Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

180 bars européens vont être utilisés dans ce projet, dont 64 dans un test de nage classé sévère qui entraîne leur mise à mort, les 116 autres étant gardés vivants pour d’autres projets. Après plusieurs semaines en eau appauvrie en oxygène, chaque bar testé nage de façon forcée pendant une à deux heures, sans anesthésie, ce qui peut provoquer fatigue, stress et, en cas d’anomalie cardiaque, des crises brèves et généralement mortelles. Le projet étudie la tolérance de cette espèce à la désoxygénation des océans. Le porteur affirme que le recours au modèle animal ne peut être évité car les processus étudiés relèvent de l’organisme vivant, et souligne l’intérêt économique du bar comme espèce exploitée par la pêche.

NTS-FR-473966v1
Types de recherche
· Conservation des espèces · Éthologie / comportement / biologie animale · Oncologie · Recherche fondamentale ·
Mots-clés
Poissons, Désoxygénation des océans, Tolérance à l'hypoxie, Physiologie, Tunnel de nage
Loups de mer : 180

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Le taux d’oxygène dans les océans a baissé d’environ 1 à 2% depuis 1960 et cette désoxygénation des océans pourrait s’accentuer dans les décennies à venir. Elle conduit certaines espèces marines à migrer vers des habitats plus riches en oxygène, conduisant dans certaines zones géographiques à l’effondrement des pêcheries et de l’aquaculture. Pour garantir une pêche durable, il est donc essentiel d’évaluer et anticiper l’impact de la désoxygénation des océans sur les espèces marines, notamment celles d’intérêt économique comme le bar. Dans ce projet, nous nous proposons donc d’étudier les mécanismes physiologiques à la base de la tolérance à l’hypoxie chez le bar européen (Dicentrarchus labrax).

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Dans le contexte des effets du changement global sur l’écosystème marin, ce projet permettra de valider un nouvel outil pertinent pour étudier la tolérance des poissons à la désoxygénation.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Tandis que n=90 poissons seront maintenus en condition de normoxie (c’est-à-dire dans une eau normalement oxygénée), n=90 poissons seront placés en condition d’hypoxie modérée (teneur en oxygène réduite à 50% sur 48h). Ils seront maintenus dans ces conditions de désoxygénation durant au moins 6 semaines avant le début des tests de nage. Ensuite, les poissons (n=32 « normoxie » et n=32 « hypoxie ») subiront chacun 1 test en tunnel de nage. Chaque individu sera pêché rapidement, sans anesthésie préalable (pour éviter la sédation répétée des congénères) puis transféré du bac d’élevage vers le tunnel (en quelques dizaine de secondes) dans un seau opaque avec couvercle. Le poisson sera introduit dans le tunnel de nage puis laissé au calme durant 1h avec un faible courant d’eau pour s’habituer doucement au tunnel avant l’exercice plus intense. La période d’exercice de nage durera de 1 à 2h selon la vitesse de nage testée (faible, moyenne ou élevée). Dans la mesure où nous imposerons au poisson de nager, en réduisant éventuellement l’oxygénation du milieu, le test en tunnel de nage est classé procédure sévère.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les nuisances attendues sont les suivantes : – une fatigue physique des animaux qui pratiqueront le test de nage (durée du test : 1 à 2h selon la vitesse de nage imposée) – des malaises si certains d’entre eux présentent des anomalies cardiaques (lorsqu’elles surviennent, les crises sont soudaines, brèves et généralement létales) – du stress lié à la manipulation de gravité légère (pêche, introduction dans le tunnel), lié au changement d’environnement (bac d’élevage versus tunnel de nage) ou encore lié à l’exercice physique lui-même (notamment lors de la nage imposée à vitesse soutenue de 4-6 longueurs corporelles/seconde, maintenue en moyenne 10 minutes avant épuisement). Nous précisons que la pêche du poisson et son transfert dans le tunnel de nage ne devraient pas excéder quelques dizaines de secondes dans la mesure où la salle d’expérimentation est attenante au hall d’élevage. L’émersion de l’animal ne devrait pas durer plus de quelques secondes, juste le temps des transferts du bac d’élevage au seau (

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Le tunnel de nage étant de classe sévère, les n=64 poissons qui auront subi les tests de nage ne pourront pas être réutilisés pour d’autres projets. Par conséquent, ils seront mis à mort à l’issue des expériences. Les animaux du projet qui n’auront pas subi les tests en tunnel de nage (n=116 poissons restants) seront gardés en vie et intégrés dans d’autres projets.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

L’économie du modèle animal ne pourra pas être faite dans la mesure où les processus étudiés s’appliquent à l’organisme vivant, dans son intégrité et toute sa complexité.

2. Réduction

3R / Réduction :

Les nombres d’animaux envisagés pour ce projet (n=180 en élevage puis n=64 en expérimentation) sont en conformité avec les exigences de Réduction. Ils permettent en effet de tenir compte des contraintes zootechniques et notamment de la densité minimale d’animaux requise pour satisfaire le comportement naturellement grégaire de l’espèce étudiée. Ils permettent aussi de s’assurer de la robustesse de nos analyses statistiques (analyse de variance ANOVA) compte tenu de l’étendue de la variabilité interindividuelle des processus étudiés.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Nous répondrons également aux exigences de Raffinement : tout sera mis en œuvre pour limiter au maximum l’angoisse et la souffrance des animaux expérimentés. Nous manipulerons les animaux avec soin : nous ferons en sorte que la pêche à l’épuisette soit réalisée rapidement et en perturbant le moins possible les autres animaux (sans trop d’agitation de l’eau). Le poisson sera transporté dans un seau opaque avec couvercle et nous veillerons à ce qu’il ne soit émergé que très transitoirement, juste le temps d’être transféré du bac d’élevage au seau (

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Cette étude sera réalisée chez une espèce de poisson marin, le bar européen (Dicentrarchus labrax). Il s’agit, depuis plusieurs années, du modèle d’étude privilégié par notre groupe de recherche. Nous en maîtrisons parfaitement l’élevage et possédons des compétences zootechniques telles que nous pouvons garantir un excellent état de santé et de bien-être de nos animaux. Nous possédons par ailleurs des connaissances affirmées sur la physiologie et le comportement de ce poisson. Enfin, il s’agit d’une espèce commercialement exploitée et, à ce titre, les connaissances sur sa capacité à répondre aux contingences environnementales futures sont indispensables pour gérer durablement cette ressource à forte valeur économique. Les bars utilisés dans ce projet seront au stade juvénile (poissons âgés d’environ 1 an et n’ayant pas encore atteint la maturité sexuelle – maturation sexuelle atteinte à 3 ans chez les bars mâles et 5 ans chez les bars femelles).