
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 24/03/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-660054)
674 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré. Porteuses d’une mutation liée à l’autisme, elles reçoivent des injections quotidiennes, une partie subissant en plus l’implantation d’une puce, puis sont suivies dans des tests comportementaux nommés, suivi automatisé en cage, test de sociabilité à trois chambres et caresses au pinceau sous enregistrement cardiaque. Le porteur indique que la chirurgie d’implant peut provoquer stress et gêne durant une semaine. Il affirme qu’aucun modèle in vitro ou mathématique ne reproduit la dimension émotionnelle du toucher, et que la souris ne peut être remplacée, les retombées pour les personnes autistes restant lointaines.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’objectif de ce projet est de mettre en évidence l’importance du toucher affectif et social dans les troubles du spectre autistique et son rôle potentiel en tant que thérapie dans ce genre de trouble neurodéveloppementaux
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet permettre de mettre en évidence l’effet du toucher dans le neurodéveloppement et son rôle dans les troubles neurodéveloppement tel que les troubles du syndrome autistique (TSA). Si l’hypothèse de vase est validée, cela permettra à court terme de réduire les déficits des animaux atteint de ce syndrome par nos différentes approches. A long terme ce projet permettra de proposer des interventions sur les patients autistiques basé sur le toucher affectif ou une approche pharmacologique afin de réduire les déficits liés au TSA.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
544 animaux recevront des injections intrapéritonéales quotidienne pendant 7à 10 jours sous anesthésie gazeuse (5 minutes) pour limiter la souffrance et le stress des animaux. 302 animaux subirons en plus une petite chirurgie unique (5 minutes) sous anesthésie gazeuse pour implanter des puces d’identification radio (puce RFID) en sous-cutanés à l’aide d’un trocart. Ces animaux seront ensuite testé dans le système du live mouse tracker (ou LMT) et dans le test d’interaction social sans aucune intervention autre que le déplacement de l’animal dans la cage du LMT (enregistrements uniques de 120h) et du test de sociabilité à trois chambres de (enregistrement uniques de 30 minutes). Le système du Live mouse tracker (LMT) a été spécialement conçu pour permettre le suivi, l’identification et la caractérisation automatiques en direct par étiquetage comportemental d’un maximum de quatre souris dans un environnement enrichi standardisé, sans limite de temps avec de la nourriture et de l’eau ad libidum. Le système est constitué d’une cage de 50x50cm reposant sur un plancher contenant 16 antennes radios RFID et une camera infrarouge sur le dessus. La cage contient de la litière, deux biberons d’eau, une mangeoire contenant des croquettes à volonté, divers enrichissements (coton, papier, carton) et une maison en plexiglas rouge. Le LMT permet d’accumuler de grandes bases de données de façon non biaisé sur le comportement social des animaux avec une granulométrie beaucoup plus grande que les tests classique sans avoir à manipuler les animaux. Le test de sociabilité quand à lui est constitué deux trois arènes de 40cm² connectées par des portes que l’animal test peut explorer librement. dans deux de ces compartiments se situe soit une autre souris, soit un objet. Le déplacement de la souris et suivie grâce à une camera et le temps d’interaction avec la souris ou avec l’objet est calculé. Les animaux sont vigil durant ces tests. 268 animaux, tous vigiles, seront placés dans le système ECgenie deux fois au cours de leur vie (p15 et p80) pendant que l’expérimentateur appliquera sur le dos à l’aide d’un pinceau en poil de martre souple une caresse à une vitesse de 3 cm/s pendant 10 minutes. Le système ECG génie est un système d’enregistrement du rythme cardiaque non-invasif. l’enregistrement est réalisé lorsque l’animal pose ses pattes sur deux électrodes posées au sol. Il ne nécessite aucune contention et les animaux sont donc libres de leur mouvement dans le système.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Ce projet se base sur l’utilisation d’un modèle murin génétique de trouble du spectre autistique couramment utilisé en recherche sur l’autisme. La souris posedant une mutation humaine relié au TSA (Shank3ΔC) présente une anxiété accrue, des troubles de reconnaissance sociales ainsi que des comportements compulsifs. Les chirurgies nécessaires à ce projet pour poser les implants nous permettant de suivre les animaux dans le live mouse tracker est une petite chirurgie similaire à celle utilisée pour identifier des animaux avec des puces radio. Dans ce cas, nous prévoyons que des effets indésirables liés à cette chirurgie (stress et gêne) peuvent durer 1 semaine.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
La plupart des animaux utilisés étants génétiquement modifiés et/ou infectés par des virus génétiquement modifiés eux aussi, il nous est impossible de replacer ou de faire adopter ces animaux. Ils seront donc mit à mort à la fin de chaque procédure.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
La perception du toucher est un phénomène appréhendé par l’organisme conscient, et lui seul, en particulier sa dimension émotionnelle. Il n’existe pas de modèles in-vitro ou de modèles mathématiques permettant de modéliser la représentation du toucher pouvant mimer une émotion, en dehors des animaux de laboratoire. De plus, la variété des techniques de modifications génétiques chez la souris permet d’identifier et de cibler spécifiquement des mécanismes moléculaires ou cellulaires à un niveau où l’expérimentation humaine n’atteint pas ce niveau de résolution. Nous considérons donc le recours à la souris comme guidé par des considérations scientifiques, techniques et éthiques.
