Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

20 béliers vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, puis vermifugés et replacés via une association. Ils sont infestés à répétition par un ver parasite hématophage sur 21 mois, avec jusqu’à 129 prélèvements de fèces par animal, pour produire des larves infestantes destinées à des centres de sélection ovine. Le porteur indique que l’infestation provoque une anémie faible, « généralement bien tolérée ». Il présente le recours au petit ruminant comme « nécessaire », aucune production de ces larves n’étant possible in vitro, la finalité étant de réduire à terme l’usage d’antiparasitaires en élevage.

NTS-FR-168362v1
Types de recherche
· Maladies animales · Recherche appliquée ·
Mots-clés
strongles, ovins, parasites, sélection génétique, résistance
Moutons : 20

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Dans les élevages ovins, les parasites du tube digestif, dont notamment les strongles gastro-intestinaux (SGI) peuvent être responsables de troubles sanitaires et de pertes économiques majeures. La lutte contre ces parasites a longtemps reposé quasi-exclusivement sur l’administration régulière de molécules chimiques à activité antiparasitaire aux animaux, mais le développement de résistance à ces produits parmi les populations de vers, les problématiques écologiques liées à leur utilisation et la demande sociétale croissante de réduction des intrants chimiques dans les élevages ont conduit les acteurs de la filière ovine à chercher des moyens de lutte alternatifs. La recherche et la mise en évidence d’un déterminisme génétique de résistance ou de sensibilité aux SGI chez les ovins s’est inscrit dans cette démarche, avec, pour finalité, la sélection d’animaux naturellement moins sensibles au parasitisme. Dans ce contexte, l’objectif du projet est de fournir aux organismes de sélection de la filière ovine, les quantités de larves infestantes d’un espèce de SGI nécessaires à la réalisation d’infestations de béliers reproducteurs afin d’estimer, chez ces individus, l’héritabilité du caractère de résistance, en première et en seconde infestation. La qualification de résistant ou de sensible, attribuée à des ovins, ne s’entend que s’ils ont été soumis à la même pression parasitaire, ce qui n’est pas possible dans les conditions naturelles d’infestation où le nombre de larves infestantes sur les pâtures dépend de facteurs climatiques et est réparti de façon hétérogène, d’où la nécessité de recourir à des infestations contrôlées dans lesquelles le nombre de larves administrées et la durée de l’infestation sont rigoureusement identiques pour tous les individus testés.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Les béliers infestés vont permettre de fournir durablement des larves infestantes d’Haemonchus contortus aux centres ovins engagés dans la sélection d’animaux résistants aux SGI. A long terme, cette démarche doit permettre de diminuer significativement l’utilisation d’antiparasitaires dans les élevages ovins, par diffusion du caractère de résistance aux SGI via des béliers sélectionnés, et donc de réduire leurs effets négatifs sur l’environnement.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Interventions sur animaux vigiles : 1/ drogages par voie orale : au maximum 4 par bélier, correspondant à la vermifugation initiale, avant la première infestation puis les vermifugations à chaque fin de cycle d’infestation (3 au maximum), 3 minutes par intervention 2/ prélèvements de fèces dans le rectum : 1 avant chaque cycle (coproscopie de contrôle d’efficacité de la vermifugation) + 42 par bélier et par cycle d’infestation, soit au maximum 129 par bélier sur 21 mois (3 cycles) ; 3 minutes par prélèvement

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Haemonchus contortus étant un parasite hématophage (qui se nourrit de sang), la dose infestante administrée va induire une anémie faible chez les béliers. Celle-ci est généralement bien tolérée par les animaux ; leur état général ne devrait donc pas être affecté.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

L’infestation expérimentale contrôlée ne devrait pas altérer la santé des animaux. Après vermifugation en fin de procédure, rien ne s’oppose donc à leur replacement par l’intermédiaire d’une association spécialisée (GRAAL).

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Dans le cycle biologique d’Haemonchus contortus, l’hôte définitif, au sein duquel la reproduction sexuée du parasite a lieu, est un petit ruminant (ovin ou caprin). Le recours à une espèce de petits ruminants est nécessaire pour obtenir des larves infestantes d’Haemonchus contortus car il est actuellement impossible d’en produire in vitro ou ex vivo.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre de béliers prévus (n=20) est le minimum nécessaire estimé pour permettre la production d’une quantité suffisante de larves d’Haemonchus contortus pour mener à bien les études sur le déterminisme génétique de la résistance aux strongles gastro-intestinaux, tout en restant à des niveaux d’infestation générant peu de troubles sanitaires chez les animaux et en se réservant la possibilité d’exclure temporairement, si nécessaire, un ou deux individus, sans mettre en péril le projet. Dans le détail, les besoins des organismes de sélection de la filière ovine sont de 20 millions de larves/an. Il est difficile d’avoir une estimation précise, a priori, de la production individuelle de larves car deux facteurs non maitrisables influent sur la production d’œufs par les nématodes présents dans la caillette : le taux d’implantation et l’intensité de la réponse immune de l’hôte. Malgré cette variabilité, d’après l’expérience passée que nous avons de ce modèle et en tenant compte du rendement du processus de coproculture (récupération de seulement 50 % des larves), une production attendue de 1 million de larves/animal/an nous semble réaliste.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les béliers bénéficieront d’une période d’acclimatation de 4 semaines avant d’être infestés expérimentalement. Ils seront hébergés en groupe, sur litière paillée, dans des enclos équipés de brosses sur lesquelles ils pourront se frotter et de filets à foin. La contention et les prélèvements seront effectués par du personnel expérimenté. Au cours des prélèvements, les animaux garderont un contact visuel avec leurs congénères, ce qui limitera le stress.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Les ovins sont des hôtes définitifs naturels d’Haemonchus contortus. Les animaux utilisés seront âgés d’au moins 7 mois. Il s’agit de l’âge à partir duquel ils peuvent supporter une infestation expérimentale avec 10000 larves infestantes d’Haemonchus contortus sans que cela ait un impact sur leur développement staturo-pondéral.