
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 16/01/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-609077)
1 040 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance allant de léger à sévère. Une tumeur cancéreuse leur est injectée sous la peau, suivie de quatre injections d’un vaccin combinant virus atténué, anticorps et fragment d’ADN sélectionné par intelligence artificielle. Le porteur indique que la tumeur peut s’ulcérer, provoquer douleur et détresse et se propager aux poumons, à l’abdomen, au cerveau et aux genoux. Les bénéfices annoncés pour de futurs essais cliniques sont présentés comme « essentiels », l’objectif immédiat restant de vérifier la réponse immunitaire induite par le vaccin.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Nous souhaitons vérifier la capacité du traitement que nous avons développé à produire des réponses immunitaires permettant de contrôler l’évolution du cancer. Ce traitement consiste en un virus atténué, un anticorps et un fragment d’ADN qui contient des informations sur des mutations génétiques retrouvées au sein de la tumeur que l’on veut traiter. Le choix de ces mutations est réalisé à l’aide d’outils reposant sur l’intelligence artificielle et ce projet nous permettra également de vérifier l’efficacité des mutations choisies par les algorithmes que nous utilisons.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Nous attendons des bénéfices à deux niveaux à la suite de l’exécution de ce projet : – La meilleure compréhension de la réponse immunitaire induite par notre vaccin contenant les molécules cibles, et l’analyse des réponses favorables au contrôle de la tumeur permettra potentiellement d’améliorer notre vaccin – Ces données sont essentielles pour les futurs essais cliniques chez l’humain et tester la sureté et l’efficacité de notre vaccin pour soigner des patients atteints de cancer
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les souris seront injectées une fois sous la peau avec les cellules de cancer sous anesthésie générale. L’anesthésie dure environ 5 minutes et l’injection 30 secondes. Elles seront aussi injectées 4 fois sous la peau avec notre vaccin sans qu’une anesthésie ne soit nécessaire. Le geste dure environ 30 secondes.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
La tumeur peut gêner au déplacement de l’animal. La tumeur peut ulcérer et causer douleurs et détresse à l’animal. Le cancer peut se propager à différents endroits de l’organisme. Ce point concerne surtout le modèle de cancer du sein qui peut se répandre aux poumons, dans l’abdomen, au cerveau et aux genoux. Cela peut alors perturber le comportement de l’animal, sa respiration ou ses déplacements
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront mis à mort à la fin des procédures afin de procéder au prélévement des organes où s’initie la réponse immunitaire et, le cas échéant, des tumeurs.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Nous voulons étudier les mécanismes mis en œuvre par notre système immunitaire d’une part et par la tumeur d’autre part, ainsi que l’interaction entre ces deux entités. Cette interaction nécessite l’intervention de nombreuses cellules différentes provenant d’organes différents. Cette complexité requiert pour l’heure des études chez l’animal pour évaluer et comprendre les phénomènes mis en jeu.
2. Réduction
Pour les études de survie chez les souris atteintes de cancer où nous réaliserons des comparaisons 2 à 2 avec un test statistique adéquat, le nombre de souris nécessaires par groupe est de 20 pour avoir 70% de chances de détecter l’effet recherché. Concernant les autres études, pour avoir 90% de chance de détecter l’effet de notre vaccin en utilisant un test statistique adéquat, nous avons besoin de 9 souris par groupe. Le dosage des composés de notre vaccin est basé sur l’art antérieur issu de la littérature et de nos données propres.
3. Raffinement
Les animaux seront hébergés dans des cages disposant de matériel de nidification et de bâton à ronger. Le déplacement des animaux, notamment lors des changements de cages, seront réalisés à l’aide de tunnels transparents afin d’éviter au maximum une prise en main stressante pour l’animal. Des pellets de nourriture seront ajoutés au fond de la cage des souris présentant des tumeurs au moindre doute que celles-ci puissent gêner l’accès des souris à la mangeoire et donc leur prise de nourriture. L’observation des animaux sera effectuée tous les jours et un suivi attentif des animaux sera assuré trois fois par semaine, à partir de 7 jours après l’injection des cellules tumorales. Nous effectuerons tout d’abord une observation simple de l’animal, il sera alors jugé de la qualité de son toilettage, de sa posture, de son expression faciale et de sa démarche, à la recherche de signes de douleur potentiels. L’animal sera ensuite pesé en utilisant le tunnel transparent pour le transfert dans le bol de pesée. Cette pesée permettra de détecter toute difficulté à la prise alimentaire et/ou toxicité inattendue du traitement. A partir de 7 jours après l’injection des cellules cancéreuses, les souris pourront être palpées à la recherche de tumeur au site d’injection ou, à la recherche d’une dissémination du cancer. Des points limites ont été mis en place et ces examens réguliers nous permettrons, le cas échéant, de soustraire l’animal à la souffrance.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris est un modèle de référence en immunologie ainsi qu’en immuo-oncologie et de nombreux outils permettant de caractériser les réponses immunitaires sont disponibles dans cette espèce. De plus, cette espèce dispose de nombreuses ressources en oncologie et notamment des modèles de cancer utilisés dans ce projet. Les souris seront de jeunes adultes (6-8 semaines) ce qui correspond à un stade où le système immunitaire est pleinement mature et fonctionnel. Les animaux ne sont pas choisis plus âgés pour limiter les effets de la dégénérescence immunitaire.