Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

280 cétacés sauvages vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré, puis laissés dans leur milieu. Des dauphins de Commerson, des orques et des cachalots des Terres australes subissent des biopsies de peau et de lard réalisées à distance, et jusqu’à soixante d’entre eux la pose de balises fixées par des pointes de 60 millimètres, pour étudier leur alimentation face à la pêche et aux changements de leur milieu. Le porteur reconnaît une douleur liée aux biopsies et à la pénétration des pointes, qu’il estime s’atténuer en quelques heures. Aucun animal n’est capturé ni tué, l’état des individus étant suivi par observation.

NTS-FR-222394v1
Types de recherche
· Conservation des espèces · Éthologie / comportement / biologie animale · Oncologie · Recherche fondamentale ·
Mots-clés
Cétacés, Ecologie alimentaire, Interactions avec la pêche, Biotélémétrie, Approche isotopique
Autres mammifères : 280

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

L’objectif du projet, par une approche combinant biotélémétrie et analyse d’échantillons de tissu sur une durée de 4 ans, est de déterminer les proies et les comportements de recherche alimentaire en réponse aux activités de pêche et aux changements environnementaux, de trois espèces de cétacés des TAAF : le dauphin de Commerson Cephalorhynchus commersonii, l’orque Orcinus orca et le cachalot Physeter macrocephalus.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

L’orque et le cachalot ont été choisis car ce sont des prédateurs au sommet des chaines trophiques et clef de voûte des écosystèmes côtiers et océaniques de l’océan indien sud. De ce fait, ils constituent des indicateurs essentiels des changements affectant ces écosystèmes. ii) ce sont deux espèces particulièrement sensibles aux changements liés à la pêche car en compétition avec les pêcheurs pour les mêmes stocks halieutiques, et parce qu’elles ont développées le comportement de se nourrir sur les poissons capturés sur les engins de pêche (i.e., qualifié de déprédation), modifiant potentiellement la composition de leur régime alimentaire naturel. Le dauphin de Commerson a été choisi car étant un prédateur inféodé à un écosystème restreint (fjords de l’archipel de Kerguelen) et dont l’écologie est encore très peu connue dans la région. Par ailleurs, les 3 espèces de cétacés ont été également choisies car toutes sont associées à des enjeux importants de conservation, avec un fort besoin en connaissances sur l’écologie alimentaire pour la mise en place de mesures effectives de protection. Les populations d’orques et de cachalots ont été fortement réduites par une exploitation passée et par des pratiques létales de pêcheurs illégaux dont certains sont connus pour tirer sur les individus interagissant avec leur activité de pêche.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Prélèvements de peau et de lard (échantillons < 25 x 5 mm pour les orques et cachalots et 15 x 4 mm pour les dauphins de Commerson) par biopsie réalisées à distance et de manière passive sur individus sauvages (1 prélèvement par individu, 280 individus échantillonnés sur 4 ans, chaque prélèvement d'une durée de < 0.1 seconde). Deploiement de balises Argos (56 x 50 x 27 mm, poids 69 g) sur maximum 30 orques (balise attachée sur l'aileron dorsal) et maximum 30 cachalots (balise attachée au dos) au moyen de pointes de 60mm (dans tissu conjonctif pour les orques, dans le lard pour les cachalots).

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Pour les biopsies, l’effet indésirable attendu est une douleur associée au prélèvement d’un échantillon de peau et de lard et dont la durée est estimée à un maximum de quelques heures à un jour. Pour le déploiement de balises, l’effet indésirable attendu est une douleur associée à la pénétration des pointes de 60mm (2 par balise) dans le tissu conjonctif pour les orques, dans le lard pour les cachalots. Il est attendu que cette douleur soit ressentie au moment du déploiement de la balise, et baisse dans les heures qui suivent ce déploiement jusqu’à disparaître en même temps que la cicatrisation complète en quelques jours.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Toutes les procédures seront effectuées à distance et sans capture des animaux dans leur milieu naturel au moyen d’une approche passive. Tous les individus seront donc « replacés » vivants et, malgré un risque minime de blessure ou d’infection associé aux procédures, l’état de santé des animaux sera surveillé par des observations répétées des individus au cours des heures, jours, mois et années suivant les procédures, et les protocoles ajustés au moindre signe de dégradation de la condition ou de cicatrisation trop lente.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

