Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

600 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles reçoivent une greffe de cellules cancéreuses mammaires, puis des traitements par gavage et injections pendant trois semaines et des séances répétées d’imagerie sous anesthésie, pour évaluer un agent de contraste et des immunothérapies ciblant les macrophages tumoraux. Le porteur décrit les examens d’imagerie comme non douloureux mais reconnaît que les animaux porteurs de tumeurs peuvent subir des effets délétères en fin d’étude. Il affirme qu’un modèle in vivo est « nécessaire » car ces processus seraient « trop complexes pour être reproduits artificiellement in vitro ».

NTS-FR-321844v1
Types de recherche
· Cancers · Recherche appliquée ·
Mots-clés
Macrophages associés aux tumeurs, Immunothérapies, Imagerie non invasive multimodale, Cancer du sein, Micro-environnement tumoral
Souris : 600

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Au sein des tumeurs, les cellules cancéreuses sont associées à un micro-environnement d’une très grande hétérogénéité inter- et intra-tumorale. Ce micro-environnement, composé de protéines formant une matrice extracellulaire, de cellules endothéliales formant un réseau vasculaire, de cellules fibroblastiques de soutien, et de cellules de l’inflammation. Le microenvironnement tumoral prend une part active dans le développement cancéreux. En particulier, les tumeurs sont infiltrées de macrophages, cellules de l’immunité innée, que la tumeur «reprogramme » afin qu’ils soutiennent sa croissance et l’aident à résister aux traitements. La présence de macrophages tumoraux dans certains cancers, comme le cancer du sein, est le signe de tumeurs agressives et est associée à une plus courte espérance de vie. La possibilité de quantifier la présence des macrophages tumoraux et de visualiser leur répartition par imagerie médicale représenterait donc une avancée majeure pour le diagnostic des tumeurs, et pour le pronostic des prises en charges thérapeutiques. Par ailleurs, certaines molécules chimiques peuvent « transformer » les macrophages pro-tumoraux en macrophages cytotoxiques luttant contre les cellules cancéreuses. Ils représentent ainsi une cible thérapeutique innovante. Au cours de ce projet, nous proposons (1) de mettre en place des modèles murins de cancer du sein, pour (2) évaluer le tilmanocept, un agent de contraste d’imagerie médicale permettant de visualiser les macrophages pro-tumoraux, et (3) évaluer par imagerie non invasive multimodale des thérapies ciblant l’immunité anticancéreuse.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Le cancer du sein figure toujours en tête des cancers les plus meurtriers chez les femmes, à l’échelle mondiale comme en France. En particulier, les cancers du sein triple négatifs, non hormono-dépendants, généralement diagnostiqués chez les femmes de moins de 40 ans, représentent toujours un défi thérapeutique. Pour y répondre tout en limitant les effets secondaires des traitements, de nouvelles approches thérapeutiques ciblant non seulement les cellules cancéreuses mais aussi leur micro-environnement sont désormais à l’étude. Ce projet permettra de mieux comprendre et d’évaluer une approche d’immunothérapie innovante dans le cadre des cancers du sein. Par ailleurs, le développement d’un agent de contraste d’imagerie nucléaire médicale spécifique des macrophages pro-tumoraux est important pour mieux caractériser les cancers et suivre plus finement les traitements d’immunothérapie. Au delà des cancers, cet agent de contraste d’imagerie pourrait également être utile dans les événements cardiovasculaires, les troubles métaboliques et autres pathologies, où les macrophages jouent également un rôle essentiel dans l’évolution de la maladie.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Sauf pour les souris transgéniques PyMT, la mise en place des modèles cancéreux nécessite l’injection de cellules cancéreuses (une unique injection de 100 µL en sous cutané dans le flanc des souris nude et le coussinet adipeux mammaire des souris BalbC). Cette intervention de cinq minutes environ se fera sous anesthésie gazeuse à l’isoflurane. Nous aurons quatre groupes de traitement (contrôle, inhibiteur du CSF1, anti-PD1 et combinaison). Ces molécules sont déjà autorisées en clinique pour d’autres types de tumeurs. L’inhibiteur du CSF1 sera administré par gavage 3 fois par semaine pendant 3 semaines (500 μL pour une souris de 25 g). Le groupe contrôle recevra la solution de dilution (10% de DMSO et 90% d’huile d’olive). L’anticorps anti–PD-1 sera injecté par voie intra-péritonéale 2 fois par semaine pendant 3 semaines (50 μL pour une souris de 25 g). Le groupe contrôle recevra du sérum physiologique. Ces administrations se feront chez l’animal vigile et durent de 1 à 2 minutes. Les procédures d’imagerie (2 fois par semaines pendant 4 semaines) sont réalisées sur animaux anesthésiés. Il s’agit de procédures non invasives et non douleureuses. Les animaux sont anesthésiés (1 à 2h ) uniquement pour ne pas qu’ils ne bougent. Avant l’examen de TEP-TDM-US, soit une fois par semaine pendant 4 semaines les glycémies de tous les animaux seront prises sur les animaux anesthésiés par ponction de la veine caudale. Cette mesure se fait à l’aide d’un glucomètre commercial (Accu-chek Performa) associé à des bandelletes et ne nécessite qu’une gouttelette de sang de quelque microlitres.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

