Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

832 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré. Elles reçoivent une greffe de cellules cancéreuses par injection sous-cutanée ou par chirurgie intra-rénale, puis un traitement quotidien pendant trois semaines par voie orale ou intrapéritonéale, pour tester une combinaison thérapeutique contre le cancer du rein. Le porteur indique une masse tumorale, une possible perte de poids et une déshydratation après chirurgie, et renvoie les bénéfices pour les patients au conditionnel et au long terme. Il affirme que la culture cellulaire ne renseigne pas sur un « organisme complexe vivant » et que le recours à la souris est le « seul moyen » de répondre à ses questions.

NTS-FR-003614v1
Types de recherche
· Cancers · Recherche appliquée ·
Mots-clés
Cancer du rein, nouveau traitement
Souris : 832

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).

Dans quel but fait-on ça ?

Réponse du laboratoire :

On estime à 13 000 le nombre de nouveaux cas de cancer du rein en 2015 en France. Le cancer du rein représente environ 3 % de l’ensemble des cancers. L’âge moyen au moment du diagnostic est 65 ans. Il est classé 14e cancer le plus fréquent chez la femme et 9e chez l’homme. La chirurgie est le traitement de référence, les traitements par chimiothérapies, ainsi que la radiothérapie peuvent être réalisés mais les cellules cancéreuses du rein sont généralement résistantes à ces traitements. C’est pourquoi il est important de trouver de nouveaux traitements. Nous avons identifié des nouvelles cibles impliquées dans la résistance à la chimothérapie. Nous souhaitons démontrer in vitro et in vivo qu’un inhibiteur de ces cibles, déjà utilisé en clinique, en combinaison avec la chimiothérapie présenterait un effet anti-tumoral synergique en favorisant l’apoptose mais aussi en stimulant l’immunité antitumorale.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).

Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ?

Réponse du laboratoire :

Si notre nouveau traitement est efficace nous devrions observer une diminution de la taille de la tumeur chez les souris traitées, voire même une disparition complète de la tumeur. Les résultats de ce projet permettront de mieux comprendre les mécanismes de résistances aux traitements au cancer du rein. A terme ce projet permettra de proposer une nouvelle ligne de traitement du cancer du rein et ainsi augmentera les chances de survie des patients atteints de ce cancer.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Cruelty Free International a établi en 2018 que les résumés allemands et britanniques, les seuls examinés à ce jour, décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).

Le droit d'accès aux documents

Réponse du laboratoire :

Les souris seront soumise à une greffe de cellules par injection sous cutanée (20 secondes /souris y compris contention) ou intra-rénal avec chirurgie (20min/ souris y compris anesthésie). Elles seront traitées quotidiennement pendant 3 semaines par voie orale (10 secondes /souris y compris contention) ou par injection intrapéritonéale (5 secondes /souris y compris contention) avec une chimithérapie.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Cruelty Free Europe a mesuré en 2024 que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces deux pays sont les seuls dont les résumés ont été examinés. Les résumés français relèvent du même modèle européen, et leur qualité n'a jamais été mesurée.

Les animaux souffrent-ils ?

Réponse du laboratoire :

Les nuisances attendues sur les animaux sont la présence d’une masse tumorale, une possible perte de poids (mais pas obligatoire) d’une fatigue et d’une déshydratation suite à la chirurgie.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.

Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ?

Réponse du laboratoire :

A la fin de l’expérience tous les animaux sont tous euthanasiés car ils ne peuvent pas rentrer dans une nouvelle procédure et un prélèvement de la tumeur résiduelle est nécessaire.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.

Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ?

Réponse du laboratoire :

L’alternative possible à l’utilisation d’animaux est l’utilisation de cellules en culture. Cependant cette alternative ne permet pas de connaitre les effets de nos traitements sur un organisme complexe vivant, ni de déterminer le rôle du système immunitaire dans le traitement du cancer, ni de mimer la pathologie existante chez l’Homme. Ainsi l’utilisation d’animaux est le seul moyen de répondre aux questions scientifiques de notre projet sur le cancer du rein.

2. Réduction

Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.

Qui est concerné ?

Réponse du laboratoire :

Les biostatisticiens nous conseillent de travailler avec 10 animaux. Ce nombre d’animaux par groupe ne doit pas être vue comme une augmentation de la quantité d’animaux nécessaires, mais au contraire comme une réduction, les données statistiques seront plus solides, et donc il n’y aura pas la nécessité de reproduire l’expérience. Pour analyser l’effet des différents traitements sur la croissance tumorale, il y aura 2 étapes d’analyse : la croissance tumorale et l’analyse de la survie.

3. Raffinement

Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.

La réglementation est-elle « très stricte » ?

Réponse du laboratoire :

Les mesures destinées à réduire la contrainte, la souffrance et l’angoisse des animaux prévues dans le cadre de notre expérimentation sont: la présence de coton ou « petites maisons » afin de créer un enrichissement de l’hébergement pour limiter les bagares liées aux problèmes de dominances, les souris seront hébergées en zone SOPF, cette zone permet au statut dommageable de ne pas apparaitre. Les mesures destinées à réduire la douleur mises en place sont : un suivit quotidien afin de surveiller l’état général des animaux, une anesthésie par inhalation d’isoflurane sera nécessaire lors de la greffe orthotopique, si la souris est déshydratée, nous réalisons une injection sous cutanée de NaCl, pour gérer la douleur, nous utilisons des analgésiques : buprenorphine 0,05 à 0,1 mg/Kg deux fois par jour en cas de signe de douleur jusqu’à une durée de 5 jours max en sous cutanée (volume injecté 5 ml/Kg), en cas de perte de ou de difficultés à se nourrir, nous ajouterons de la nourriture gélifiée, en cas de baisures liées à des « bagarres » entre les animaux nous désinfecterons avec Bétadine+Dakin et nous observerons cette souris quotidiennement.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.

Spécisme et expérimentation animale

Réponse du laboratoire :

Les souris sont le meilleur modèle représentatif de l’homme pour ce type d’expérience, et le moins onéreux. Nous utiliserons des souris immunocompétentes (fond génétique BALB/c) pour greffer des cellules de cancer du rein murines et des souris immunodéprimées (fond génétiques Nude ou NSG) pour les greffes de cellules tumorales humaines. Les animaux utilisés seront les mâles et femelles adultes (>6 semaines) car le cancer du rein étudié est présent chez l’adulte.