Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

17 brebis vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, puis réutilisées. Chacune subit une ovariectomie et la pose d’un implant d’estradiol sous anesthésie, la pose répétée de cathéters dans la veine jugulaire et jusqu’à 24 prélèvements de sang sur dix heures, répétés six fois, pour tester des analogues de kisspeptine destinés à maîtriser la reproduction des animaux d’élevage. Le porteur présente ce projet comme une piste pour supprimer les traitements hormonaux qu’il juge éthiquement contestables. Il affirme que la reproduction ne peut s’étudier que sur organisme entier et que le passage à l’animal reste incontournable.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Actuellement, la maîtrise de la reproduction des animaux d’élevage repose principalement sur la stimulation de l’ovulation par des hormones. Des systèmes considérés plus « naturels », tel l’effet mâle, sont aussi utilisés mais leur efficacité est moindre. Pour différentes raisons, ces deux approches ne répondent pas de façon satisfaisante aux attentes sociétales (absence de contaminant dans les produits consommés et de pollution de l’environnement) et à celles des producteurs (efficacité et rentabilité). Nous avons, dans un projet précédent, développé des analogues à partir d’un neurotransmetteur endogène, la kisspeptine (Kp) comme piste originale pour réduire voire éliminer l’utilisation d’hormones. Ce neurotransmetteur joue un rôle clé dans la stimulation de la reproduction, mais son instabilité métabolique, et par conséquent sa durée d’action trop courte, empêche son utilisation sur le terrain. Nous avons donc conçu et synthétisé des analogues avec une durée d’action plus importante que la molécule naturelle. Le présent projet vise à étudier l’effet de différentes formes de Kp humaine sur la fonction de reproduction des brebis, pour développer l’analogue le plus efficace possible.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Les bénéfices attendus sont 1) comprendre la différence d’effet de différentes isoformes de Kp entre deux organismes, 2) mettre en place une forme de Kp optimale pour stimuler la reproduction de la brebis et 3) développer un outil permettant de maitriser la reproduction des animaux d’élevage (notamment ici, la brebis). De façon plus globale, ce projet vise à élaborer une stratégie d’élevage des animaux de rente avec une meilleur prise en compte du bien-être animal et des attentes sociétales en supprimant les traitements hormonaux et en trouvant des alternatives aux traitements actuellement mis en place et éthiquement contestables.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

– Ovariectomie et pose d’implant d’estradiol sous anesthésie générale sur 17 brebis (environ 2 heures) – Retrait d’implants d’estradiol sous anesthésie générale sur 17 brebis – Pose et dépose de cathéters dans la veine jugulaire sur animal vigile : 2 fois chez 17 brebis – Prélèvements de sang sur animaux vigiles par ponction de la veine jugulaire via un cathéter : 24 prélèvements sur 10h pour 17 brebis, répété 6 fois.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

La kisspeptine est une molécule employée à de nombreuses reprises dans notre laboratoire dans le cadre de projets antérieurs. De plus, le peptide et ses effets sont très bien décrits chez les mammifères, et notamment chez les ovins. D’après notre expérience, suite à une injection aigüe de kisspeptine aucune nuisance ou effet indésirable n’est observé. En termes de manipulation des animaux, les chirurgies, injections et prises de sang sont des manipulations maitrisées par le laboratoire et réalisées par du personnel expérimenté. Cependant, des effets peuvent être observés, notamment suite à l’ovariectomie ou la pose des cathéters, des douleurs, perte de poids et perte de mobilité peuvent apparaître mais sont anticipés par l’injection d’analgésiques au moment des procédures.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Les animaux auront été ovariectomisés, soumis à l’implantation d’un cathéter dans la jugulaire et injectées avec des isoformes de kisspeptine avec une durée de vie courte (de l’ordre de quelques minutes/heures), les animaux pourrons alors aisément être réutilisés ou replacés.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

La reproduction est un mécanisme physiologique intégré extrêmement complexe qui ne peut être étudié que par une approche in vivo. Il en est de même pour toutes les études visant à la contrôler. Notre niveau de connaissances actuelle est largement insuffisant pour espérer mettre en place par exemple une approche de modélisation informatique afin de prédire comment le système répond à un stimulus donné ou pour une quelconque approche de substitution, comme des cultures cellulaires, capable de reproduire les phénomènes complexes d’intégration qui ont lieu au niveau de l’organisme entier. Cependant, l’activité des molécules à tester in vivo dans ce projet a déjà été caractérisée in vitro. Le passage à l’animal reste incontournable en l’état actuel de nos connaissances.

