
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 02/05/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-700883)
90 porcs vont être utilisés, tous tués à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Ils sont inoculés avec des virus porcins vivants par voie nasale, trachéale, intramusculaire ou intradermique, sans anesthésie, puis subissent des ponctions sanguines hebdomadaires et d’éventuels rappels d’immunisation, avant d’être mis à mort trois à quatorze semaines plus tard pour prélever la totalité de leur sang. L’objectif est de produire des sérums de référence servant à détecter ces virus dans les élevages, le porteur invoquant leur caractère « indispensable » et une corpulence permettant de récupérer au moins deux litres de sang par animal. Sur le remplacement, il affirme en une phrase que ces sérums ne peuvent « pas être produits in vitro ».
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Afin de pouvoir assurer le diagnostic des maladies virales des porcs et des sangliers, il est nécessaire pour notre laboratoire de disposer d’outils de caractérisation des pathogènes recherchés. Plusieurs pathogènes font en effet l’objet d’une surveillance en élevage de suidés ou chez les sangliers sauvages. Les Laboratoires nationaux de référence ou Laboratoires experts ont pour mission de proposer des méthodes de détection virologique et sérologique fiables pour leurs activités de surveillance et de recherche. Un sérum contenant des anticorps dirigés contre un agent pathogène spécifique est indispensable pour détecter et caractériser ce pathogène dans divers échantillons biologiques ou pour servir de contrôle positif pour valider des tests. L’objectif du projet expérimental est de produire des sérums dits post-infectieux (SPI) ou hyperimmuns (SHI) vis à vis de souches de virus porcins. Pour cela, le virus sera inoculé à des porcs indemnes de ce pathogène particulier, en une fois ou à plusieurs reprises (1 ou 2 à 3 rappels d’immunisation). Dans le cas de virus très virulents pour le porc, les animaux pourront être préalablement vaccinés afin d’être protégés de l’infection, ou le virus pourra être inactivé. Ces porcs seront suivis sur le plan clinique et mis à mort 3 à 14 semaines plus tard pour récolter un volume important de sang nécessaire à l’obtention d’une quantité suffisante de réactifs de référence.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le modèle porc nous permet de récupérer de grandes quantités de sérums avec un minimum d’animaux afin de disposer de matériaux de référence spécifiques à la maladie virale étudiée et à l’espèce animale concernée.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Tous les actes prévus sur les animaux se feront sur animaux vigiles. Aucune anesthésie n’est prévue dans ce projet lors des différentes interventions du fait de leur rapidité (moins d’une minute) et de leur caractère peu invasif. Les inoculations et les ponctions sanguines seront effectués le plus rapidement possible. Dans la procédure 1, les 2 à 3 porcs de chaque lot seront inoculés avec du virus par la voie la plus appropriée (ex : intranasale, oronasale, intratrachéale, intramusculaire ou intradermique) et une ponction sanguine sera réalisée de façon hebdomadaire pendant les 3 semaines de l’étude expérimentale. Concernant la procédure 2, les 2 à 3 porcs de chaque lot seront inoculés avec du virus par la voie la plus appropriée (ex : intranasale, oronasale, intra-trachéale, intramusculaire ou intradermique) et 1 autre injection du virus sera réalisée 3 semaines après la première inoculation. Un second rappel d’immunisation pourra être programmé 2 semaines plus tard. Une ponction sanguine sera réalisée de façon hebdomadaire tout au long du projet. Il est possible de collecter 15 tubes de sang juste avant le 1er rappel d’immunisation pour obtenir un SPI en faible volume. Enfin, le protocole suivi dans la procédure 3 sera le même que dans la procédure 2 mais les animaux auront été préalablement vaccinés à 1 ou 2 reprises par la voie appropriée avant d’être inoculés avec du virus.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
La vaccination et les inoculations des virus vivants par voie oro/nasale, intratrachéale, intramusculaire ou intradermique peuvent entrainer une hyperthermie transitoire (quelques jours). Les virus considérés plus pathogènes seront inactivés ou inoculés à des animaux préalablement vaccinés contre le virus en question. Pour les rappels d’immunisation par voie intramusculaire en présence d’adjuvant, un seul point d’injection est réalisé pour limiter les actes invasifs. L’adjuvant utilisé est également reconnu pour son innocuité. Aucune symptomatologie sévère n’est attendue lors de ces procédures.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront mis à mort à la fin de la procédure pour pouvoir collecter le volume sanguin total et récupérer le sérum riche en anticorps.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Production de réactifs sérologiques (sérums) de référence ne pouvant pas être produits in vitro.
2. Réduction
Chaque production de SPI/SHI vis-à-vis d’un virus implique 2 à 3 porcs de 4 à 12 semaines d’âge. Les réponses immunitaires pouvant légèrement varier d’un individu à l’autre, il est d’usage d’inoculer à minima 2 porcs pour chacun des virus de référence vis-à-vis desquels il est prévu de produire des SPI et/ou SHI. A raison de 3 porcs par virus inoculé et se basant sur une estimation d’un besoin annuel de deux nouveaux sérums vis-à-vis de trois virus représentatifs des maladies virales porcines pouvant infecter les porcs ou les sangliers en France et selon l’historique de production de ce type de réactif sur 17 années (2005-2022), 90 porcs devraient être utilisés sur les 5 années de validité du projet.
3. Raffinement
Les animaux seront logés dans des parcs par groupe de 2 ou 3. Ils auront accès à de l’eau à discrétion et ils seront alimentés à volonté. Le confort thermique des animaux sera assuré par des lampes chauffantes et une plaque de couchage. Enfin, les porcs auront à leur disposition des matériaux manipulables (mordilles, boules en matière plastique, tourniquets et tubes à relever et à abaisser) qui seront renouvelés au cours de l’expérimentation. Un soin sera apporté au suivi clinique de chaque animal au quotidien. L’examen clinique comprendra une observation « visuelle » de l’état de santé général des animaux et un relevé de la température rectale de tous les porcs. De plus, l’évolution pondérale sera suivie par des pesées individuelles hebdomadaires, à partir de l’installation des animaux dans les animaleries jusqu’à l’autopsie. La consommation alimentaire au niveau de la case sera également connue chaque semaine. Si une altération de l’état de santé était notée, les animaux concernés seront mis à mort en cas d’atteinte des points limites décrits dans les procédures expérimentales (partie 4). Si un ou plusieurs rappels d’immunisation sont réalisés et que le virus est administré par voie intramusculaire en présence d’adjuvant, ce dernier sera choisi pour son innocuité. Pour limiter les actes, le suivi sérologique sera réalisé à partir de ponctions sanguines effectuées à une fréquence hebdomadaire, jusqu’à la fin de l’essai, cette cinétique étant suffisante pour évaluer le plateau de la production en anticorps.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le porc est l’espèce cible des virus porcins et est donc l’espèce choisie pour la récolte de sérums contenant les anticorps d’intérêt. Les animaux sont sevrés à 3 ou 4 semaines d’âge. Ils auront au minimum 4 semaines d’âge au moment de la première inoculation et au maximum 15 semaines lors du dernier rappel d’immunisation. A 4 semaines, le porc présente d’un point de vue physiologique un système immunitaire quasi-mature. A la fin de l’essai, sa corpulence permet de récupérer au moins 2 L de sang.