Projet autorisé, résumé publié en septembre 2023 · Rédigé par le laboratoire au stade de la demande d'autorisation
Infection expérimentale de carnivores par Echinococcus multilocularis (Taenidae)
50 renards et chiens viverrins infectés par un ténia, la plupart tués pour prélever les vers, afin de produire du matériel de diagnostic.
50 animaux (autres carnivores) · souffrance légère
Ce document a été rédigé avant l'expérience. Les souffrances qu'il décrit sont prévues et autorisées. Les bénéfices qu'il annonce sont espérés.
Les résumés non techniques ne rendent jamais compte des résultats obtenus, et aucune appréciation rétrospective n'est publiée en France. Rien ne permet donc de savoir si les bénéfices annoncés ont été atteints.
50 renards et chiens viverrins vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance déclaré léger, dont dix réutilisés ensuite et quarante tués pour prélever les vers adultes dans leur intestin. Ils sont infectés par le ténia Echinococcus multilocularis par gavage œsophagien sous anesthésie, puis suivis par des prises de sang sous contention manuelle, afin de produire du matériel parasitaire de référence pour la mise au point de tests de diagnostic. Le porteur décrit l’infection comme asymptomatique et indique qu’aucun point limite n’est défini, tout en prévoyant une euthanasie en cas de pathologie sévère. Il affirme qu’il est « nécessaire d’utiliser ces espèces », hôtes définitifs du parasite, et qu’aucune méthode alternative ne permet de produire ces vers adultes.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Ces résumés sont rédigés par les laboratoires à des fins de communication. Leurs affirmations scientifiques ne sont ni sourcées ni relues par les pairs. Les documents qui décrivent en détail les projets et les établissements, dossiers de demande d'autorisation et rapports d'inspection, s'obtiennent sur demande, et l'administration y occulte des passages, parfois au-delà de ce que les juridictions admettent. → Comment lire un résumé non technique

Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-09-19 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-383843)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les échinococcoses telles que l’échinococcose alvéolaire causée par E. multilocularis sont des problématiques de santé publique aux niveaux national et européen. L’incidence annuelle moyenne en France est actuellement de 35 nouveaux cas/an entre 2010 et 2019 et est en constante augmentation en comparaison avec les décennies précédentes. Le nombre de cas hors des zones d’endémie connues augmente aussi, laissant supposer une zone d’endémie plus grande que celle décrite actuellement. Leur surveillance chez l’animal et dans l’environnement (sol, aliments, eau) à la source de la contamination humaine nécessite la disponibilité de méthodes de détection pertinentes requiérant du matériel parasitaire de référence. La maîtrise de l’infection par l’hôte défintif en captivité permettra de : 1/ Produire du matériel biologique de référence (oeufs et vers adultes) qui permettra d’une part de valider de nouvelles techniques de diagnostic d’E. multilocularis, 2/ Valider chez le chien viverrin la technique rapide de grattage pour le diagnostic rapide d’E. multilocularis dans l’intestin , 3/ Réaliser des infestations successives avec des souches différentes pour reproduire les conditions d’infection naturelle afin d’avoir une meilleure compréhension de la répartition des vers par identification génétique des vers tout au long de l’intestin (divisé en 5 segments). Cette distribution qui résulte de la compétition entre les vers impacte grandement les dynamiques de charge parasitaire dans le contexte d’une infection naturelle, ainsi que la détection du parasite lors du diagnostic via l’intestin et les fèces. Les réponses immunitaires périphériques et hématologiques à l’infection parasitaire seront également étudiées pour mieux comprendre l’impact du parasite sur les réponses sanguines de l’hôte.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’ensemble des prélèvements collectés permettront de produire du matériel biologique de référence pour le développement d’outils de diagnostics indispensables à la surveillance du parasite chez les hôtes définitifs mais aussi afin de mieux apprehender la contamination intestinale des animaux dans un cadre controlée par une ou plusieurs souches de parasites, et enfin d’apréhender les risques de dispersion environnementale (dans le sol, les aliments, l’eau) des œufs du parasite responsables de la contamination humaine. Les réponses immunitaires périphériques et hématologiques à l’infection parasitaire seront également étudiées pour mieux comprendre l’impact du parasite sur les réponses sanguines de l’hôte. L’expérimentation consistant à inoculer deux souche Echinococcus multilocularis (d’origine différente et différenciée par leur taille et leur profil génétique) à un même renard et 14 jours d’intervalle permettra d’étudier la répartition des vers dans l’intestin pour comprendre les conditions de coinfection et leur impact sur la sensibilité du diagnostic.