Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

20 primates d’une espèce de cercopithèque vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, tous gardés vivants et réutilisables ensuite. L’étude observe leurs échanges vocaux puis diffuse des enregistrements après un isolement de quelques minutes, pour décrire d’éventuelles règles de conversation entre individus. Le porteur qualifie ce stress d’isolement de « négligeable » et présente le protocole comme strictement non invasif. Il justifie le maintien de ces primates en captivité par une visée de connaissance fondamentale sur la communication.

NTS-FR-932127v1
Types de recherche
· Éthologie / comportement / biologie animale · Oncologie · Recherche fondamentale ·
Mots-clés
règles de conversation, primate non-humain, cris de contact
Autres primates : 20

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

L’objectif de ce projet de recherche fondamentale est de décrire les possibles règles de conversation chez une espèce de primate non-humain. Il s’agit, dans un premier temps, de réaliser une étude observationnelle et non interventionnelle de manière à décrire les différentes formes possibles d’interactions vocales et les contextes sociaux associés. Dans un second temps, nous chercherons à savoir ces patterns temporels et/ou sociaux structurant les échanges précédemment observés sont pertinents pour les individus étudiés : une expérience de repasse d’échanges vocaux artificiellement créés permettra de savoir si les individus testés ont connaissance des ces patterns, et donc s’ils agissent comme des règles sociales à respecter.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Au regard de la littérature disponible sur le sujet, nous émettons l’hypothèse de trouver des règles temporelles dites conversationnelles (i.e. évitement de la coupure de parole, respect d’un tour de parole, délai minimum et maximum de réponse vocale…) lors de l’utilisation des cris de contact. Ces cris sont émis dans des contextes sociaux positifs et ont une fonction de maintien du lien social. Etant donné la structure sociale complexe multi-mâles multi-femelles et l’organisation sociale dite semi-tolérante / semi-despotique de l’espèce en question, nous pensons aussi que le statut social des interlocuteurs influencera la participation à ces échanges.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les animaux ne subiront pas d’interventions autre qu’un isolement de quelques minutes pour la phase d’expérience de repasse. Une seule repasse est effectuée par jour par sujet et les repasses sont espacées de quelques jours afin de limiter le risque d’habituation.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

La première phase d’observation spontanée n’induit aucun stress car les animaux sont libres de leurs mouvements et habitués à la présence d’un observateur humain. La seconde phase expérimentale nécessite une brève séparation sociale (physique mais pas auditive) de l’animal étudié, ce qui pourrait induire un stress léger chez certains individus. Néanmoins, étant donné la courte durée de l’isolement (quelques minutes) et la familiarité avec le lieu d’isolement, nous considérons ce stress comme négligeable. De plus, les isolements temporaires sont fréquents (autres expérimentations, soins, nettoyage des box…) et systématiquement effectués par un animalier familier de l’animal. La situation ne sera donc pas nouvelle pour l’animal. Concernant le matériel d’enregistrement (caméra, trépied, haut-parleur…), les animaux sont là encore totalement habitués.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Tous les animaux sont gardés en vie, dans les conditions normales d’hébergement de notre établissement utilisateur. Ils pourront être réutilisés pour des observations ou des expériences non-invasives futures.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

L’objectif étant d’étudier les comportements sociaux et vocaux, il est obligatoire de travailler sur des animaux vivants.

2. Réduction

3R / Réduction :

Du fait de la variabilité des mesures enregistrées, l’effectif des animaux présents est un minimum requis pour détecter d’éventuelles différences de profils tout en ayant des résultats significatifs d’un point de vue statistique.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Nos observations et repasses acoustiques sont strictement non invasives et ne perturberont en rien les habitudes de vie des primates vivant dans la station biologique. Les paradigmes envisagés sont également bien décrits dans la littérature.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

L’utilisation de cette espèce est justifiée par le fait qu’il s’agit d’une espèce forestière, et donc pour qui les échanges vocaux sont importants (habitat naturel avec visibilité réduite). De plus, cette espèce vit à l’état naturel dans des groupes multimâles/multifemelles avec un dimorphisme sexuel physique et comportemental, ce qui la rend intéressante pour l’étude des conversations et des différences liées au sexe. Enfin, des études similaires ont déjà été réalisé sur des espèces proches phylogénétiquement (cercopithèques, macaques, babouins…), ce qui, à plus grande échelle, permettra une analyse phylogénétique. L’âge des animaux étudiés va de 6 à 29 ans. Cette variabilité en âge est imposée par la disponibilité des animaux. Cela permet également de décrire de possibles influences de l’âge sur les échanges vocaux.