Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

50 renards et chiens viverrins vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance déclaré léger, dont dix réutilisés ensuite et quarante tués pour prélever les vers adultes dans leur intestin. Ils sont infectés par le ténia Echinococcus multilocularis par gavage œsophagien sous anesthésie, puis suivis par des prises de sang sous contention manuelle, afin de produire du matériel parasitaire de référence pour la mise au point de tests de diagnostic. Le porteur décrit l’infection comme asymptomatique et indique qu’aucun point limite n’est défini, tout en prévoyant une euthanasie en cas de pathologie sévère. Il affirme qu’il est « nécessaire d’utiliser ces espèces », hôtes définitifs du parasite, et qu’aucune méthode alternative ne permet de produire ces vers adultes.

NTS-FR-383843v1
Types de recherche
· Maladies animales · Recherche appliquée ·
Mots-clés
Carnivores, Echinococcus multilocularis, Infection experimentale
Autres carnivores : 50

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Les échinococcoses telles que l’échinococcose alvéolaire causée par E. multilocularis sont des problématiques de santé publique aux niveaux national et européen. L’incidence annuelle moyenne en France est actuellement de 35 nouveaux cas/an entre 2010 et 2019 et est en constante augmentation en comparaison avec les décennies précédentes. Le nombre de cas hors des zones d’endémie connues augmente aussi, laissant supposer une zone d’endémie plus grande que celle décrite actuellement. Leur surveillance chez l’animal et dans l’environnement (sol, aliments, eau) à la source de la contamination humaine nécessite la disponibilité de méthodes de détection pertinentes requiérant du matériel parasitaire de référence. La maîtrise de l’infection par l’hôte défintif en captivité permettra de : 1/ Produire du matériel biologique de référence (oeufs et vers adultes) qui permettra d’une part de valider de nouvelles techniques de diagnostic d’E. multilocularis, 2/ Valider chez le chien viverrin la technique rapide de grattage pour le diagnostic rapide d’E. multilocularis dans l’intestin , 3/ Réaliser des infestations successives avec des souches différentes pour reproduire les conditions d’infection naturelle afin d’avoir une meilleure compréhension de la répartition des vers par identification génétique des vers tout au long de l’intestin (divisé en 5 segments). Cette distribution qui résulte de la compétition entre les vers impacte grandement les dynamiques de charge parasitaire dans le contexte d’une infection naturelle, ainsi que la détection du parasite lors du diagnostic via l’intestin et les fèces. Les réponses immunitaires périphériques et hématologiques à l’infection parasitaire seront également étudiées pour mieux comprendre l’impact du parasite sur les réponses sanguines de l’hôte.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

L’ensemble des prélèvements collectés permettront de produire du matériel biologique de référence pour le développement d’outils de diagnostics indispensables à la surveillance du parasite chez les hôtes définitifs mais aussi afin de mieux apprehender la contamination intestinale des animaux dans un cadre controlée par une ou plusieurs souches de parasites, et enfin d’apréhender les risques de dispersion environnementale (dans le sol, les aliments, l’eau) des œufs du parasite responsables de la contamination humaine. Les réponses immunitaires périphériques et hématologiques à l’infection parasitaire seront également étudiées pour mieux comprendre l’impact du parasite sur les réponses sanguines de l’hôte. L’expérimentation consistant à inoculer deux souche Echinococcus multilocularis (d’origine différente et différenciée par leur taille et leur profil génétique) à un même renard et 14 jours d’intervalle permettra d’étudier la répartition des vers dans l’intestin pour comprendre les conditions de coinfection et leur impact sur la sensibilité du diagnostic.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les animaux seront manipulés pour recevoir l’injection intramusculaire de cocktail anesthésique, et être infectés expérimentalement, puis euthanasiés. Les prises de sang seront conduites sur animaux contenus mais non anaesthésiés. Les animaux supportent très bien la contention manuelle pour une prise de sang rapide, et cette procédure ne justifie pas les risques associés à une contention chimique. Nous avons tenté, dans des études antérieures, de présenter des formes larvaires directement dans des souris aux renards pour qu’ils les consomment oralement sans anesthésie, mais le succès de l’infection parasitaire était variable, contrairement à l’administration œsophagienne qui était plus standardisée dans ses résultats et son application (dose infectieuse mieux maitrisée). Cette méthode nous semble donc préférable pour augmenter la qualité des études et minimiser le nombre d’animaux requis.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les animaux subiront un stress associée à la contention manuelle pour les prises de sang et l’injection des anaesthésiques. L’infection par le parasite est asymptomatique; aucun point limite n’est donc défini, mais un stress peut être induit par l’infection parasitaire. Cependant une euthanasie compassionnelle sera effectuée en cas de pathologie intercurrente sévère. Les animaux des procédures 2 et 3 seront mis à mort pour récupérer les vers adutes, car cela n’est possible que sur intestin ex vivo.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