La procédure potentiellement douloureuse de ce projet est l’injection de cellules cancéreuses en sous cutané dans le flanc ou dans le coussinet adipeux mammaire. Elles seront réalisées sous anesthésie générale. Les examens d’imagerie réalisés ensuite sont non invasifs et atraumatiques et impliquent au maximum l’injection d’un agent de contraste utilisé en clinique. L’inhibiteur du CSF1 (pexidartinib) et l’anticorps anti–PD-1 sont autorisés en clinique. Il n’a pas été décrit dans la littérature d’effets secondaires nuisibles chez la souris aux doses et à la durée de traitement retenues dans ce projet. Un contrôle attentif de l’état général des souris sera cependant mis en place. Les animaux inclus dans l’étude seront, par contre, porteurs de tumeurs, ce qui peut amener en fin d’étude à des effets délétaires dûs à la présence des lésions cancéreuses. Les animaux seront donc surveillés avec attention.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

A la fin de l’étude, au bout de trois semaines de traitement et le lendemain de la dernière acquisition d’imagerie, chaque animal de ce lot sera mis à mort par dislocation cervicale après sédation à l’isoflurane. L’euthanasie des animaux permettra d’éviter toute souffrance inutile à ces animaux porteurs de tumeurs, ainsi que le prélèvement des tumeurs pour valider les suivis par imagerie non invasive avec des analyses ex vivo.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Les systèmes et protocoles d’imagerie ont été optimisés et caractérisés sur des objets physiques de forme, géométrie, composition, etc… connus permettant ainsi de comparer images obtenues et réalité, avant de passer chez l’animal. Ce projet ayant pour but d’étudier le microenvironnement tumoral et les interactions au sein de la tumeur entre les cellules cancéreuses et différents types de cellules de l’inflammation, il est nécessaire d’utiliser un modèle in vivo, ces processus étant trop complexes pour être reproduits artificiellement in vitro.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre d’animaux nécessaire a été évalué à l’aide du logiciel disponible sur le site MF-Calc de calcul statistique pour l’expérimentation animale de l’Université de Lyon de façon à ce que les résultats obtenus soient suffisant statistiquement pour conclure sur l’efficacité anti-cancéreuse de nos approches thérapeutiques et diagnostisques. La méthode d’imagerie étant non invasive et non douloureuse, les animaux pourront être suivis au cours du temps et les paramètres étudiés seront mesurés plusieurs semaines d’affilée chez le même animal.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Toutes les procédures sur les animaux sont réalisées sous anesthésie générale. Les examens d’imagerie au centre du projet sont non invasifs et atraumatiques et impliquent au maximum l’injection d’un agent de contraste utilisé en clinique. Les animaux seront surveillés tout au long du protocole afin d’observer leur comportement. En cas de signes de souffrance, des traitements analgésiques seront utilisés. En cas d’échec de réduction de la douleur, les procédures seront arrêtées et les animaux euthanasiés.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

La souris est le modèle le plus utilisé pour les études en cancérologie, et nous permettra de comparer nos résultats à ceux présentés dans la littérature. Les appareils d’imagerie dont nous disposons sont adaptés spécialement à l’étude des rongeurs. Nous utiliserons 3 espèces de souris de façon à obtenir quatre modèles de cancer du sein présentant des caractéristiques génotypiques et phénotypiques différentes. Les souris nude, immunodéficientes pour les lymphocytes T mais possédant des cellules de l’immunité innée et des lymphocytes B fonctionnels nous permettrons l’étude de cellules humaines. Elles permettront d’obtenir un modèle simplifié pour étudier le rôle des macrophages dans la croissance tumorale et notre capacité à suivre l’effet de leur repolarisation par imagerie. Afin de pouvoir étudier également l’interaction des macrophages et des lymphocytes T, le développement d’un modèle immunocompétent, les souris BAlbC allogreffées avec des cellules cancéreuses murines, est nécessaire. Enfin les souris transgéniques PyMT représentent un modèle plus complexe de développement cancéreux. Adulte de 6 semaines car c’est l’âge ou les animaux sont de jeunes adultes ayant atteints la maturité, ce qui permet de s’affranchir des problèmes liés à l’âge. C’est cet âge qui est le plus souvent rapporté dans la littérature pour ce type d’étude, ce qui nous permettra de confronter nos résultats avec ceux d’autres équipes.