: Il n’est pas possible de remplacer les espèces cibles du projet, puisqu’il s’agit d’études spécifiques sur l’écologie alimentaire et les réponses comportementales de ces prédateurs supérieurs (dont deux espèces sont impliquées dans des interactions directes avec les pêcheries : les orques et les cachalots) et dans un contexte de changements environnementaux susceptibles d’affecter profondément leur écologie.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre maximal d’individus échantillonnés est un compromis entre la faisabilité sur le terrain et la représentativité des informations collectées par rapport aux populations étudiées et nécessité statistique pour la compréhension des facteurs expliquant les variabilités interindividuelle et temporelle observées et d’étudier la structure génétique de ces populations. Les statistiques utilisées seront des corrélations et régressions linéaires simples et multiples, et des modèles mixtes pour comparer individus, âge, sexe, conditions environnementales et comportements (par ex. interaction avec les navires de pêche ou non).

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Le dérangement des individus sera réduit au maximum par : la mise en place des procédures sans capture, à distance, et de manière passive (sans poursuite active des animaux) depuis des plateformes d’opportunité (côte des îles, navires de pêche et de ravitaillement) desquels les animaux s’approchent d’eux-mêmes ; l’utilisation d’embout à biopsies dont la taille a été réduite au maximum au vu des analyses à effectuer et de taille minimale par rapport à la taille des animaux étudiés ; l’utilisation de balises Argos étant les plus petites existant sur le marché et de taille négligeable par rapport aux orques et cachalot (le système de fixation par ardillons, même si relativement intrusif, l’est beaucoup moins que les balises totalement implantée en sous dermique, et est le seul autre moyen garantissant plusieurs semaines de déploiement) ; le respect d’une distance minimum pour les biopsies (>7 m) et les déploiements de balise (>5m) ; la sélection scrupuleuse des animaux utilisés selon leur condition, leur âge et leurs antécédents (déjà échantillonnés ou pas) à partir d’une connaissance précise des individus (suivis à long-terme par photo-identification) ; des précautions rigoureuses de stérilisation du matériel ; la mise en place des procédures restreinte à du personnel expérimenté. Enfin la réaction de chaque individu au déploiement d’une balise et/ou d’une biopsie sera notée sur une fiche de suivi remplie à l’issue de chaque déploiement. Dans la mesure du possible chaque déploiement de balise/réalisation de biopsie sera filmé au moyen d’une go-pro et les films réalisés seront référencés et archivés et seront disponibles sur demande.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

L’orque et le cachalot sont deux prédateurs au sommet des chaines trophiques des écosystèmes côtiers et oceaniques du sud de l’Océan Indien. Les orques des îles Crozet et de Saint Paul/Amsterdam peuvent se nourrir d’une variété de proies incluant d’autres cétacés, des éléphants de mer, des otaries à fourrure, des manchots et des grands téléostéens. Les cachalots se nourrissent de grands céphalopodes et téléostéens. Ainsi, déterminer les préférences alimentaires de ces deux espèces « sentinelles » fournira des informations clés sur l’état et les changements des écosystèmes marins de la région. Par ailleurs, l’orque et le cachalot sont en forte compétition avec les pêcheries pour les stocks halieutiques et, à l’échelle mondiale, ce sont les deux espèces de cétacés le plus fréquemment documentées se nourrir directement sur les poissons capturés sur les engins de pêche (comportement de déprédation). Compétition avec les pêcheries et déprédation modifiant potentiellement la composition de leur régime alimentaire naturel, l’orque et le cachalot ont donc aussi été choisis pour ce projet car particulièrement sensibles et exposés aux changements liés à cette activité humaine. Enfin, l’orque et le cachalot ont également été choisis du fait des enjeux prioritaires de conservation, et donc le besoin de connaissances, associés aux populations des TAAF, ces dernières ayant été fortement réduites par la chasse et les activités illégales de pêche. Le dauphin de Commerson est, dans les TAAF, uniquement présent à Kerguelen. Cette population a été identifiée comme représentant une sous-espèce endémique de l’archipel, à fort isolement géographique étant donné que les autres populations de l’espèce sont en Amérique du Sud. L’espèce a été choisie car malgré un fort enjeu de conservation dû à cet endémisme, l’écologie du dauphin de Commerson de Kerguelen, et son rôle en tant que prédateur dans l’écosystème de type « fjord » des îles Kerguelen, reste méconnu. Nous avons une très bonne expertise scientifique et technique sur ces espèces, basée sur la pratique et sur les suivis à long-terme dont elles font l’objet dans les TAAF. Les orques sont suivies et étudiés depuis 1987, les cachalots depuis 2003 et les dauphins de Commerson depuis 2011.