
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 06/02/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-234608)
1 404 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant des niveaux de souffrance modérés à sévères, la majorité en gravité sévère. Elles reçoivent trois injections d’un candidat vaccin, une infection respiratoire à Pseudomonas aeruginosa et des prélèvements sanguins répétés, l’infection provoquant perte de poids, baisse de mobilité et troubles respiratoires. Le porteur euthanasie les animaux sept jours après l’infection pour étudier la réponse immunitaire. Le passage éventuel à des essais cliniques chez l’humain est renvoyé au conditionnel.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Pseudomonas aeruginosa (P.a) est une cause majeure d’infections nosocomiales, d‘infections respiratoires chroniques et de comorbidités chez les personnes atteintes de mucoviscidose, de bronchectasie (maladie chronique entrainant une dilatation des bronches) ou de maladie pulmonaire obstructive chronique, et elle provoque des infections aigües dramatiques chez les personnes immunodéprimées (personne dont les défenses immunitaires sont affaiblies). Cette bactérie devient progressivement multi-résistante aux antibiotiques et représente une menace considérable pour la santé publique. Par conséquent, le développement d’un vaccin préventif contre cette bactérie devient indispensable. L’objectif de ce projet est.de tester l’effet d’un nouveau candidat vaccin contre les infections respiratoires à P.a chez la souris et de caractériser les réponses immunes mises en jeu.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Si les effets de ce candidat vaccin sont avérés chez la souris, ce projet préclinique pourrait permettre la mise en place d’essais cliniques visant à prévenir l’infection pulmonaire à P.a chez L’Homme atteint ou non de mucoviscidose.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Pour l’ensemble des souris étudiées, trois injections sont réalisées. Ces injections contiennent soit le candidat vaccin ou le vaccin contrôle ou une solution saline. Ces injections durent moins de 30 secondes et sont effectuées sur les animaux vigiles. Dans ce projet 85% des souris seront infectées par voie oro-pharyngée, 10 jours après le dernier rappel vaccinal. Cette infection unique dure moins de 5 minutes et est réalisée chez l’animal anesthésié. Pour tous les animaux, juste avant la première immunisation, nous réaliserons un prélèvement sanguin de quelques microlitres à la veine sous-maxillaire. Ce prélèvement dure moins d’une minute. Il est répété après 15j et après 1 mois.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
L’injection des candidats vaccins ou une solution saline n’est pas douloureuse mais peut entrainer une perte de poids très modérée durant 24h. Les prélèvements sanguins itératifs peuvent présenter un risque hémorragique. Notre expérience nous indique qu’à la suite de l’infection respiratoire aigüe, nous observerons une perte de poids progressive, une réduction de la mobilité, une négligence du toilettage et des troubles respiratoires modérés chez les animaux chez lesquels l’infection pulmonaire se développera. Pour les animaux infectés par une dose plus faible de Pa, nous observerons une perte de poids variable en fonction de la dose de P.a. limitée, suivie d’une résolution de l’infection. Une constipation chronique peut être observée.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Dans le cadre de cette étude visant à caractériser la réponse immunitaire des souris, il est important d’euthanasier les animaux 7j après le dernier rappel vaccinal ou 7 jours après l’infection pour pouvoir étudier les réponses immunes cellulaires et humorales, tissulaires et périphériques.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les connaissances issues de cette étude sur l’animal ne peuvent pas être actuellement obtenues autrement qu’à l’échelle de l’organisme vivant compte-tenu de la complexité physiologique de 1- la pathologie respiratoire liée à l’infection par la bactérie pseudomonas aetuginosa, 2- des réponses immunes développées suite à une vaccination et une infection.
2. Réduction
Nous avons réduit le nombre de souris utilisées au minimum nécessaire et suffisant pour valider scientifiquement notre étude du point de vue de l’analyse statistique. Ainsi, le nombre d’animaux est limité à 6 par groupe et les expériences sont répétées 3 fois pour être en mesure d’appliquer les tests statistiques adéquats.
3. Raffinement
Une attention toute particulière sera portée sur le bien-être des animaux par une surveillance journalière qui sera assurée par le personnel de l’animalerie, en complément à celle des expérimentateurs. Cette surveillance sera renforcée pour les souris qui subiront une infection aigüe. L’ensemble des actes (prélèvement sanguin, immunisation, infection oropharyngée) seront réalisés par du personnel qualifié et expérimenté. Une grille d’évaluation des signes cliniques (prenant en compte l’apparence physique, le poids, le comportement ou la progression de la maladie) sera renseignée deux fois par jour pour les animaux qui subiront une infection aigüe, une fois par jour pour les animaux qui subiront une infection subaigüe et 3 fois par semaine pour les souris immunisées sans être infectées. En cas d’atteinte des points limites définis, un antalgique pourra être administré. Si l’état de l’animal ne s’améliore pas après 4h, l’animal sera euthanasié
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les souris sont largement utilisées dans l’étude des mécanismes des pathologies humaines. 1- la souris est un animal sensible à l’infection respiratoire à P.a et 2- des souris génétiquement modifiées sont disponibles et sont de très bons modèles de mucoviscidose humaine. La souris est un mammifère de petite taille dont la génétique et le comportement sont parfaitement connus. Cela permet de mesurer très facilement le bien-être, la souffrance et l’angoisse des animaux et de pouvoir y remédier le cas échéant . Les souris utilisées seront âgées de 6-8 semaines. Nous avons choisi cet âge parce qu’il correspond à la maturité du système immunitaire murin. L’historique de la littérature scientifique du domaine montre que les souris de cet âge sont le plus communément utilisées dans un contexte d’immunisation et/ou d’infection.