Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

24 macaques à longue queue vont être utilisés, tous tués à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Ils reçoivent un implant abdominal par chirurgie, une à deux injections d’un candidat vaccin, une injection du virus Lassa, puis jusqu’à 26 prélèvements sur 15 mois. Le porteur indique que les animaux témoins développeront les signes cliniques d’une fièvre hémorragique, fatigue, diarrhée, déshydratation et perte de poids. Sur le remplacement, il affirme qu’il est impossible de se passer d’organismes entiers pour ces études précliniques qu’il juge indispensables.

NTS-FR-265853v1
Types de recherche
· Maladies infectieuses · Recherche appliquée ·
Mots-clés
Vaccin, Arenavirus, Fièvre de Lassa, Protection
Macaques à longue queue : 24

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Le virus Lassa (LASV) a un impact significatif sur la santé et l’économie des pays d’Afrique de l’Ouest, infectant et causant la mort de plusieurs milliers de personnes chaque année. De plus, 20% des survivants présentent des séquelles à long-terme, notamment un déficit auditif. Bien qu’étant un problème de santé publique majeur dans les pays endémiques, il n’existe à ce jour aucun vaccin pour prévenir les infections à LASV et aucun traitement complètement efficace. Bien qu’un vaccin préventif soit le meilleur moyen de contrôler les épidémies à virus LASV, un vaccin protégeant rapidement les personnes à risque ou permettant de contrer le développement de la maladie chez des patients récemment exposés serait un atout majeur dans la lutte contre la fièvre de Lassa. Ce projet de recherche se concentre sur le développement de vaccins contre LASV. L’innocuité et l’efficacité ont été démontrées chez le singe cynomolgus dans 2 études précédentes. Nous savons donc que le vaccin induit une protection efficace chez des singes vaccinés un mois ou 8 jours avant l’infection par le virus LASV mais il reste à démontrer un effet de protection contre d’autres souches, selon différents shcémas de vaccination et sur une vacination à long terme. Les résultats de ces expérimentations sont importants pour le passage de ce candidat vaccin en phases cliniques. Ce projet se déroulera dans deux animaleries.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Bien que la fièvre de Lassa soit un problème de santé publique majeur en Afrique de l’Ouest, il n’existe à ce jour aucun traitement ou vaccin disponible. La vaccination demeure l’approche la plus pragmatique pour enrayer les épidémies à virus Lassa. Comme indiqué par l’OMS, un vaccin contre la fièvre de Lassa doit idéalement remplir plusieurs caractéritiques : être sûr pour toutes les tranches d’âge, protéger après une seule injection, induire une protection croisée contre d’autres souches de virus et induire une protection à long terme. De plus, une vaccination d’urgence en contexte épidémique pourrait avoir un bénéfice imporant sur la limitation du nombre de cas, les clusters épidémiques étant généralement restreints à de petites zones géographiques. Le but de ce projet est de démontrer que ce vaccin, en plus de protéger 1 mois et 8 jours après immunisation, peut protéger à long terme, induire une protection contre d’autres souches de virus, et protéger à court terme.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les animaux seront soumis à une chirurgie d’implantation abdominale d’un dispositif permettant de mesurer la température corporelle en temps réel (environ 30 min) (animalerie 1), 1 à 2 injections intramusculaire du vaccin (animalerie 1), 1 injection sous-cutanée du virus (animalerie 2) puis jusqu’à 26 prélèvements sanguins et écouvillons nasaux et buccaux (animalerie 1 et 2) sur une période de 15 mois (environ 15 min à chaque session de prélèvements) sous anesthésie générale.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les animaux de cette étude sont équipés d’implants de suivi en temps réel de la température. Pour cela une chirurgie est pratiquée sous anesthésie générale et soins anti-douleur. Après au moins deux semaines après la chirurgie (temps de convalescence), les animaux recevront le vaccin et seront soumis à des prélèvements sanguins, nasaux et buccaux. L’innocuité du vaccin utilisé a déjà été démontré dans ce modèle, il n’est donc attendu aucun effet secondaire. Dans chacune des deux expérimentations suivant ces étapes, les animaux vaccinés devraient uniquement présenter une élévation transitoire de la température, des signes de stress pendant quelques jours, puis devraient présenter un état de santé normal une à 2 semaine après l’infection. Les animaux contrôles devraient développer les signes cliniques d’une infection par LASV. Sur la base de nos expériences antérieures, nous nous attendons à ce que les animaux présentent des signes de stress ainsi qu’une hausse de la température corporelle environ 3 jours après l’infection. Dans les jours qui suivent, les animaux pourront présenter des signes de fatigue, de la diarrhée, une déshydratation, une perte de poids qui seront suivis quotidiennement. La procédure inclut des prélèvements répétés, réalisés sous anesthésie selon des volumes et une fréquence conforme aux recommandations éthiques en vigueur. Cela pourrait entraîner un inconfort, une diminution de l’alimentation et une fatigue temporaire lors du réveil.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

