
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 14/04/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-580214)
70 rates vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, vingt-quatre en gravité légère et quarante-six en gravité modérée. Elles reçoivent jusqu’à quatre administrations d’une solution non dévoilée sous anesthésie gazeuse et subissent des anesthésies répétées à l’isoflurane sur quatre semaines, avant d’être tuées pour analyse histologique. Le porteur garde le produit secret, non breveté, et le présente comme une alternative aux antibiotiques contre les cystites récidivantes. Il affirme « incontournable » le recours à l’animal, les modèles artificiels ne reproduisant pas selon lui la physiologie du système urogénital.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La cystite aiguë est une infection urinaire localisée au niveau de la vessie très fréquente chez la femme. Elle survient consécutivement à l’entrée de bactéries naturellement présentes dans le tube digestif (Escherichia coli dans 90% des cas) par le méat urinaire. Ces bactéries remontent dans l’urètre pour atteindre la vessie et se multiplier, ce qui provoque l’infection. Les symptômes de ces infections urinaires sont notamment une pollakiurie (envie fréquente d’uriner) et une miction douloureuse accompagnée de brûlures mictionnelles. Malgré l’existence de compléments alimentaires préventifs, conjuguée à l’application des mesures hygiéno-diététiques, ces cystites peuvent être récidivantes et impactent le quotidien des femmes. En cas d’infection, le recours à une antibiothérapie (administration orale d’antibiotiques monodoses) est la règle, exposant à des risques d’antibiorésistance. Ainsi, de nombreuses femmes utilisent déjà les différentes solutions de prévention mais aucune n’est pleinement satisfaisante. Dans ce contexte, ce projet consiste à développer une solution de prévention des infections urinaires bactériennes chez la femme. La solution que nous développons est une alternative aux antibiotiques. Nous n’en dirons pas plus sur cette dernière qui n’est pas encore brevetée et est tenue par le secret industriel.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
L’un des traitements en première instance des cystites aiguës est l’utilisation d’antibiotique en dose unique. L’antibiorésistance constitue un problème majeur de santé publique et il est primordial de trouver de nouvelles solutions thérapeutiques ou préventives évitant l’utilisation répétée d’antibiotiques. Cette solution préventive représente une alternative prometteuse ne nécessitant pas de substance active tel que les antibiotiques.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux seront soumis à 1) 4 administrations maximum sous anesthésie gazeuse à raison de une fois par semaine ; 2) des anesthésies gazeuses à l’isoflurane de courte durée (5 anesthésies par semaine de 5 minutes environ, pendant 4 semaines maximum).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les animaux subiront un stress léger à modérée lié à la répétition des anesthésies à l’isoflurane pour l’étude en imagerie. Dans de rare cas, les rats pourraient ressentir une gêne au niveau du site d’administration (inflammation légère à modérée) qui pourra se traduire par des comportements anormaux de léchage ou grattage excessif, auquel cas la procédure sera stoppée et l’animal mis à mort.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront mis à mort et certains organes seront prélevés en vue d’effetuer une analyse histologique des tissus.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
La solution de prévention des infections urinaires a été évalué dans des systèmes de simulation in vitro mais il devient nécessaire de le tester maintenant dans des conditions physiologiques et le recours à l’animal est incontournable car les modèles artificiels ne nous permettent pas de mimer parfaitement la physiologie du système urogénital. Ce dispositif étant amené à être utilisé de manière répétée pour des cystites chroniques, il est nécessaire de reproduire dans le temps son administration afin d’évaluer sa bonne tolérance (étude histologique des tissus) et ceci ne peut être réalisé que chez l’animal.
2. Réduction
Nous avons 6 formulations à tester (5 + 1 de référence). Afin de limiter le nombre d’animaux utilisé nous avons prévu une étude pilote qui permettra : 1) la mise au point technique du modèle avec la formulation de référence (12 rats au maximum) ; 2)une pré-évaluation des 6 formulations sur 2 rats pour sélectionner celles répondant au cahier des charges et d’éliminer les autres. Au maximum, les 4 meilleures formulations entreront dans la procédure 2 où nous poursuivrons l’étude sur un plus grand nombre d’animaux afin d’évaluer et valider leur performances de prévention des infections urinaires après une première administration puis, pour les formulations confirmées, après des administrations répétées, sur la base de une fois par semaine pendant un mois. L’objectif est que la solution de prévention soit efficace pour au moins 80% des animaux. Pour avoir un résultat statistiquement fiable, le nombre de rats nécessaire par groupe expérimental est estimé à 11.
3. Raffinement
Les procédures se feront sous anesthésie générale à l’isoflurane. Les animaux seront manipulés par la personne en charge de l’expérimentation pendant la période d’acclimatation afin de les habituer et ainsi diminuer le stress le jour de la procédure. Ils seront surveillés pendant toute la durée de la procédure afin de repérer des signes cliniques éventuels de gène ou de mal-être et des points limites adaptés seront mis en place et strictement appliqués. Les animaux seront hébergés en groupe dans un environnement enrichi afin de favoriser les interactions et leur bien-être.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Nous utiliserons des rats femelles Sprague Dawley qui sont largement utilisés dans les études sur les pathologies du tractus urinaire et lesquelles une large bibliographie existe. Les rats seront utilisés à l’âge adulte (7-8 semaines, 200-250g) car le dispositif étudié est destiné pour les adultes.