Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

292 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré à sévère. Elles subissent une chirurgie cérébrale, une instillation oculaire et une infection par le virus de l’herpès HSV-1, puis des tests de mémoire imposant de nager pour trouver une plateforme cachée et de reconnaître un objet. Le porteur indique que la phase aiguë de l’infection provoque une souffrance importante pendant une quinzaine de jours, avec perte de poids, lésions oculaires et léthargie, et que 30 % des souris développent une infection mortelle. Il présente le projet comme une « preuve de concept » de futures immunothérapies contre la maladie d’Alzheimer, un bénéfice renvoyé à l’avenir.

NTS-FR-711628v2
Types de recherche
· Recherche fondamentale · Système nerveux ·
Mots-clés
Herpès, Alzheimer, Immunothérapie
Souris : 292

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Environ 80% des sujets âgés sont porteurs du virus de l’herpès simplex de type 1 (HSV-1). Chez l’humain, la première infection par le virus HSV-1 est asymptomatique dans 94% des cas. Elle survient dans et autour de la bouche et du nez. En quelques heures, le virus se réplique au niveau du site d’infection puis infecte les neurones des ganglions trijumeaux où il entre en dormance (latence). La multiplication du virus s’arrête, mais le matériel génétique viral persiste toute la vie de la personne infectée. La réactivation du virus, à partir de cet état latent, peut survenir lorsqu’une personne subit divers facteurs de stress (fatigue, fièvre, déficit immunitaire, etc.). Cette réactivation génère des nouvelles particules virales qui migrent via les axones des nerfs infectés et infectent ainsi des sites distants tels que les yeux, les lèvres et le nez, et le cerveau. La maladie d’Alzheimer (MA) est liée à l’accumulation de protéines tau anormales (tauopathie) et de peptides β-amyloïdes (Aβ) dans le cerveau. Des arguments basés sur des études épidémiologiques suggèrent fortement que le virus HSV1 est impliqué dans la pathologie de la MA, et que le HSV1 peut déclencher expérimentalement la production de protéines anormales impliquées dans la MA et responsables de la dégradation des neurones. Comme le HSV1 reste latent toute la vie dans l’organisme et peut se réactiver régulièrement, il pourrait induire des pics d’apparitions des lésions de la maladie d’Alzheimer et conduire progressivement vers cette maladie. L’avenir de la prévention contre la MA pourrait ainsi reposer sur le développement d’immunothérapies bloquant le virus HSV1. Nous souhaitons progresser dans la compréhension des mécanismes qui associent HSV1 et la MA et dans la réalisation de thérapies anti-HSV1 pour lutter contre la MA. Dans ce contexte, les objectifs de ce projet sont : i. D’induire une infection par HSV1 dans un modèle murin de MA et de caractériser l’impact de HSV1 sur l’évolution de la maladie d’Alzheimer. ii. Utiliser une immunothérapie anti-HSV1 innovante et évaluer son efficacité pour prévenir et/ou réduire la progression de la maladie d’Alzheimer.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Ce projet établira la preuve de concept de futures thérapies contre la maladie d’Alzheimer avec une approche innovante d’immunothérapie anti-HSV1.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les différentes interventions sont les suivantes : – Une procédure chirurgicale d’une durée de 1 heure maximum permettant d’induire des lésions de la maladie d’Alzheimer. – Une instillation intraoculaire d’une durée de 10 minutes maximum permettant d’induire des lésions de la maladie d’Alzheimer. – Infection par le virus HSV1 avec une micro-aiguille, sous anesthésie générale de courte durée (20-30 minutes). – Etudes comportementales une seule fois par animal. Ils permettent d’étudier la mémoire des animaux. Deux tâches sont effectuées pour chaque animal. La première dure 4 minutes par jour, pendant 5 jours. La deuxième dure 9 minutes par jour pendant 3 jours. – Administration d’un traitement contre HSV1 grâce à une immunothérapie (virus HSV1 inactif) administré avec une micro-aiguille, sous anesthésie générale de courte durée (20-30 minutes).

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Concernant les différentes interventions, les effets attendus sont les suivants : ° Douleur post-chirurgie ou post instillation oculaire. ° Réduction des capacités cognitives (légère et en général uniquement détectable dans des tâches comportementales très élaborées). ° La souffrance des animaux dans le modèle murin d’infection à HSV1 est importante lors de la phase aigüe de la maladie (jusqu’à 15 jours post infection). Elle s’exprime par des modifications physiques (changement d’apparence du pelage, lésions oculaires, perte de poids), mais également du comportement (agitation ou léthargie). ° 30 pour cent des animaux développent une infection mortelle. ° Un premier test de mémoire réalisé ici repose sur la capacité à l’animal à trouver une plateforme cachée dans une piscine remplie d’eau en s’aidant d’indices visuels situés. Ce test implique de forcer les souris à nager dans une piscine, où elles doivent trouver une plateforme immergée. Ces tests peuvent entraîner une fatigue chez la souris. ° Le test de V-Maze permet d’évaluer la mémoire via la reconnaissance d’objet. Ce test peut entrainer une angoisse pour une souris qui réalise que sa mémoire est déficiente.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Les animaux seront euthanasiés à la fin du projet Nous voulons étudier l’impact de HSV1 et d’immunothérapies anti-HSV1 sur les lésions de la maladie d’Alzheimer qui ne peuvent être étudiées qu’en post-mortem par histologie ou biochimie.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