2. Réduction

3R / Réduction :

Notre protocole expérimental a été mis en place de sorte à réduire au maximum le nombre d’animaux utilisés. A la lumière des études publiées dans le domaine et de notre expérience, il nous sera nécessaire de constituer des groupes de 7 animaux par traitement. Dans le souci de réduire au maximum le nombre d’animaux utilisés ainsi que le nombre d’injections et de prise de sang réalisées sur chaque animal, nous prévoyons de tester plusieures molécules par animal à minimum 3 jours d’intervalle. Cet intervalle de temps permettra de laisser le temps aux molécules injectées de ne plus être détectable dans le sang et de pouvoir tester la molécule suivante sans crainte d’avoir une interaction avec la molécule précédente. Chaque groupe test d’une forme de Kp (composé de 7 animaux) sera comparé avec un groupe contrôle (composé de 17 animaux répartis sur chaque série de tests) pour assurer la validité scientifique et la puissance statistique nécessaire.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les animaux seront hébergés en groupe et seront également en groupe lors des procédures afin de minimiser au maximum le stress lié à la contention dans des cages individuelles qui sont souvent employées pour ce genre de procédures. Les méthodologies utilisées dans le cadre de ce projet ne dépasseront pas une douleur de classe modérée et nous mettrons en œuvre tout notre possible afin de garantir le bien-être de l’animal en lui apportant les soins adéquats en fonction des besoins. Dans cet optique, les animaux seront visités au moins une fois par jour avec contact direct ou non (sans réalisation de procédure), permettant l’habituation de l’animal à l’expérimentateur et un suivi du bien-être des animaux. Un suivi journalier sera mis en place tout au long de la période d’expérimentation pour évaluer l’état de bien-être des animaux en s’assurant que les points limites ne soient pas atteints. Le comportement (notamment isolement) et l’apparence des brebis (notamment au niveau des plaies chirurgicales et implantation du cathéter) sera suivi avec attention et les animaux seront pesés (en prêtant attention au pourcentage de perte et qu’il ne dépasse pas le seuil critique de 20%) pendant 3 jours après l’ovariectomie. Ce suivi permettra d’évaluer le bien-être des animaux et de décider de l’euthanasie ou le soulagement de la douleur des animaux suivant le stade d’atteinte des points limites (soulagement de la douleur en cas de dégradation d’un critère de comportement et d’apparence, euthanasie en cas d’atteinte du seuil critique des 20% de perte de poids et/ou dégradation de plus de deux critères de comportement et d’apparence). En cas de douleur les animaux seront traités comme suit : Anti inflammatoire non stéroïdien en intramusculaire éventuellement renouvelé 48H après si signes douloureux (baisse d’appétit, prostration, décubitus prolongé). Dans le cas où ces traitements ne résulteraient pas en une amélioration significative de l’état des animaux, ou dans le cas où certains comportements témoignant une douleur seraient détectés (par exemple prostration, décubitus prolongé, anorexie…) les animaux seraient alors euthanasiés par surdosage de barbituriques intraveineux. En cas d’hémorragie post-opératoire (muqueuses pâles), l’animal serait réanesthésié et nous rechercherions le site hémorragique pour procéder à la suture vasculaire.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

La brebis est un modèle largement utilisé pour l’étude de la reproduction chez les animaux d’élevage et nous pouvons nous baser sur une littérature très riche sur ce modèle. Nous avons choisi d’utiliser la race Ile de France pour les brebis parce que c’est le modèle sur lequel nous avons obtenu nos résultats précédents et parce que c’est une race d’élevage d’intérêt économique important. Adulte pour étudier un animal sexuellement développé avec un axe gonadotrope actif.