2. Réduction
Chez l’homme, la dimension émotionnelle du toucher est un paramètre confondant, qui rend difficile la constitution de petites cohortes homogènes. À l’inverse, les modèles animaux sont homogènes et fournissent des résultats reproductibles. Ceci permet d’établir avec précision le nombre d’animaux nécessaire à la validation des hypothèses de travail par des tests de puissance statistique. Nous exploitons au mieux nos enlevages, puisque nous étudions mâles et femelles, et que nous étudions la majorité des génotypes produits. De plus, le test de LMT (qui est un des tests comportementaux principalement utiliser dans ce projet) est un test où aucune intervention extérieure n’est nécessaire et permet de grandement enrichir la cage des animaux, réduisant leur niveau de stress tout en garantissant l’enregistrement d’une grande quantité de donnée. Cela permet aussi de faire des tests comportementaux conventionnels sur ces animaux, réduisant le nombre d’animaux total utilisés. Ce projet propose d’utiliser plusieurs approches afin d’achever le même objectif, mais dès les premiers résultats prémilitaires obtenus, il sera possible de juger laquelle de ces approches est la plus efficace et donc de réduire le nombre de procédures qu’au modèle le plus efficace (viral contre génétique par exemple).
3. Raffinement
Nos procédures requièrent que tous nos animaux soient suivis dès leur naissance. Ceci permettra de s’assurer du bien-être des animaux tout au long de leur vie en suivant certains paramètre définis par une fiche et grille de suivi clinique au minimum trois fois par semaine (en annexe). L’aspect extérieur (ex: piloérection, signes d’infection ou de plaie, paralysies, forme et orientation des yeux, oreilles et moustaches), le comportement (ex: activité, vocalisation spontanée, prostration) et le poids (perte de plus de 20 % du poids) sont particulièrement suivis. Ce suivi tout a long de la vie par les expérimentateurs permettra aussi de réduire le stress des animaux qui y seront habitué. Cela augmentera aussi la qualité et la reproductibilité des résultats, et donc in fine le nombre d’animaux nécessaire. Tous les tests comportementaux présents dans cette saisine ne sont pas stressants ou anxiogènes et laissent une liberté d’action maximale aux animaux. Toutes les manipulations, pharmacologiques ou génétiques, ont pour but d’améliorer les symptômes du trouble autistique et donc d’améliorer les conditions de vie des animaux, et cela, très tôt après leurs naissances. De plus, le test de LMT (qui est un des tests comportementaux principalement utiliser dans ce projet) est un test où aucune intervention extérieure n’est nécessaire et permet de grandement enrichir la cage des animaux, réduisant leur niveau de stress tout en garantissant l’enregistrement d’une grande quantité de donnée. Toutes les douleurs opératoires et postopératoires seront prises en compte avec une prise en charge pharmacologique adaptée.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le projet utilise la souris, car c’est le modèle mammifère de référence pour la technique de modification génique. Le projet scientifique vise à utiliser la puissance de la génétique chez la souris pour étudier le rôle des gènes essentielles dans la perception et l’intégration sensorielle normale et pathologique dans un modèle d’autisme. Notre projet vise à moduler différentes voies neuronales durant les étapes précoces du développement neuronal qui ont lieu entre la naissance et l’adolescence pour en observer les conséquences à l’état adulte. Par conséquent nous manipulerons les animaux dès la naissance et jusqu’à l’âge adulte.