
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 06/06/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-316292)
750 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Ces femelles reçoivent une injection intramusculaire d’un vecteur AAV puis passent dix séances d’imagerie de bioluminescence et dix prises de sang sous anesthésie, pour mettre au point un médicament vétérinaire stérilisant présenté comme une alternative à la castration chirurgicale des chiens et chats. Le porteur inscrit le projet dans une démarche de « bien-être animal » et affirme que les souris remplacent chiens et chats aux étapes précoces, tout en prévoyant la mort des 750 souris utilisées. Il affirme qu’aucune méthode substitutive ne permet d’identifier une dose efficace et sûre.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Nous souhaitons réaliser des essais d’efficacité et d’innocuité chez la souris en vue de développer un médicament vétérinaire permettant une alternative à la castration chirurgicale des animaux de compagnie. L’enjeu de cette demande d’autorisation de projet s’inscrit dans un contexte de développement d’une solution alternative à une mutilation inutile et s’inscrit dans une démarche globale favorisant le bien-être animal. Outre le fait d’éviter la souffrance animale, la solution développée permettra de prévenir le recours à des euthanasies inutiles effectuées aujourd’hui sur des chiens et chats errants. Dans le respect de la règle des 3R : Afin de limiter au maximum le recours aux animaux durant ce projet, les premiers tests de sélection des candidats médicaments ont été/seront réalisés in vitro en laboratoire. Néanmoins, l’absence de méthodes substitutives à l’utilisation d’animaux permettant d’identifier aux mieux une dose efficace et sécurisée pour les animaux de compagnie font que des essais chez la souris sont justifiées. L’emploi de souris permet de remplacer l’emploi de chiens et de chats à des étapes précoces du développement. Afin de respecter la notion de raffinement, le bien-être de nos animaux sera pris en compte de leur réception à leurs morts : condition d’élevage des animaux adaptée, présence d’enrichissement dans les cages, visite quotidienne par du personnel qualifié. Une période d’acclimatation de 2 semaines sera respectée entre la réception des animaux et le début de la procédure. De plus lorsque cela est nécessaire les animaux seront anesthésiés et surveillés. De même, certains prélèvements pourront être effectués sur animal mort. Pour l’ensemble de la procédure, des critères d’arrêt par rapport à la souffrance strictes seront appliqués. Nous demandons pour réaliser l’ensemble de ces essais 750 animaux au total sur une période de 5 ans.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le bénéfice attendu est de trouver une alternative à la castration chirurgicale qui est traumatisante pour les animaux.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Injection intramusculaire : une fois pour un temps de 1 min Imagerie de bioluminescence : 10 fois pour un temps de 20 min avec 15 jours à 1 mois d’espacement. Prélévement de sang : 10 fois apour un temps de 1 min avec 15 jours à 1 mois d’espacement.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
L’injection intra-musculaire d’AVV peut provoquer une inflammation en locale. La manipulation des souris et notamment l’imagerie réalisée nécessite des anesthésies gazeuses.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux utilisés présentent un risque modèrés pour l’homme ou pour l’environement.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Il n’existe pas de méthode alternative à la réalisation de ce projet, c’est-à-dire un système biologique qui reproduit partiellement ou entièrement les conditions cliniques, analytique et/ou moléculaire de notre objet d’étude. II est impossible d’obtenir les informations fournies dans cette étude sans l’utilisation de souris. Les conclusions recherchées ne peuvent pas encore être obtenues par des modèles alternatifs d’étude in vitro, qui ne reconstituent pas de manière optimale la complexité, l’interactivité et la diversité des compartiments biologiques mis en œuvre.
2. Réduction
Le nombre d’animaux nécessaire par lot a été défini statistiquement. Il est ici de 15.
3. Raffinement
Concernant l’objectif de réduction de la souffrance, de la douleur et/ou de l’angoisse infligées aux animaux, les souris seront suivies quotidiennement par du personnel qualifié pour détecter d’éventuels signes cliniques ou de mal-être. Les animaux sont hébergés dans le respect de la législation. Les conditions d’hébergements sont adaptées au statut sanitaire de ces animaux (cages, nourritures et litières sont stérilisées. De plus, chaque cage reçoit un enrichissement du milieu. ). En ce qui concerne les données de comportement et de physiologie, l’estimation de la souffrance est réalisée par le personnel de l’animalerie.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les animaux utilisés sont des souris femelles de 5 semaines (démarrant l’expérimentation à 7 semaines après 2 semaines d’acclimatation). De plus, les femelles sont plus aisément manipulables que les mâles et que nous pouvons nous limiter au genre femelle pour réduire le nombre d’animaux (dans le respect des 3R). Les hormones de reproduction étant similaires chez la souris et chez les animaux de compagnie, cette espèce est adaptée à notre étude. Les souris seront utilisées à l’âge de 7 semaines, âge pour lequel elles sont reconnues comme pubères et fertiles et dont on pourra confirmer l’induction d’une stérilisation biologique et après 2 semaines d’acclimatation.