
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 29/03/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-703835)
235 bovins vont être utilisés, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance de léger à sévère, la plupart tués à l’issue et 25 réutilisés. Le projet fait naître des veaux porteurs de variants génétiques par collecte d’embryons, collecte de semence, synchronisation et transfert embryonnaire, pour étudier des anomalies présentes naturellement dans certaines races. Une fois le nombre de fœtus ou de veaux atteint, les animaux porteurs de l’anomalie sont euthanasiés puis autopsiés, et les vaches receveuses gestantes abattues en abattoir commercial pour récupérer le fœtus. Le porteur présente ces gestes comme des pratiques d’élevage courantes et revendique le bovin comme « animal modèle » plus proche de l’humain que la souris.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Ce projet vise à procréer des bovins porteurs de variants génétiques suspectés d’être responsables d’anomalies génétiques, détectés dans le cadre de différents projets de recherche en cours ou à venir sur ce thème.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet vise à étudier chez le bovin l’effet de mutations apparues naturellement dans cette espèce et à améliorer notre connaissance de la fonction de gènes impactés. Dans le cas de mutations présentant des similitudes avec des syndrômes humains, le bovin peut alors servir d’animal modèle, plus proche de l’homme que la souris par exemple.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux seront soumis, selon leur sexe, à des procédures de reproduction classiquement utilisées en élevage telles que collecte d’embryons, collecte de semence, synchronisation et transfert embryonnaire. Du sang leur sera également prélevé une fois.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Lélevage et les procédures appliquées aux animaux de ce projet ne diffèrent pas de pratiques d’élevage classiques.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Lorsque le nombre de foetus ou de veaux nécessaires à l’étude de l’anomalie sera atteint, les animaux porteurs de l’anomalie d’intérêt seront euthanasiés et soumis à des prélèvements post mortem afin d’étudier les symptômes de l’anomalie. De même, les vaches receveuses qui seront gestantes à l’issue du transfert et dont on souhaite récupérer le foetus seront abattues dans un abattoir commercial. Les porteuses qui donneront naissance à un veau pourront être réutilisées.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’expérimentation sur les animaux sera remplacée tant que possible par des études in vitro et in silico.
2. Réduction
Le nombre d’animaux étudié par anomalie sera réduit au strict nécessaire à l’obtention de résultats statistiquement valables (nmax=10 cas et 10 contrôles). Les animaux cas et contrôles analysés seront tous issus d’un même père voire des mêmes parents si possible, afin de réduire la variabilité de leur fond génétique et la variabilité phénotypique qu’elle peut induire à l’intérieur de chaque groupe. Notre choix se portera sur l’étude de variants et anomalies génétiques à pénétrance complète, i.e. pour lesquelles tous les animaux du groupe cas sont sensés exprimer des symptômes, et donc réduire le nombre d’animaux nécessaire à la mise en évidence d’un effet significativement différent. Un effet sexe sera pris en compte dans les analyses.
3. Raffinement
Quel que soit l’âge des animaux étudiés, les prélèvements invasifs ne sont effectués que post-mortem. Les conditions d’hébergement, d’alimentation, de prophylaxie et de traitement des animaux sont peu ou pas modifiées par la mise en oeuvre du projet. Les divers prélèvements seront assurés par du personnel expérimenté, avec du matériel et une contention adaptés.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les mutations étudiées sont présentes naturellement dans certaines races bovines et nous disposons dans cette espèce de tous les outils nécessaires pour étudier leurs conséquences phénotypiques. Recréer ces mutations à l’identique dans des espèces modèles conventionnelles (souris, rat, etc.) serait techniquement difficile et pas toujours pertinent en fonction des symptômes attendus. En fonction de l’anomalie étudiée, les animaux seront utilisés au stade fœtal dans le premier tiers de la gestation ou après la naissance. Dans ce cas ils seront conservés jusqu’à attendre l’âge de produire des gamètes (environ 15 à 24 mois). Enfin les mères porteuses des embryons seront des vaches en fin de carrière productive destinées à la réforme, en bon état physiologique et capables de recevoir des embryons.