
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 16/01/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-464452)
160 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Elles subissent une chirurgie de lésion cérébrale d’environ une heure trente reproduisant la maladie de Parkinson, puis sept tests comportementaux évaluant les seuils de douleur et les déficits moteurs. Le porteur indique que la douleur liée au modèle « ne peut être soulagée, car c’est l’objectif de l’étude », et attend perte de poids, déficits moteurs et douleurs post-chirurgicales. Il affirme que la caractérisation de la douleur dans Parkinson nécessite une observation comportementale « uniquement possible chez l’animal vivant et vigile ».
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La maladie de Parkinson est caractérisée par une perte progressive des neurones dopaminergiques localisés dans la substance noire compacte. Cette maladie est classiquement associée à des symptômes moteurs, cependant il est maintenant reconnu que de nombreux symptômes non moteurs, incluant la douleur, sont très communs. Les symptômes douloureux peuvent être observés chez environ 85 % des patients Parkinsoniens. Le seuil de douleur est également altéré chez les patients Parkinsoniens, présentant ou non des symptômes de douleur. Ces douleurs sont négativement associées avec la qualité de vie des patients, en ayant un impact plus fort que les symptômes moteurs. Ces symptômes de douleurs sont donc un souci majeur dans la prise en charge de la maladie. Les douleurs centrales dans la maladie de Parkinson suggèrent que les circuits cérébraux permettant de percevoir et traiter les informations douloureuses pourraient être dysfonctionnels. Cependant, bien que des traitements nociceptifs anormaux aient été reportés dans certaines structures cérébrales impliquées dans la douleur, il n’y a à ce jour aucune hypothèse pathophysiologique permettant de les expliquer. Notre objectif est d’étudier les mécanismes physiopathologiques corticaux et sous-corticaux à l’origine de la douleur liée à la maladie de Parkinson, en utilisant des approches lésionnelles et comportementales.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
le but de se projet est de révéler de nouvelles cibles thérapeutiques, potentiellement différentes chez le mâle et la femelle, pour traiter les douleurs associées à la maladie de Parkinson chez l’homme.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux subiront une chirurgie lésionnelle d’une durée d’1h30 environ et 7 test comportementaux. Après un repos post chirurgical de 3 semaines les animaux subiront au maximum 1 test par jour et l’ensemble des tests sera reparti sur 3 semaines. Ces tests auront pour objectif d’évaluer les seuils de nociception ou bien les déficites moteurs. La durée des tests peut aller de 10 minute à 20 minutes.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
La présence de douleur liée à la modélisation de la maladie de Parkinson ne peut être soulagée, car c’est l’objectif de l’étude. Les lésions dopaminergiques peuvent entrainer une perte de poids attendue et des déficits moteurs eux aussi attendue. Des douleurs post-chirurgicales au niveau du crâne sont également attendus aini que des douleurs inflammatoires.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
les animaux seront mis à mort pour prélèvement
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Au vu de notre thématique d’étude, il nous est malheureusement impossible de remplacer notre modèle in vivo par un modèle in vitro ou in sillico. En effet, la caractérisation de la douleur dans la maladie de parkinson nécessite une observation comportementale, uniquement possible chez l’animal vivant et vigile.
2. Réduction
Les expériences seront réalisées avec la volonté de réduire autant que faire se peut le nombre d’animaux par condition expérimentale, mais toujours dans l’optique d’obtenir le maximum d’information scientifique par test. Chaque groupe expérimental explorant les comportements douloureux et moteurs liés à la maladie de Parkinson sera constitué afin d’assurer d’un échantillonnage intra groupe suffisant et au moins deux séries d’expérience par test seront réalisées afin de s’assurer de la reproductibilité de nos résultats. Au regard de la littérature, de la variabilité phénotypique interindividuelle, le nombre d’animaux a été établi pour obtenir des résultats statistiquement fiables et robustes.
3. Raffinement
Les animaux sont hébergés en animalerie dont la température, l’humidité et le cycle jour/nuit sont contrôlés. La nourriture et boisson sont disponibles ad libitum. Ils seront hébergés en cohorte de 4 ou 5 individus pour respecter leurs besoins sociaux. Des carrés de coton seront placés dans la cage pour favoriser la nidation, et des barreaux de bois à ronger pour limiter les comportements d’agressivité. Nous travaillerons en cycle jour/nuit (lumière allumée de 8h à 20h). Les animaux seront observés tous les jours et leur comportement sera suivi afin de déceler tout signe d’inconfort ou de stress. Lors des chirurgies des méthodes d’anesthésie et d’analgésie sont utilisées. Des points limites ont été etablis permettant de soustraire l’animal à la souffrance . Si de nouvelles approches moins stressantes ou douloureuses pour l’animal venaient à être mises au point, une concertation avec la structure du bien etre animal pourra être réalisée afin d’intégrer ces nouvelles pratiques.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le modèle lésionnelle de maladie de Parkinson utilisé dans cette étude a été caractérisé et validé pharmacologiquement chez la souris. De plus, pour de futures études, de nombreuses lignées de souris transgéniques existent et sont disponibles ce qui nous permettra de répondre de façon précise la question des mécanismes physiopathologiques impliqués dans cette comorbidité maladie de Parkinson/douleur. Etant donné que l’étude de comportements nécessite des systèmes neurobiologiques totalement matures, des animaux adultes seront utilisés pour les tests comportementaux