La collecte des oeufs (procédure 1) ne nécessite pas l’euthanasie des renards qui seront vermifugés par 2 administration orale de praziquantel. Les autres procédures impliquant la collecte de vers adultes vivant ne peut se faire que dans l’intestin et nécessite donc l’euthanasie des animau.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Les hôtes définitifs d’Echinococcus multilocularis sont le renard et le chien viverrin. Il n’existe pas de méthode alternative pour produire des vers adultes à partir des protoscolex récoltés chez l’hôte intermédiaire. Il est donc nécessaire d’utiliser ces espèces, hôtes définitifs, pour étudier le développement du parasite, sa répartition spatiale et récolter des parasites adultes de qualité pour le développement des outils diagnostiques.

2. Réduction

3R / Réduction :

Les animaux seront au maximum réutilisés d’autres protocoles à procédure légère sans impact sur l’infection parasitaire, et les animaux du protocole 1 pourront être réutilisés dans d’autres protocoles. Le nombre précis d’animaux nécessaire sera déterminé en fonction des résultats des premières études et des études antérieures, afin de minimiser au maximum l’utilisation inutile d’animaux et la répétition d’études non nécessaires.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les renards et chiens viverrins sont hébergés individuellement pour respecter leur mode de vie dans des cages extérieures. Les conditions d’hébergement pour cette procédure tendent à répondre à la limite règlementaire de surface au sol par chien adulte (4m2) prescrit par la directive européenne 2010/63/EU. L’enrichissement de l’intérieur des cages vise de plus à stimuler le comportement naturel exploratoire, fouisseur et mordeur des animaux, et consiste en des plateformes/tunnels associées ou non à des litières (végétale, sable) d’environ 1,5m2 se rajoutant à la base de la cage de 3m2 et apportant aux animaux des aires de repos, de recherche de la nourriture et de marquage de territoire. L’abreuvement est fourni à volonté par des canalisations d’eau (thermostatées) qui courent le long de toutes les cages avec des pipettes accessibles à travers le grillage (2/3 pipettes par cage/animal). La distribution de nourriture est quotidienne. Les prises de sang sur renard sont réalisées avec une contention manuelle (non chimique) des animaux vigiles. Cette contention est rapide et sécurisée pour les animaux et les manipulateurs expérimentés, sur des tables d’examen placées près des cages, et est considérée plus sûre qu’une anesthésie générale induite par l’administration IM d’un cocktail de kétamine/médétomidine qui peut induire une hypothermie, et pour lesquels il faut mettre les animaux à jeun. A l’opposé, l’inoculation reste nécessaire par gavage, et requiert donc une anesthésie. Le gavage apporte des résultats d’infection beaucoup plus standardisés que dans un repas carné, et est donc choisi pour limiter le nombre d’animaux requis.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Les hôtes définitifs d’Echinococcus multilocularis sont le renard et le chien viverrin. Il n’existe pas de méthode alternative pour produire des vers adultes à partir des protoscolex récoltés chez l’hôte intermédiaire. Il est donc nécessaire d’utiliser ces espèces, hôtes définitifs, pour étudier le développement du parasite, sa répartition spatiale et récolter des parasites adultes de qualité pour le développement des outils diagnostiques. La technique de référence de recherche du parasite adulte est l’examen du grattage de l’intestin; une technique simplifiée et sans perte de sensibilité a été développée chez le renard. Son adaptation au chien viverrin nécessite l’étude de la répartition du parasite dans l’intestin du chien viverrin. Ce projet visent également à mieux comprendre la répartition de différentes souches parasitaires, y compris dans un contexte de co-infection, afin d’en améliorer le diagnostique et les risques de contamination de l’environnement. Tous les renards et chiens viverrins utilisés dans ce projet auront plus de 8 mois.