Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

180 souris, mâles et femelles, vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré à sévère. Une ligature du nerf sciatique leur inflige une douleur neuropathique chronique, suivie de dix-sept évaluations de la douleur et de six tests comportementaux sur sept à neuf semaines, pour comparer selon le sexe les troubles anxio-dépressifs liés à la douleur. Le porteur indique que le développement de ces troubles est attendu et « ne peut être évité car c’est l’objet de l’étude ». Il affirme qu’aucun modèle in vitro ou in silico ne peut remplacer l’observation comportementale de l’animal vigile.

NTS-FR-455133v1
Types de recherche
· Recherche fondamentale · Système nerveux ·
Mots-clés
Douleur chronique, Douleur neuropathique, Anxiété, Dépression
Souris : 180

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

La douleur neuropathique est consécutive à une lésion ou une pathologie du système nerveux somatosensoriel. Généralement chronique, avec une prévalence de 5 à 7% dans la population, elle s’accompagne d’un fort risque de développement de troubles de l’humeur. En effet, environ 50% des patients présentent cette co-morbidité. Ceci constitue un enjeu important de santé publique. Malgré les données cliniques, les mécanismes sous-jacents de cette co-morbidité restent encore inconnus et nécessitent des études précliniques. Chez la souris mâle des données de la littérature suggèrent que plusieurs structures cérébrales clés seraient impliquées dans les conséquences affectives à long terme d’une douleur neuropathique. Les données d’imagerie neuroanatomique et fonctionnelle chez l’homme, ainsi que des résultats obtenus par des approches lésionnelle et d’imagerie, chez la souris montrent que non seulement la dépression majeure mais aussi les situations douloureuses s’accompagnent de changements dans des régions céréblales. De plus, de nombreuses données de la littérature ont démontré d’importantes différences dans la sensibilité à la douleur entre les hommes et les femmes ; données également observées chez les rongeurs. La prévalence des troubles anxieux et dépressifs, dans la population générale ainsi que chez les patients douloureux chronique, présente également des différences intersexuelles. De telles différences suggèrent très probablement des mécanismes spécifiques à chaque sexe. Ainsi, bien que les régions cérébrales impliquées dans les troubles de l’humeur provoqués par la douleur chronique soient sans doute les mêmes, les altérations des réseaux que ces structures forment sont sans doute différentes chez des individus mâles et femelles. Le but de ce projet est donc de comparer les changements comportementaux éventuels entre mâles et femelles dans un modèle de constriction du nerf sciatique par ligatures chez la souris.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Le but de ce projet est de comparer chez la souris mâle et femelle les comportements de troubles anxio-dépressifs liés à la douleur chronique. Cette comparaison sera aussi menée vis-à-vis des effets des traitements contre la douleur et contre l’état anxio-dépréssif selon le sexe. A l’issue de ce projet, nous serons en mesure de définir le développement des comportements de type anxieux et dépressif chez les deux sexes dans un modèle de ligature du nerf sciatique. Cette avancée pourrait permettre d’affiner les interventions thérapeutiques selon le sexe.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

L’ensemble des animaux subiront une chirurgie (durée 10 min maximum) sous anesthésie. A la suite de quoi les animaux auront une douleur chronique avec développement de troubles anxio-dépressifs. Pour les animaux de l’expérience 1, nous évaluerons à 17 reprises de la douleur neuropathique (durée du test est de 30min avec 5min d’habituation avant) et 6 tests sur comportement (durée de 5 à 25 min chacun selon le test) une période de 9 semaines de alors que ceux des expériences 2 et 3 seront soumis à 13 évaluations de la douleur neuropathique (durée du test est de 30min avec 5min d’habituation avant) et 6 tests de comportement (durée de 5 à 25 min chacun selon le test) sur une période de 7 semaines.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Suite à la chirurgie, une difficulté dans les déplacements des animaux est attendue mais disparaît dans les 48-72h après la chirurgie. De plus comme dans toute chirurgie, il peut apparaitre des signes de douleur, d’inflammation, d’infection ou une perte de poids. Le développement de troubles anxio-dépressifs est attendu et ne peut être évité car c’est l’objet de l’étude.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

L’ensemble des animaux seront mis à mort à la fin de l’expérience.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Au vu de notre thématique d’étude, il nous est malheureusement impossible de remplacer notre modèle in vivo par un modèle in vitro ou in silico. En effet, l’analyse du développement des troubles anxio-dépressifs dans un modèle de douleur neuropathique nécessite une observation comportementale, uniquement possible chez l’animal vivant et vigile.

2. Réduction

3R / Réduction :

Les expériences seront réalisées avec la volonté de réduire autant que faire se peut le nombre d’animaux par condition expérimentale, mais toujours dans l’optique d’obtenir le maximum d’information scientifique par test. Au regard de la littérature et de la variabilité phénotypique inter-individuelle et d’une éventuelle différence inter-individuelle à l’exposition aux traitements, les groupes expérimentaux seront constitués au maximum de 10 souris mâles et 10 souris femelles. Toujours dans l’idée de diminuer au maximum le nombre d’animaux utilisés les animaux subiront un enchaînement de gestes expérimentaux au sein d’une même procédure. Pour cette raison une même cohorte d’animaux sera étudiée et caractérisée au niveau comportemental. Des analyses statistiques finales seront réalisées.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les animaux seront hébergés en cohorte de 4 ou 5 individus pour respecter leurs besoins sociaux. Les animaux seront observés tous les jours et leur comportement sera suivi afin de déceler tout signe d’inconfort ou de stress. Un suivi post-chirurgical rapproché sera réalisé et le poids corporel des animaux sera mesuré au minimum lors de chaque expérimentation (test de comportement ou traitement). Des points limites sont mis en place pour l’ensemble des procédures expérimentales. Si de nouvelles approches moins stressantes ou douloureuses pour l’animal venaient à être mises au point après le début de ce projet, une concertation avec notre SBEA pourra être réalisée afin d’intégrer ces nouvelles pratiques dans nos procédures.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Dans le cadre de ce projet, nous utilisons des souris non transgéniques. Le choix de l’espèce a une importance primordiale dans la recherche à visée médicale. Ce choix prend en compte plusieurs critères mais le critère majeur est la pertinence scientifique du modèle. Nous n’utilisons que des modèles fiables qui présentent une prédictivité reconnue, une bonne reproductibilité et dont l’extrapolation des conclusions à l’homme est largement admise. De plus, cette espèce dispose d’une énorme base d’informations physiopathologiques et d’outils de diagnostiques permettant ainsi de réduire considérablement les expérimentations pilotes. Etant donné que l’étude de comportements nécessite des systèmes neurobiologiques totalement matures, des animaux adultes seront utilisés (début des procédures à 8 semaines).