une chirurgie abdominale allant jusqu’à quatre heures, avec pose d’un ballonnet gastrique, laminectomie et implantation d’électrodes pour stimuler le système nerveux, afin de développer un dispositif contre l’obésité. Les retombées annoncées pour les patients, un traitement moins invasif que la chirurgie de l’estomac, restent au conditionnel. Sur le remplacement, le porteur affirme qu’aucune méthode in vitro ne convient et que l’obésité, phénomène complexe, doit être étudiée sur un « organisme vivant », retenant le mini porc pour sa proximité anatomique avec l’humain.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’objectif de ce projet est de développer un traitement (dispositif médical) contre l’obésité par stimulation bioélectronique du système nerveux chez le mini porc. Il existe de nombreux arguments et données scientifiques en faveur de l’existence d’une neuromodulation du système nerveux pour traiter l’obésité. En effet, les signaux acheminés par le système nerveux semblent jouer un rôle important dans la prise alimentaire. Les traitements actuels ne permettent pas de lutter efficacement contre l’obésité. En effet, les traitements les plus efficaces sont les approches chirurgicales lourdes comme la réduction de l’estomac, la technique du court-circuit des aliments, visent à limiter le volume de l’estomac pour réduire les prises alimentaires. Cependant, ces traitements sont très invasifs et entraînent de nombreux effets indésirables (troubles digestifs, vomissement…) chez l’humain. Le développement d’un dispositif médical, permettant par électrostimulation du système nerveux la régulation de la prise alimentaire, pourrait être un outil très prometteur pour lutter contre l’obésité. Un dispositif similaire d’électrostimulation a déjà été approuvé en 2014 par l’Agence fédérale américaine des produits alimentaires et des médicaments pour le traitement de douleurs dorsales réfractaires à la chirurgie.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les traitements actuels ne permettent pas de lutter efficacement contre l’obésité. Les traitements les plus efficaces sont des traitements lourds (chirurgie de l’obésité), engendrant de nombreux effets secondaires. Par conséquent, le développement de traitements moins invasifs, plus efficaces et sans effets secondaires pourraient apporter des solutions plus satisfaisantes pour les patients souffrant d’obésité.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux seront soumis à une seule procédure chirurgicale qui n’excèdera pas 4h afin de réaliser les stimulations/enregistrements du système nerveux. Les durées des interventions sont : – Prémédication, injection de l’analgésique et l’analgésie 30 secondes, – Induction de la narcose par voie IV après pose d’un cathéter : 5 minutes – Intubation puis anesthésie à l’isoflurane 5 minutes – ouverture abdominale et identification des nerfs cibles 30 minutes, – pose d’un ballonnet gastrique par chirurgie ou par endoscopie 10 minutes – laminectomie et pose des électrodes 30 minutes – stimulation et enregistrement 3h sous anesthésie volatile à l’isoflurane Les animaux ne seront pas réveillés et seront euthanasiés à la fin de la procédure.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les 2 procédures de ce projet décrivent des actes chirurgicaux. Un certain niveau de douleur est attendu nécessitant des protocoles d’anesthésie / analgésie adaptés à l’espèce de façon à limiter au maximum la douleur. Les animaux seront mis en diète hydrique entre 16h et 20h avant le début de l’expérimentation. La paille du box pourra etre retirée la veille de l’intervention pour faciliter l’intubation. Le protocole d’anesthésié / analgésie, comporte une injection par voie intramusculaire puis une seconde par voie intraveineuse. L’animal sera ensuite intubé pour maintenir une anesthésie sous isoflurane. Les animaux seront soumis à une seule procédure chirurgicale; La chirurgie et les stimulations/enregistrements seront menés dans le respect de la règle des 3R.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les procédures comportent des chirurgies lourdes et invasives, il n’est pas envisagé de réveiller les animaux. Ils seront tous mis à mort dès la fin de la procédure expérimentale. Des prélèvements des cibles d’intérêt comme les nerfs, ganglions, etc … pour une analyse histologique pourront être réalisés après mise à mort selon une méthode réglementaire dans les 2 procèdures.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Il n’existe aucune méthode in vitro validée scientifiquement ou test in vitro connu qui offrirait une alternative à l’expérimentation animale pour répondre aux questions adressées dans ce projet. Le phénomène d’obésité ne peut être étudié correctement in vitro car il s’agit d’un phénomène complexe et doit donc être étudié chez l’animal, intégrant l’ensemble de la biologie d’un organisme vivant. L’utilisation d’un modèle expérimental in vivo est donc un prérequis à la phase de développement clinique. Nos expérimentations au sein de la société, même si elles nécessitent l’utilisation d’animaux, sont pratiquées avec un souci permanent de réduction du nombre d’animaux et de bien-être pour les animaux en expérimentation. Toutes les expériences sont réalisées dans le respect éthique de la règle des 3 R.
2. Réduction
Le nombre de mini porc a été réduit autant que possible, tout en étant suffisant pour l’obtention de résultats exploitables grâce à l’utilisation de tests statistiques.
3. Raffinement
Un suivi des animaux sera effectué quotidiennement sans exception (Week-ends & jours fériés) par le personnel de l’établissement utilisateur. A la fin de la période d’acclimatation, les animaux seront observés 2 fois par semaine minimum par les expérimentateurs pour suivre l’état de santé général. Des points limites ont été établis afin d’anticiper toute dégradation de l’état de santé général des animaux et, le cas échéant, d’appliquer des protocoles de soins adaptés selon la fiche annexée à ce projet. Dans le cas où la santé de l’animal serait dégradée après 48h, une mise à mort sera réalisée immédiatement sur décision du directeur d’étude /ou du vétérinaire désigné. Lors des expérimentations, réalisées par du personnel compétent et qualifié, les animaux seront sous anesthésie et analgésie.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le mini porc est choisi comme espèce non-rongeur permettant d’étudier et d’évaluer l’efficacité d’un traitement afin de prédire une efficacité clinique chez l’Homme. Le mini porc est une espèce largement utilisée du fait de ses nombreuses similitudes anatomiques et physiologiques avec l’Homme, en faisant une espèce de choix dans l’évaluation d’un dispositif médical implanté. Utilisation d’animaux adultes car l’objectif est le développement d’un dispositif médical pour les sujets adultes (≥ 14 semaines)