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux seront manipulés pour recevoir l’injection intramusculaire de cocktail anesthésique, et être infectés expérimentalement, puis euthanasiés. Les prises de sang seront conduites sur animaux contenus mais non anaesthésiés. Les animaux supportent très bien la contention manuelle pour une prise de sang rapide, et cette procédure ne justifie pas les risques associés à une contention chimique. Nous avons tenté, dans des études antérieures, de présenter des formes larvaires directement dans des souris aux renards pour qu’ils les consomment oralement sans anesthésie, mais le succès de l’infection parasitaire était variable, contrairement à l’administration œsophagienne qui était plus standardisée dans ses résultats et son application (dose infectieuse mieux maitrisée). Cette méthode nous semble donc préférable pour augmenter la qualité des études et minimiser le nombre d’animaux requis.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux subiront un stress associée à la contention manuelle pour les prises de sang et l’injection des anaesthésiques. L’infection par le parasite est asymptomatique; aucun point limite n’est donc défini, mais un stress peut être induit par l’infection parasitaire. Cependant une euthanasie compassionnelle sera effectuée en cas de pathologie intercurrente sévère. Les animaux des procédures 2 et 3 seront mis à mort pour récupérer les vers adutes, car cela n’est possible que sur intestin ex vivo.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La collecte des oeufs (procédure 1) ne nécessite pas l’euthanasie des renards qui seront vermifugés par 2 administration orale de praziquantel. Les autres procédures impliquant la collecte de vers adultes vivant ne peut se faire que dans l’intestin et nécessite donc l’euthanasie des animau.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les hôtes définitifs d’Echinococcus multilocularis sont le renard et le chien viverrin. Il n’existe pas de méthode alternative pour produire des vers adultes à partir des protoscolex récoltés chez l’hôte intermédiaire. Il est donc nécessaire d’utiliser ces espèces, hôtes définitifs, pour étudier le développement du parasite, sa répartition spatiale et récolter des parasites adultes de qualité pour le développement des outils diagnostiques.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux seront au maximum réutilisés d’autres protocoles à procédure légère sans impact sur l’infection parasitaire, et les animaux du protocole 1 pourront être réutilisés dans d’autres protocoles. Le nombre précis d’animaux nécessaire sera déterminé en fonction des résultats des premières études et des études antérieures, afin de minimiser au maximum l’utilisation inutile d’animaux et la répétition d’études non nécessaires.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les renards et chiens viverrins sont hébergés individuellement pour respecter leur mode de vie dans des cages extérieures. Les conditions d’hébergement pour cette procédure tendent à répondre à la limite règlementaire de surface au sol par chien adulte (4m2) prescrit par la directive européenne 2010/63/EU. L’enrichissement de l’intérieur des cages vise de plus à stimuler le comportement naturel exploratoire, fouisseur et mordeur des animaux, et consiste en des plateformes/tunnels associées ou non à des litières (végétale, sable) d’environ 1,5m2 se rajoutant à la base de la cage de 3m2 et apportant aux animaux des aires de repos, de recherche de la nourriture et de marquage de territoire. L’abreuvement est fourni à volonté par des canalisations d’eau (thermostatées) qui courent le long de toutes les cages avec des pipettes accessibles à travers le grillage (2/3 pipettes par cage/animal). La distribution de nourriture est quotidienne. Les prises de sang sur renard sont réalisées avec une contention manuelle (non chimique) des animaux vigiles. Cette contention est rapide et sécurisée pour les animaux et les manipulateurs expérimentés, sur des tables d’examen placées près des cages, et est considérée plus sûre qu’une anesthésie générale induite par l’administration IM d’un cocktail de kétamine/médétomidine qui peut induire une hypothermie, et pour lesquels il faut mettre les animaux à jeun. A l’opposé, l’inoculation reste nécessaire par gavage, et requiert donc une anesthésie. Le gavage apporte des résultats d’infection beaucoup plus standardisés que dans un repas carné, et est donc choisi pour limiter le nombre d’animaux requis.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les hôtes définitifs d’Echinococcus multilocularis sont le renard et le chien viverrin. Il n’existe pas de méthode alternative pour produire des vers adultes à partir des protoscolex récoltés chez l’hôte intermédiaire. Il est donc nécessaire d’utiliser ces espèces, hôtes définitifs, pour étudier le développement du parasite, sa répartition spatiale et récolter des parasites adultes de qualité pour le développement des outils diagnostiques. La technique de référence de recherche du parasite adulte est l’examen du grattage de l’intestin; une technique simplifiée et sans perte de sensibilité a été développée chez le renard. Son adaptation au chien viverrin nécessite l’étude de la répartition du parasite dans l’intestin du chien viverrin. Ce projet visent également à mieux comprendre la répartition de différentes souches parasitaires, y compris dans un contexte de co-infection, afin d’en améliorer le diagnostique et les risques de contamination de l’environnement. Tous les renards et chiens viverrins utilisés dans ce projet auront plus de 8 mois.