L’étude implique que les organes et les tissus puissent être prélevés sur l’ensemble des animaux de l’étude (n=24), ceux-ci étant répartis en divers groupes infectés et vaccinés. Par conséquent, seule la mise à mort des 24 animaux de l’étude permettra d’obtenir des données statistiquement robustes.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Il existe désormais plusieurs méthodes alternatives in vitro, dérivées de la culture cellulaire (classiquement utilisée depuis des décennies). Ces nouvelles technologies tendent à recréer artificiellement les interactions inter cellulaires que nous pouvons retrouver dans un organisme. Bien que très prometteuses, ces techniques restent très localisées et répondent à des problématiques assez ciblées. Le vaccin utilisé ici a d’abord fait l’objet de caractérisation in vitro. La réponse immune induite a été testée et une forte réponse a été observée. Dans le cas des fièvres hémorragiques virales dont font partie les fièvres hémorragiques induites par les virus tels que le virus Lassa, il est impossible de remplacer les modèles animaux afin de réaliser des études sur la physiopathogénèse et les réponses immunitaires dans leur ensemble. Ce projet vise donc à démontrer l’efficacité d’un candidat vaccin contre l’infection, ce qui nécessite obligatoirement des organismes entiers. De plus, cela s’inscrit dans des études précliniques, indispensables au développement d’un candidat vaccin.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre d’animaux a été réduit autant que possible pour obtenir des résultats interprétables et pertinents. En effet, un effectif de trois animaux par groupe représente le minimum absolu permettant des résultats statistiquement significatifs. Au-delà de la survie, les groupes seront comparés en fonction des valeurs de score au cours de la maladie, des valeurs des paramètres biochimiques, virologiques et autres paramètres physiologiques. Les tests statistiques ne pourront pas être tous hautement significatifs, cependant, la multiplicité des paramètres évalués permet de démontrer de manière fiable les résultats obtenus. Les précédentes études basées sur des expérimentations utilisant des groupes expérimentaux de 3 animaux ont permis d’obtenir des données et résultats significatifs montrant que la présence ou absence de virémie est un critère essentiel.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Animalerie 1 : – Hébergement : En raison de l’hébergement dans l’animalerie 2 et d’optimisation de l’étude, les groupes seront composés en trio compatibles. Un programme d’enrichissement spécifique à l’espèce et à l’âge des animaux est mis en place sur tout le site de l’animalerie 1, et supervisé par le responsable du bien-être animal. Les enrichissements sont structurels (perchoirs, balançoire…), alimentaires (graines pour fourragement, fruits, friandises…) ou consistent en l’apport d’objets de manipulation changés régulièrement. – Suivi de la température corporelle : Malgré une chirurgie pour la mise en place de l’implant, le fait d’équiper les animaux avec un tel dispositif représente un raffinement à court, moyen et long terme (jusqu’à 14 mois) en tant que mesure non invasive et paramètre de surveillance dans le cadre des points limites. – Procédures : Les animaux seront anesthésiés à chaque intervention, afin de limiter le stress lié à la manipulation ainsi que la douleur aigue liée à la chirurgie d’implantation, et aux injections et prélèvements sanguins répétés (piqure d’aiguille). Les animaux seront sous couverture antalgique durant et suivant la chirurgie d’implantation. Afin de limiter l’impact des prélèvements sanguins répétés, les sites de prélèvements seront alternés. En cas d’hématome, un autre site de prélèvement sera utilisé et de la pommade sera appliquée sur l’hématome (Hémoclar). Une grille de points limite est mise en place pour détecter tout problème inattendu. Animalerie 2 : les conditions réglementaires d’hébergement sont appliquées. Afin d’assurer au mieux le bien-être des animaux, ils seront hébergés en volière par 3 dans un milieu enrichi afin de permettre aux animaux de mettre en avant le plus possible un comportement naturel (perchoir, jeu, diversification alimentaire…). Une évaluation quotidienne (critères déjà éprouvés) sera réalisée dès l’infection, et des points limites ont été définis. Cela permettra une fin de procédure expérimentale dès l’atteinte d’un point limite. L’enregistrement permanent de la température permet une meilleure analyse de la maladie. Les animaux sont également grâce aux caméras permettant un contrôle visuel hors horaires de présence du personnel en laboratoire. En cas de doute sur l’état d’un animal, une entrée en laboratoire sera programmée pour procéder à une observation et à une possible décision.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Il n’existe pas de bon modèle rongeur pour la fièvre de Lassa, l’Arénavirus responsable de fièvre hémorragique le plus étudié à ce jour. Les cobayes et des souris génétiquement modifiées peuvent présenter une susceptibilité plus ou moins prononcée mais ces modèles ne reproduisent qu’en partie la pathogénèse et les réponses immunitaires qui ont lieu chez l’Homme. Ce projet ne nécessite pas d’exigences particulières concernant le stade de développement des animaux utilisés hormis le fait de former des groupes homogènes en âge et poids pour pouvoir analyser les résultats sans biais. Les animaux utilisés seront des juvéniles sevrés d’au moins 12 mois et de moins de 3 ans.