
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-01-19 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-446707)
170 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles reçoivent une greffe de cellules tumorales sous la peau, puis trois injections de traitement par semaine pendant huit semaines, avec un suivi de la tumeur au pied à coulisse. Le porteur teste un pro-médicament censé cibler le métabolisme des cellules cancéreuses, les retombées thérapeutiques restant renvoyées à de futures approches. Sur le remplacement, il affirme qu’il est « absolument nécessaire » de recourir à un modèle in vivo, aucune méthode ne reconstituant selon lui la complexité du système immunitaire.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les cellules tumorales sont souvent caractérisées par un niveau élevé des espèces réactives de l’oxygène mais aussi par des composants cellulaires déficients (mitochondries). C’est pourquoi les cibler simultanément représente une stratégie de traitement intéressante. Des expérimentations in vitro ont permis de déterminer qu’un agent ciblant les espèces réactives et les mitochondries a une action cytotoxique sur des lignées cancéreuses et induit la production d’espèces réactives mitochondriales. Nous souhaitions confirmer in vivo l’effet anti-tumoral de ce composé. L’analyse des tumeurs après traitement nous informera sur la capacité de cette molécule à stimuler les réponses immunitaires anticancéreuses et donc à rétablir une immunosurveillance défaillante caractéristique des tumeurs. Si notre hypothèse est validée, nous testerons aussi l’effet de cet agent en présence d’une chimiothérapie immunogène et stimulant le système immunitaire.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
. Ce projet permettra de valider in vivo l’application thérapeutique d’une nouvelle classe de molécule en ouvrant ainsi des nouvelles approches thérapeutiques.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Toutes les souris recevront des injections de cellules tumorales une fois. Cette procédure durera en moyenne 5 min. Par la suite, les souris seront manipulées brièvement 1min à chaque fois pour mesurer la croissance tumorale. Tous les animaux recevront 3 injections de traitement sous anesthésie locale par semaine, pendant 8 semaines. L’injection prend 1 min.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les nuisances découleront des interventions et greffes suite à une injection sous-cutanée de cellules tumorales sous anesthésie, des injections de traitements intra péritonéaux par contention de l’animal avec anesthésie locale, des suivis de croissance tumorale par contention de l’animal vigile à l’aide d’un pied à coulisse 3 fois par semaine. Ces différentes manipulations pouvant entrainer du stress chez l’animal. Les traitements chimiotherapeutiques peuvent entrainer une perte d’appétit et donc une perte de poids chez la souris.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Toutes les souris ayant reçu des cellules cancéreuses, elles seront euthanasiées en fin de procédure.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Nous avons besoin de réaliser des expériences in vivo chez la souris afin de pouvoir confirmer nos données obtenus in vitro. Ce projet ayant pour objectif de tester si notre composé induit une réduction de la croissance tumorale et une activation du système immunitaire, il est nécessaire d’utiliser un modèle mimant le plus fidèlement possible l’environnement tumoral et le système immunitaire. Il est actuellement impossible de reconstituer un système immunitaire in vitro/ex vivo du fait de sa complexité. Il est donc absolument nécessaire pour ce projet d’utiliser un modèle in vivo.
2. Réduction
Pour la réalisation de cette étude, nous utiliserons des groupes de d’une taille permettant une évaluation statistique solide des effets analysés. Le calcul de puissance nous a permis de calculer le nombre de souris nécessaires par groupe . Nous regrouperons les expérimentations dans le but de réduire le nombre d’animaux témoins. L’étude sera arrêtée si les expériences initiales ne confortent pas l’hypothèse de travail.
3. Raffinement
Les animaux seront acclimatés pendant une semaine avant le début des expériences puis suivis quotidiennement. Le poids des souris sera mesuré avant le début des traitements, et plusieurs fois par semaine lors de l’expérience de croissance tumorale. Concernant l’enrichissement du milieu, les animaux disposeront de nids, de tunnels en carton. Le stress des animaux sera évalué quotidiennement par des échelles d’hétéroévaluation. Des mesures seront prises pour limiter le stress: plusieurs souris par cage pour un hébergement en groupes sociaux,, animaux hébergés au calme. Les interventions seront réaliséés sous anesthésie générale ou locale selon le geste à l’écart des animaux hébergés et par des personnes expérimentées. Des points limite ont été définis et seront strictement appliqués.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Plusieurs justifications d’ordre scientifique, pratique et éthique sont à la base du choix de la souris comme modèle préclinique, notamment le fait que la souris est l’animal de laboratoire le plus couramment utilisé par la communauté scientifique internationale. Cela permet de travailler sur un modèle de mammifère suffisamment petit pour en avoir un certain nombre, suffisamment grand pour une mise en place des méthodologies envisagées relativement aisée et dont la génétique est la mieux connue. La souris est le modèle le plus utilisé dans notre centre de recherche, ce qui offre de nombreux avantages en termes d’élevage, d’animaleries, d’expertise en techniques d’expérimentation animale ainsi que le suivi microbiologique et vétérinaire des animaux. De plus, la pratique expérimentale que nous avons acquise sur cette espèce est désormais confirmée. Les animaux sont utilisés au stade adulte (à partir de 7 semaines) afin de disposer d’un organisme avec un processus de développement terminé et un système immunitaire mature.