
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-06-29 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-976812)
588 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Immunodéficientes, elles reçoivent une greffe de cellules tumorales humaines sur les deux flancs et des injections répétées de cellules thérapeutiques, avec suivi du volume tumoral et imagerie sous anesthésie sur huit semaines. Le porteur indique que les tumeurs peuvent provoquer douleur, difficulté à se déplacer et à se nourrir, émaciation et prostration. Il affirme que le recours aux souris est « nécessaire » pour un produit de thérapie cellulaire destiné à l’humain, aucune méthode in vitro ne reproduisant selon lui la complexité de l’organisme.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Avant toute administration de produit à visée thérapeutique chez l’homme, la mise en évidence de l’efficacité et de l’innocuité du produit doit être démontrée chez l’animal. Dans le cas présent, le produit développé par notre société est un produit de thérapie cellulaire et doit répondre aux lignes directrices d’étude des produits ATMP (Advanced Therapeutic Medicinal Product). Parmi les études précliniques constituant le dossier de soumission d’essai clinique, des données de pharmacologie, de sécurité et de persistance/biodistribution sont demandées dans des modèles pertinents pour la pathologie ciblée. Les objectifs du projet sont de mettre en place un modèle de xénogreffe utilisant des cellules tumorales Jurkat exprimant un antigène d’intérêt spécifique du récepteur chimérique exprimé par des Tregs humains génétiquement modifiés afin de 1) de vérifier la distribution du produit dans des modèles de souris relevants 2) vérifier l’activation des cellules constituants le produit thérapeutique au site d’inflammation après reconnaissance de leur antigène cible et 3) de vérifier la persistance et l’absence de toxicité du produit
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les bénéfices attendus du projet sont de : 1) obtenir des données précliniques préliminaires de distribution du produit 2) d’obtenir des données de sécurité/d’absence de toxicité du produit thérapeutique
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
L’injection des cellules prend entre 30 secondes et 1 min par souris selon la voie d’injection, deux injections par animal à plusieurs jours d’intervalle selon la procédure. L’analyse du volume tumoral sera faite sur animaux vigiles 2 fois par semaine pendant 8 semaines maximum soit 16 contentions. En cas de stress de l’animal ou souffrance due à la tension/traction de la peau de la tumeur, cette mesure du volume tumoral pourra être faite sous anesthésie générale gazeuse en air avec de l’isoflurane (4% (induction), maintenance 1-2%, 2 fois par semaine pendant 8 semaines maximum soit 16 anesthésies. Dans le cas où nous injecterons un produit permettant la survie du produit thérapeutique, l’animal recevra au maximum 7 injections supplémentaires (injection tous les 3 jours pendant 14 jours maximum, 30 secondes à 1 minute par animal). Pour l’analyse par bioluminescence, les souris seront injectées avec un produit permettant la bioluminescence. L’injection prend environ 1 min par animal à chaque analyse hebdomadaire, 3 analyses maximum. Pour cette analyse par bioluminescence, les souris seront anesthésiées avec de l’isoflurane (4% (induction), maintenance 1-2% en air) pendant le temps de l’imagerie (3 anesthésies maximum). L’analyse dans le bio-imager prend environ 15min pour 5 souris à la fois.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les effets indésirables sont l’apparition d’une tumeur solide au niveau des deux flancs de l’animal engendrant une douleur et des difficultés à se déplacer, l’inactivité, une difficulté à s’alimenter ou boire résultant à une émaciation de l’animal. Ils peuvent également comprendre une perte de poids, un aspect hirsute du poil, la prostration (l’animal présente un dos voûté, reste recroquevillé dans un coin de la cage et ne se déplace plus).
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront mis à mort à l’issue de chaque procédure pour la récupération d’échantillons biologiques
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’emploi des modèles animaux est nécessaire au projet car il n’existe pas à l’heure actuelle de méthodes alternatives permettant de reproduire in vitro la complexité physiologique des échanges entre les nombreux types cellulaires et l’impact du micro-environnement sur la stabilité de nos cellules.
2. Réduction
Afin de réduire le nombre d’animaux utilisé, chaque groupe contiendra le nombre minimum indispensable à l’obtention de résultats statistiquement pertinents. De nombreux tests in vitro permettant une sélection importante de nos cellules seront effectués afin de valider leur qualité et leur efficacité avant les tests in vivo
3. Raffinement
Dans une approche éthique, nous prévoyons de limiter au maximum le nombre d’animaux avec des scores cliniques sévères et mettre en place des points limites adaptés. Nous utiliserons également une litière adaptée (douce, non-poussiéreuse) et un enrichissement qui favorise l’expression des comportements normaux de la souris (enfouissement, nidification…). Un apport de gel hydrique dans la cage est réalisé pour simplifier l’accès des animaux à une source hydrique et sera mis à disposition des animaux dès le début de leur hébergement pour les habituer à cette source hydrique. Les souris immuno-déficientes sont hébergées en portoir ventilé par groupe de 5 souris maximum par cage dans la zone stérile de l’animalerie. La nourriture et l’eau sont stérilisées avant administration. Pour la préhension des animaux et éviter le stress nous utiliserons un tunnel auquel nous les habituerons lors de leur phase d’acclimatation. Les procédures seront faites sous anesthésie générale gazeuse en air pour le confort de l’animal. Les anesthésies gazeuses en air seront pratiquées sur un tapis chauffant. Nous utiliserons également l’imagerie in vivo par bioluminescence (méthode non invasive). Les animaux seront alors manipulés sous une hotte stérile avant la mise en place dans la chambre d’analyse fermée et stérilisée pour maintenir leur statut stérile au maximum puis replacés dans leur cage stérile.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Seules les souris immunodéficientes acceptent les greffes de cellules humaines. L’injection de cellules humaines dans une souris immuno-compétente ne serait pas possible car les cellules et les tissus humains seraient rejetés par le système immunitaire de la souris (xénogreffe). Souris adultes de 6 à 10 semaines (âge généralement utilisé pour les xénogreffes de cellules tumorales dans la littérature scientifique). Ces souris ont aussi un leur poids relativement stable en fin de croissance, pour la facilité de manipulation, de prélèvement et d’analyses d’échantillons, d’évaluation physique (bien-être)