
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 14/04/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-576793)
120 souris immunodéficientes vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Chaque animal subit une chirurgie d’implantation sous la peau d’un biomatériau osseux, avant d’être tué pour l’analyse histologique des tissus. Le porteur indique que l’implantation peut provoquer une gêne ou une douleur légère et fixe un seuil d’euthanasie. Il décrit cette étape sur souris comme un préalable à des essais sur os de rat puis chez le « gros animal », et affirme qu’aucune méthode in vitro ne permet d’étudier ensemble formation osseuse, vascularisation et innervation.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
En raison des changements de mode de vie et du vieillissement des nations industrialisées, les lésions osseuses traumatiques et les fractures fragiles induites par l’ostéoporose représentent un énorme défi médical et socio-économique. Notre projet vise à créer une nouvelle approche de régénération osseuse, qui combine l’administration de gènes et l’impression 3D pour la création de matériaux personnalisés qui permettraient d’aboutir à une meilleure réparation osseuse par la stimulation conjointe de la réparation des nerfs, des vaisseaux et des os. Ici, il s’agit de réaliser une première évaluation de nos matériaux en les implantant sous la peau de souris, en préalable à des expérimentations sur site osseux chez le rat. Cette évaluation servira deux objectifs : d’une part, évaluer la biocompatibilité (réaction inflammatoire, réaction à corps étranger, …), et d’autre part évaluer la fonctionnalité (formation osseuse, vascularisation, innervation) des produits, pour définir la ou les formulations les plus appropriées pour l’application chez le rat en modèle de réparation osseuse.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les résultats des expériences d’implantation de nos matériaux menées sur modèle souris sont un préalable à la poursuite des travaux sur site osseux chez le rat. De mauvais résultats obtenus avec ce biomatériau et/ou l’un des gènes administrés conduiront à l’abandon de l’élément mis en cause. En revanche, des résultats positifs (régénération osseuse au moins partielle, supérieure à celle observée avec le matériau de référence) permettent d’envisager dans un premier temps les expérimentations en site osseux chez le rat, et dans un deuxième temps le dépôt de demandes de financement pour la poursuite des études : tests chez le gros animal, puis essais cliniques.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Chaque animal sera soumis à une chirurgie d’implantation sous-cutanée (acte chirurgical unique d’une durée de 5 à 10 minutes)
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
L’implantation sous-cutanée peut entraîner une gêne voire une douleur légère. L’estimation de la souffrance est réalisée par le personnel de l’animalerie selon les standards européens. Au-delà d’un certain seuil, l’animal sera euthanasié sans attendre.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront euthanasiés à l’issue de leur temps expérimental pour procéder à une analyse histologique des tissus de la région opérée.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’utilisation en clinique d’un nouveau procédé chirurgical avec un biomatériau nécessite impérativement une phase d’expérimentation pré-clinique. Des études in vitro ont été réalisées pour éliminer une éventuelle toxicité cellulaire du biomatériau et pour évaluer le potentiel régénératif de celui-ci. Aucune méthode in vitro actuelle (ex. organoïdes, sphéroïdes,…) n’a démontré la capacité ou ne présente de validation scientifique permettant d’étudier simultanément la formation osseuse, la vascularisation et l’innervation induites par les biomatériaux tout en tenant compte de la complexité d’un être vivant (système immunitaire, flux sanguin…).
2. Réduction
Ne seront testés in vivo que les matériaux ayant démontré in vitro une absence de cytotoxicité, et une seule lignée de souris sera utilisée. Les échantillons explantés à l’issue des temps expérimentaux seront utilisés pour plusieurs types de marquages et détections. Deux implantations seront réalisées par souris, en tenant compte de la taille du matériau et de la taille des animaux. La possibilité d’implanter au moins deux matériaux par animal, de réaliser un suivi longitudinal, d’analyser plusieurs paramètres à partir des mêmes prélèvements sur animaux après euthanasie, permet de collecter un maximum d’informations sur les animaux utilisés.
3. Raffinement
L’opération est réalisée sous anesthésie générale. Afin de réduire la souffrance des animaux, des analgésiques sont utilisés lors de l’opération, puis de nouveau en cas de douleur après l’opération. En cas de lésion sérieuse ne pouvant être traitée par suture et/ou antiseptique, l’animal est euthanasié. La cage reçoit un surcroît d’enrichissements le jour de la chirurgie de manière à distraire l’animal de la gêne liée à la présence du matériau implanté, et ainsi limiter les risques d’arrachement de l’implant, de rupture des points de suture, et d’infection de la plaie.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Nous utiliserons des souris présentant une immuno-déficience marquée, adaptée à l’implantation de matériaux contenant des cellules humaines. Les souris seront implantées à l’âge de 7 à 12 semaines. À cet âge la taille de la souris facilite la manipulation expérimentale et l´implantation sous-cutanée.