
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 19/09/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-878367)
48 ouistitis vont être utilisés, tous tués à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Ils subissent une à plusieurs craniotomies avec injection de traceurs, dont un virus rabique, lors de chirurgies de quatre à six heures, puis sont tués pour l’analyse histologique du cerveau, afin de cartographier les réseaux neuronaux du mouvement oculaire. Le porteur reconnaît que ces chirurgies « peuvent être douloureuses » et que l’isolement des animaux infectés induit du stress. Il justifie le recours au primate par sa proximité anatomique et sociale avec l’humain, pour une visée de connaissance fondamentale.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Nous utiliserons différentes stratégies de traçage neuroanatomique pour décrire de façon détaillée l’organisation des réseaux neuronaux qui contrôlent les mouvements oculaires de saccade et de poursuite lisse chez le marmouset. Ces stratégies viseront à identifier les afférences mono et disynaptiques du colliculus supérieur et du DLPN de marmousets avec des objectifs scientifiques multiples. Tout d’abord, une description détaillée de ces réseaux est nécessaire pour guider des études fonctionnelles ultérieures. Les aires préfrontales et pariétales qui projettent vers colliculus supérieur et/ou le DLPN sont mal connues chez le marmouset. Ensuite, notre projet vise à compléter nos connaissances de l’anatomie des réseaux oculomoteurs qui a été forgée essentiellement par des travaux chez le macaque. En effet, cette étude permettra de comparer ces réseaux chez 2 espèces de primates (le macaque, déjà connu, et le marmouset) et offrir ainsi des indices sur l’évolution du contrôle oculomoteur. Par ailleurs, nous utiliserons des outils viraux de traçage neuroanatomique qui permettront de disséquer l’organisation de réseaux, plus finement que ce qui a été fait chez le macaque, en particulier en identifiant les connexions spécifiques relatives à des sous-ensembles neuronaux distincts. En plus, nous réaliserons des traçages depuis le colliculus supérieur et le DLPN chez des mêmes animaux (ce qui à notre connaissance n’a jamais été fait) afin de mieux déterminer les degrés de ségrégation et de recouvrement des zones cérébrales qui contrôlent les saccades de celles qui contrôlent les mouvements de poursuite. Enfin, ce projet vise à compléter et étendre notre autre projet (déjà validé) de traçage des afférences aux aires corticales 25 et 32, qui ont été impliquées dans l’expression des comportements sociaux. Ici, nous proposons de tracer conjointement (chez les mêmes animaux) les réseaux des aires 25 et 32 avec ceux de contrôle des mouvements oculaires. Nous espérons ainsi pouvoir identifier des régions cérébrales pouvant participer au contrôle du regard lorsque celui-ci a une fonction sociale.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet nous donnera accès à des données nouvelles et permettra de mieux comprendre le fonctionnement du système oculomoteur et les interactions sociales. Les bénéfices sont liés à des apports de connaissance fondamentale.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
anesthésie lors de procédures d’Imagerie par résonance magnétique. 1/animal. 1 heure Chirurgie: craniotomie, injection de traceurs. 2 à 3 par animal. 4 à 6 heures.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Tous les animaux subissant les procédures 2 à 4 seront mises à mort (procédure 5). Les chirurgies d’injections (impliquant une ou des craniotomies) peuvent être douloureuse. L’isolement des animaux suite aux injections de RV (sain ou deltaG) peut induire du stress chez les animaux concernés.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Révéler les traceurs nécessite d’effectuer l’histologie des tissus ce qui ne peut être effectué sans la mise à mort des animaux.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Aucune méthode non invasive ne permet une description des réseaux nerveux aussi fine que par traçage neuroanatomique. Ainsi ce projet nécessite un modèle animal. D’une manière générale, les modèles pnh sont nécessires en neurosciences intégratives pour des raisons de proximités anatomiques, physiologiques et comportementales avec l’humain.
2. Réduction
La réduction du nombre d’animaux utilisés dans ce projet découlera de l’injection conjointe, à l’aide de traceurs différents, d’au moins 2 aires distinctes.
3. Raffinement
A l’exception de animaux infectés avec le RV, les animaux resteront hébergés dans leur groupes sociaux. Pour les animaux infectés au RV, et donc nécessitant un hébergement spécifique, nous essayerons de regrouper les injections d’animaux appartenant aux mêmes groupes sociaux, pour les héberger ensemble. Lorsque l’isolement des animaux est nécessaire, nous fournirons des peluches de ouistiti (ce qui semble avoir un effet bénéfique sur le stress des animaux isolés dans les zoos).
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
D’une manière générale le modèle primate non humain est nécessaire en neurosciences pour des raisons de proximité anatomiques, physiologiques et éthologiques avec l’Homme. Nous avons choisi le marmouset qui présente un fort développement du cortex préfrontal présentant beaucoup de similitudes au niveau neuro-anatomique avec celui des humains. De plus, les interactions sociales des marmousets, pour lesquelles le regard joue un rôle important, sont multiples et complexes et, comme chez les humains, elles participent à la structure sociale du groupe et aux coopérations entre les individus. Ainsi, le marmouset est un modèle de choix pour ce projet. Marmousets : Ages : 18 mois-10 ans (matures) Poids : 200-450 gr.