L’apparition. des lésions de la maladie d’Alzheimer et leur diffusion dans le cerveau dépend de l’interaction entre les lésions, le système immunitaire et le cerveau de l’organisme hôte. Il n’y a actuellement aucun modèle disponible pour effectuer une analyse complète de la dynamique d’apparition des lésions sans utiliser des animaux. La pathologie liée à HSV1 dépend de l’interaction entre le virus HSV1 et le système immunitaire de l’hôte lors d’une infection par le HSV1 dans la lèvre, puis des interactions ultérieures qui se produisent dans les ganglions cibles. Il n’y a actuellement aucun modèle disponible pour effectuer ces expériences sans l’utilisation d’animaux. L’observation des effets d’immunothérapies nécessite un système immunitaire très intégré, qui ne peut être obtenu que chez des modèles animaux (ou l’homme). Chaque procédure fait intervenir toute la complexité des systèmes biologiques intégrés (apparition et diffusion des lésions de la maladie d’Alzheimer, induction et diffusion de la pathologie virale, interactions avec le système immunitaire) et ne peut pas être réalisé in vitro ou avec des modèles non-mammifères.

2. Réduction

3R / Réduction :

Tout d’abord, le critère principal sur lequel nous basons notre étude statistique est l’induction des lésions de la maladie d’Alzheimer dans un modèle souris. Pour l’ensemble de notre étude nous allons étudier 292 animaux. Pour ce projet nous avons réduit le nombre d’animaux utilisés au maximum en calculant le nombre nécessaire par groupe expérimental grâce à des études préliminaires. Les analyses vont être menées de façon progressive (lots de 10 animaux) et des calculs de puissance statistique basé sur des résultats intermédiaires permettra de réduire le nombre d’animaux si un effet fort est détecté ou d’annuler l’expérience si aucune lésion de la maladie d’Alzheimer n’est induite.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Pendant toute l’étude, les animaux sont hébergés dans environnement à température contrôlée, avec cycle jour-nuit de 12h optimisés pour l’hébergement des souris. Eau et nourriture seront fournies. L’environnement est enrichi par un système de nidification périssable renouvelé lors du change hebdomadaire. Les animaux seront hébergés par groupes. Les animaux seront examinés quotidiennement par les techniciens animaliers, sous la supervision d’un vétérinaire. L’administration de HSV1 est réalisée sous anesthésie générale à l’aide d’aiguilles garantissant un dosage précis du virus Des points limites sont mis en place pour limiter la douleur. Toute intervention chirurgicale sera effectuée sous anesthésie générale suivi d’un traitement au paracétamol (antalgique et antipyrétique) dans l’eau de boisson pendant 48h. En cas de manifestation de douleur, une analgésie sera discutée avec le vétérinaire. Ces mesures garantissent que les conditions de douleur et de souffrance inutile des animaux sont contrôlées.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Les humains sont le seul hôte naturel du HSV-1. Cependant, le modèle murin que nous souhaitons utiliser pour cette étude, le modèle souris BALB/c qui lorsqu’il est infecté dans la lèvre, montre des signes d’infections aiguës résolutives et développe une infection latente à long terme, identique à ce qui se produit dans l’infection chez l’homme. De plus, la réponse immunitaire des souris BALB/c est comparable à celle observée chez l’homme. Puisque les souris BALB/c sont également de petits mammifères, elles sont idéales comme modèle pour étudier comment les interactions entre le système immunitaire des mammifères et le HSV-1 influencent l’histoire naturelle de la maladie. Nous avons identifié un état de protection unique dans ce modèle et les mécanismes qui le fournissent doivent être découverts et compris, afin qu’ils puissent être exploités pour des stratégies thérapeutiques à l’avenir. La robustesse de notre modèle de HSV1 repose entre autres sur l’utilisation de souris BALB/c femelles âgées de 6 semaines. L’utilisation de souris plus jeunes ou plus âgées peut introduire des variables susceptibles d’affecter la robustesse de notre modèle. En effet, les souris plus âgées développent une résistance à la maladie aiguë. L’induction de pathologie Alzheimer a été décrite suite à l’inoculation d’extraits de cerveaux Alzheimer chez les souris sauvages. Notre procédure d’induction de pathologie devrait donc être efficace chez les souris BALB/c.